Too much Happiness

Too much Happiness
Ed. Munro

Brilliantly paced, lit with sparks of danger and underlying menace, these are dazzling, provocative stories about Svengali men, and radical women who outmanoeuvre them, about destructive marriages and curdled friendships, about mothers and sons, about moments which change or haunt a life. Alice Munro takes on complex, even harrowing emotions and events, and renders them into stories that surprise, amaze and shed light on the unpredictable ways we accomodate to what happens in our lives.

A young wife and mother, whose spirit has been crushed, finds release from her extraordinary pain in the most unlikely place. The student victim of a humiliating seduction (which involves reading Housman in the nude) finds an unusual way to get her own back and move on. An older woman, dying of cancer, weaves a poisonous story to save her life. Other stories uncover the 'deep holes' in marriage and their consequences, the dangerous intimacy of girls and the cruelty of children.

The long title story follows Sophia Kovalevsky, a late-nineteenth-century Russian émigrée and mathematical genius, as she takes a fateful winter journey that begins with a visit to her lover on the Riviera, and ends in Sweden, where she is a professor at the only university willing to hire a woman to teach her subject.

Munro's unsettling stories turn lives into art, expand our world and our understanding of the strange workings of the human heart.

Adieu Zanzibar

Adieu Zanzibar
Gurnah Abdulrazak
Ed. Galaade

«J'aurais dû comprendre, mais non. Il dormait à portée de battement de coeur, j'aurais dû l'entendre ce coeur battre autrement ces derniers mois. J'aurais dû deviner ce sommeil haché par les rêves et les fantasmes, cette respiration plus profonde certains soirs de tant d'émotion et de plénitude. J'aurais dû saisir ce qui avait changé en lui. J'aurais dû voir qu'il se passait quelque chose, mais non.»

Adieu Zanzibar raconte les amours et les illusions de Martin et de Rehana, d'Amin et de Jamila, de Rashid et de Barbara. Ils sont noirs ou blancs, indiens ou arabes, chrétiens ou musulmans et tissent, de Zanzibar à Londres, autant d'histoires d'amour, d'interdit, de mémoire et d'exil.

Portée par la force d'évocation et la poésie d'Abdulrazak Gurnah, cette fable désenchantée, dans laquelle résonne le destin légendaire des Atrides, a le souffle des grandes histoires.

Lark et Termite

Lark et Termite
Phillips Jayne Anne
Ed. Christian Bourgois

Situé dans les années 1950, en Virginie-Occidentale et en Corée, Lark et Termite est une histoire du pouvoir de la perte et de l'amour, de mondes parallèles, des répercussions de la guerre, de secrets de famille, de rêves, de fantômes, des liens invisibles, presque magiques, qui nous unissent et nous renforcent.
Quatre voix alternent pour dévoiler, au gré de leurs émotions, les secrets de cette histoire familiale. Au centre du récit : Lark, une adolescente radieuse ; son jeune frère handicapé, Termite, à la sensibilité hors du commun ;leur tante Nonie, qui les élève avec dévouement. En écho, nous parvient la voix du caporal Leavitt, le père de Termite, piégé dans le chaos des premiers mois de combat de la guerre de Corée. Au fil de leurs pensées surgissent et s'évaporent les mystères familiaux, marqués par l'amour de Lola, la mère des deux enfants, pour le soldat Leavitt.

« Ce roman est taillé comme un diamant, avec la même authenticité vive et des éclairs de lumière. » (Alice Munro)

«Lark et Termite est un livre extraordinaire et lumineux. C'est une surprenante prouesse de l'imagination. » (Junot Díaz)

 

Le bateau-citerne

Le bateau-citerne
Elsschot Willem
Ed. Castor Astral

'A la santé de la guerre, Frans, car la guerre est une bénédiction. Et le capitalisme a quand même son bon côté, vrai ou pas vrai ?' C'est ce toast étonnant qui clôture Le bateau-citerne, écrit en 1941 et publié l'année suivante, alors que la guerre secoue la planète et expose une des faces les plus sombres du capitalisme.
Fin de l'été 1939, Jack Peeters raconte sa rencontre avec un certain Boorman, qui lui a permis de conclure une affaire en or : sans bourse délier, il est devenu propriétaire du Joséphine, un bateau-citerne ancré à Barcelone et dont la valeur ne manquera pas de décupler avec le début de la guerre. A moins que ce ne soit une arnaque de Boorman... ou que le Joséphine soit en réalité un navire fantôme.
Hors des normes et des conventions, Elsschot offre ici une satire percutante du monde des affaires.

La plaine

La plaine
Bi Feiyu
Ed. Philippe Picquier

Après deux ans d'absence, le jeune Duan Fang rentre au Village des Wang. Au fil des saisons, nous allons le suivre dans sa redécouverte de la vie aux champs, l'ardent amour qu'il porte à une jeune fille qui ne lui est pas destinée, sa lutte pour échapper à un destin tout tracé.

Dans le Village des Wang, toutes les hiérarchies ont été bouleversées par le passage de la Révolution culturelle, et le notable d'avant est le proscrit d'aujourd'hui. Bi Feiyu s'attache à une multitude de personnages hauts en couleur, comme ce «médecin aux pieds nus» qui fabrique en secret du soda dans ses flacons de sérum physiologique ; Vieux Harpon, poursuivi par le fantôme du riche propriétaire terrien dont il a récupéré la maison ; Monsieur Gu, un «droitiste» converti qui déchiffre le monde à l'aune de l'oeuvre de Karl Marx ; ou la belle Manling, une «jeune instruite» envoyée se former chez les paysans et devenue la très zélée secrétaire du Parti, éperdument amoureuse de Duan Fang.

En ces temps où règne un bouleversement carnavalesque des valeurs, les mêmes moteurs guident toujours les actions humaines, désir de pouvoir, de possession, d'amour, de vivre ses rêves les plus secrets, tandis que, immuable, se déroule le cycle des saisons, le passage de l'orge mûre à couper au vent du nord-est qui apporte la neige, jusqu'au renouveau du printemps suivant.

Là-haut, tout est calme

Là-haut, tout est calme
Bakker Gerbrand
Ed. Gallimard/Du monde entier

Helmer van Wonderen vit depuis trente-cinq ans dans la ferme familiale, malgré lui. C'est Henk, son frère jumeau, qui aurait dû reprendre l'affaire. Mais il a disparu dans un tragique accident, à l'âge de vingt ans. Alors Helmer travaille, accomplissant les mêmes gestes, invariablement, machinalement. Un jour, sans raison apparente, il décide d'installer son vieux père au premier étage, de changer de meubles, de refaire la décoration de la maison. Le besoin de rompre la monotonie de sa vie et l'envie de mettre fin à ce face-à-face presque silencieux avec un homme devenu grabataire le font agir, plein de colère retenue. Les choses s'accélèrent le jour où il reçoit une lettre de Riet lui demandant de l'aide : Riet était la fiancée de son frère. Elle fut aussi à l'origine de son accident mortel...
En se mettant dans les pas d'un paysan du nord de la Hollande qui, à cinquante-cinq ans, comprend qu'il n'est pas trop tard pour combler ce manque qui le ronge, l'écrivain néerlandais évoque avec une grande force le désir humain de maîtriser sa vie et d'accéder à une forme de vérité intérieure. A la fois précise et poétique, l'écriture de Là-haut, tout est calme entraîne le lecteur dans une inoubliable quête de bonheur.

Leçons particulières

Leçons particulières
Sulzer Alain Claude
Ed. Jacqueline Chambon

Avant la chute du communisme, Leo, un étudiant qui a fui un pays de l'Est, est accueilli en Suisse par un couple et s'installe dans leur maison de banlieue. Martha, une mère de famille de trente-quatre ans, accepte de lui donner gracieusement des cours d'allemand. Dans cette langue qu'il maîtrise à peine, il s'entend avouer pour la première fois qu'il a abandonné sa fiancée au pays. Mais cette trahison n'est qu'un début. Alors qu'il est devenu l'amant de son professeur, il prend en secret des cours d'anglais pour pouvoir rejoindre son frère au Canada. Cet amour qui est pour Martha une révélation et qui va bouleverser sa vie n'est pour lui qu'un bonheur fugitif, qui n'a pas de place dans ses rêves d'avenir.

Pour Alain Claude Sulzer, l'amour est inséparable de la trahison, car il y en a toujours un qui aime plus que l'autre. Mais le roman dénonce aussi l'égoïsme inséparable de celui qui émigre. Obnubilé par le but qu'il s'est fixé, il utilise froidement tous ceux qui l'aident sans se préoccuper de leurs sentiments.

Contes du chemin de fer

Contes du chemin de fer
Ismaïlov Hamid
Ed. Sabine Wespieser

La vie a bien changé à Guilas, paisible bourgade d'Ouzbékistan, depuis que le train s'y arrête : les tribus d'Asie centrale, les voyageurs de toutes origines, et bientôt les populations déportées par le régime communiste y côtoient les autochtones, forcés de s'habituer à leurs nouvelles conditions de vie.
Pendant la seconde guerre mondiale, période sur laquelle s'ouvre cette étonnante polyphonie, le cœur de la petite ville bat à l'auberge de la gare : les bras cassés qui sont restés à l'arrière - Oumareli l'Usurier, réformé pour avoir pris seize kilos pendant son séjour en prison, Tolib le Boucher, si maigre qu'on lui confie le ravitaillement du village, et Koutchar la Tchéka, le représentant de la police politique qui n'a qu'une bonne oreille pour faire son travail de mouchard - y égrènent ragots et anecdotes.
Exilés, adultères, orphelins, profiteurs, aventuriers et mendiants de tous poils défilent en une chronique débridée, véritable plongée ethnographique dans un microcosme où l'arrivée du train n'a pas été le seul traumatisme. Le matérialisme historique a en effet pulvérisé la vieille tradition soufie et les habitudes culturelles profondément ancrées d'un islam traditionnel : désormais, il faut choisir entre bigamie et déportation, transformer les postes de fonctionnaires en charges héréditaires, bref, les petits arrangements avec le communisme sont la matrice de multiples histoires, tragiques ou grotesques, qui s'enchaînent comme autant de motifs dans le tapis. Car ce sont bien le charme et la singularité de ce livre exubérant, construit à la manière des contes des Mille et une Nuits, que de faire émerger de la juxtaposition des histoires un univers singulier, et d'inviter son lecteur à un éblouissant voyage au pays des contes et légendes d'une Asie centrale méconnue.

Hamid Ismaïlov est né en Asie centrale en 1954. Il a quitté l'Ouzbékistan en 1994 pour s'installer finalement à Londres, où il dirige à la BBC le service Asie centrale et Caucase, après avoir vécu en Russie, en France et en Allemagne. Il écrit à la fois dans sa langue natale, l'ouzbek, et en russe. Contes du chemin de fer est son premier livre traduit en français.

Cabinet des figures de cire précédé d'Images viennoises

Cabinet des figures de cire précédé d'Images viennoises
Roth Joseph
Ed. Seuil

«Je n'écris pas de 'commentaires divertissants'. Je dessine le visage de notre époque.» Telle est l'ambition maintes fois proclamée par Joseph Roth, qui refusait que l'on considérât son activité de journaliste et de chroniqueur comme celle d'un aimable causeur et ne l'estimait pas inférieure à sa prose romanesque. Les esquisses et portraits ici réunis confirment la validité de cette exigence. Observateur minutieux de la surface chatoyante du monde, qu'il sait rendre en quelques traits de plume suggestifs, l'écrivain brosse un panorama subjectif de la modernité qui est en même temps une quête de sens. Des Images viennoises, écrites dans les tout premiers temps de sa carrière de journaliste, jusqu'aux pages ciselées de Cabinet des figures de cire, où il a rassemblé de son vivant les plus beaux textes rédigés pour le compte de la Frankfurter Zeitung quelques années avant la période de l'exil français, Joseph Roth s'affirme au travers de sa prose toujours lumineuse et alerte comme un maître incontesté de la forme brève.

La vallée de la mort

La vallée de la mort
Oates Joyce Carol
Ed. Philippe Rey

Souvent les femmes se croient indépendantes, autonomes... jusqu'à ce que frappe la violence masculine. Alors elles vacillent et, incapables de faire plus que rêver à leur évasion, acceptent leur statut de victimes. Ce sentiment d'impuissance face à la brutalité mâle imprègne ces nouvelles finement ciselées, dont les héroïnes reçoivent cette cruauté chacune à leur manière : l'une raconte à son ex-mari son étrange aventure avec un joueur de dés qui la traitait avec sadisme ou tendresse selon les fluctuations de ses gains aux tables de jeu ; une autre, prostituée, rêve de trancher la gorge de son compagnon avec la lame de rasoir cachée dans son sac, mais se contente de le quitter en l'insultant faiblement...

Ces vingt-cinq mini-romans, malgré leur noirceur sous-jacente, ne cessent de fasciner et - on ose à peine l'avouer - de séduire.

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