Dans un monde qui ne s'intéresse qu'aux victoires, douze histoires de défaites, terribles mais héroïques. Des histoires qui parlent de la ténacité, du respect des principes, de la politique comme morale tragique. La face cachée du mythe révolutionnaire vue avec une tendresse contagieuse : utopie à tous les étages pour les perdants magnifiques.
«C'est clair, touchant, passionnant. Toute biographie historique est aussi un rêve et une reconstruction sentimentale.» P. Lançon, Libération
«Oscillant avec humour entre Karl et Harpo Marx, Paco Ignacio Taibo II ressuscite des héros révolutionnaires à travers ses romans fous et ses biographies. On s'arrache ses livres dans toute l'Amérique latine. O. Le Naire, L'Express
Que s'est-il passé ce soir mémorable d'Halloween ? Aujourd'hui, sur le parking des élèves, le corps d'Adam State a été retrouvé dans le coffre d'une voiture volée. Il avait disparu depuis presque une semaine. A vrai dire, le plus inquiétant n'est pas sa mort, mais la manière dont il est mort. Adam State a été tué au cours de ce qui s'apparente à un rituel satanique. Il ne s'agit pas d'un fait divers. Lisez le journal de Flannery, la narratrice de cette histoire, non pour le frisson macabre dont chacun d'entre nous raffole, mais pour la leçon capitale qu'il nous offre. Daniel Handler, alias Lemony Snicket, auteur des Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire, imagine ici un récit brillant et drôle, entre roman gothique et roman d'ados.
De toutes les qualités qui ont justifié le succès de la Trilogie new-yorkaise, l’art de la narration est sans doute la plus déterminante. C’est qu’il suffit de s’embarquer dans la première phrase d’un de ces trois romans pour être emporté dans les péripéties de l’action et étourdi jusqu’au vertige par les tribulations des personnages. Très vite pourtant, le thriller prend une allure de quête métaphysique et la ville, illimitée, insaisissable, devient un gigantesque échiquier où Auster dispose ses pions pour mieux nous parler de dépossession.
Chris, un écrivain sud-africain, aborde l'hiver de sa vie. Avant de perdre la mémoire, de ne plus percevoir l'importance des choses ou leur légèreté, avant d'oublier l'absence de son tout dernier amour et la mort si récente de sa propre mère, il revisite les belles années de son passé, évoque les femmes aimées et désirées qui, chacune à sa manière, ont accompagné sa vie d'écriture et de combats politiques - une vie de Sud-Africain blanc, enseignant, écrivain et militant, souvent en danger, emprisonné parfois, et toujours témoin révolté de son temps.
L'Amour et l'Oubli est une autobiographie fictive, par le biais de laquelle André Brink rend hommage avec une évidente honnêteté au désir et à l'amour qui ont construit, nourri et régénéré l'homme - plus encore que l'écrivain - dans un pays brûlant de violences et d'engagements, de trahisons, de passions, d'exils et d'utopies.
En nous lançant aux trousses de David Bell, l’inquiet et séduisant narrateur du roman, Don DeLillo nous entraîne dans les arcanes d’une société où l’on bascule facilement du confort de l’establishment au vagabondage, sous l’influence de mythes, fantasmes et obsessions auxquels se raccrochent les personnages irrésistibles qui peuplent cette aventure.
Premier roman de l’écrivain reconnu qu’est aujourd’hui Don DeLillo, Americana apporte une nouvelle preuve que l’Amérique est encore et toujours à découvrir.
Auteur de la célèbre Lettre écarlate, Nathaniel Hawthorne est à la fois le père fondateur et un classique par excellence de la littérature nord-américaine. Lire ses Contes et récits, qui puisent pour la plupart leur inspiration dans l'histoire de la Nouvelle-Angleterre, c'est retourner doublement aux origines d'une nation qui, au moment de leur parution, avait à peine conscience de posséder une histoire propre, et ne savait pas encore que cette histoire, même récente, pouvait devenir objet littéraire. Ce recueil, dont La Lettre écarlate serait en quelque sorte le prolongement et la vénéneuse efflorescence, constitue le grand oeuvre de Hawthorne et, à ce titre, a influencé nombre d'écrivains américains.
Installé au coeur de l'Histoire du XXe siècle, Central Europe est une colossale machine littéraire qui, au fil d'une trentaine de récits enchevêtrés, procède à l'autopsie des mécanismes totalitaires qui ravagèrent l'Europe d'alors.
En s'attachant à quelques destins singuliers - dont ceux du compositeur Chostakovitch ou du cinéaste Roman Karmen, du général russe Vlassov ou de son homologue allemand Paulus - sur lesquels plane l'ombre à deux têtes du Somnambule (Hitler) et du Réaliste (Staline), le livre explore les complexes chemins que durent, sous l'emprise de dictatures diverses, emprunter des hommes et des femmes dont il fait partager les passions, les doutes ou les aveuglements.
A la fois critique éclairée du totalitarisme, surprenant portrait de Chostakovitch et implacable radiographie de la conscience créatrice, Central Europe, qui a reçu aux Etats-Unis le National Book Award, peut également se lire comme un traité d'éthique à l'usage de l'Europe que nous habitons aujourd'hui.
Ivresses fondatrices, Ivresses sacrées, Ivresses gothiques, Ivresses françaises, Ivresses étrangères : autant de têtes de chapitre autour desquelles sont rassemblés cinquante textes glanés dans la littérature de tous les temps pour célébrer le triomphe de Dionysos, de Homère à Guy Debord en passant par Rabelais, Molière, Apollinaire, Huysmans, Antoine Blondin, Malcolm Lowry, mais aussi la Genèse, sainte Thérèse d'Avila ou Proust.
Lecture du monde et manifeste esthétique, cette anthologie est avant tout une promenade au pays des lettres, dont le parcours est balisé avec brio par Sébastien Lapaque et Jérôme Leroy, tous deux écrivains, auteurs d'une préface et de notices introductives où ils laissent libre cours à une inspiration très personnelle.
Œdipe, celui qui - jouet des dieux - a tué son père et épousé sa mère, quitte Thèbes aveugle et accablé par le poids de sa faute. Avec sa fille Antigone, il s'engage dans une longue errance qui le conduira à Colone, lieu de sa 'disparition'... et de la clair-voyance.
Car ce livre est un voyage intérieur dans lequel un homme affronte les ténèbres qu'il porte en lui, jusqu'à atteindre la connaissance de soi.
Dans cette quête, Henry Bauchau convoque tour à tour le chant, la danse, le rêve et le délire comme moyens de libération de son héros... Et c'est par la sculpture, au flanc d'une falaise, d'une vague gigantesque, symbole des épreuves déjà franchies ou encore à franchir, que ce délire trouve son expression la plus achevée et la plus visionnaire.
Œdipe sur la route, roman d'aventures, roman initiatique, est avant tout une somptueuse interrogation sur l'individu et son destin.
De son arrestation, à Budapest, à la libération du camp, un adolescent a vécu le cauchemar d'un temps arrêté et répétitif, victime tant de l'horreur concentrationnaire que de l'instinct de survie qui lui fit composer avec l'inacceptable. Parole inaudible avant que ce livre ne la vienne proférer dans toute sa force et ne pose la question de savoir ce qu'il advient, quand l'homme est privé de tout destin, de son humanité
Imre Kertész ne veut ni témoigner ni « penser » son expérience mais recréer le monde des camps, au fil d'une impitoyable reconstitution immédiate dont la fiction pouvait seule supporter le poids de douleur. Cette oeuvre dont l'élaboration a requis un inimaginable travail de distanciation et de mémoire dérangera tout autant ceux qui refusent encore de voir en face le fonctionnement du totalitarisme que ceux qui entretiennent le mythe d'un univers concentrationnaire manichéen.