Les malchanceux

Les malchanceux
Johnson Bryan Stanley
Ed. Quidam

Enfin traduit en français ! Quel bonheur ! On attend également la traduction de la biographie de B. S. Johnson par Jonathan Coe : patience jusque janvier 2010 !

Envoyé dans une ville des Midlands, un rédacteur sportif se retrouve confronté aux fantômes de son passé dès sa sortie de la gare. Le souvenir de l'un de ses meilleurs amis, Tony, trop tôt emporté par un cancer, vient à hanter son esprit tandis qu'il doit se plier, comme chaque semaine, à la routine de son labeur : écrire un article sur un match de football.

Légendaire par la forme expérimentale qu'il adopte pour traiter de l'idée de chaos et du fonctionnement erratique et discontinu de la pensée, Les Malchanceux est un incunable des années 60, salué dès sa sortie comme un événement, et sans aucun doute le chef-d'oeuvre de B. S. Johnson. Serti dans l'écrin d'une boîte, ce 'livre disloqué' est constitué de cahiers non reliés, vingt-sept sections susceptibles d'être brassées comme des cartes et lues dans l'ordre que le hasard offrira au lecteur, exception faite des premier et dernier chapitres, intitulés comme tels.

Elégie et roman de l'amitié, Les Malchanceux est aussi une magnifique méditation sur la mort comme un portrait sans complaisance de son auteur, le tout empreint d'humour noir.

Avec quarante ans de retard, le lecteur francophone peut enfin découvrir cette oeuvre d'une originalité absolue.

'Un livre unique et merveilleux, un classique.' Jonathan Coe

Oeuvres complètes. Romans, nouvelles, essais, correspondance

Oeuvres complètes. Romans, nouvelles, essais, correspondance
O'Connor Flannery
Ed. Gallimard/Quarto

Ce volume contient : La Sagesse dans le sang ¤ Les Braves Gens ne courent pas les rues : « Les braves gens ne courent pas les rues » ¤ « Le fleuve » ¤ « C'est peut-être votre vie que vous sauvez » ¤ « Un heureux événements » ¤ « Les temples du Saint-Esprit » ¤ « Le nègre factice » ¤ « Un cercle dans le feu » ¤ « Tardive rencontre avec l'ennemi » ¤ « Braves gens de la campagne » ¤ « La personne déplacée » ¤ Et ce sont les violents qui l'emportent ¤ Mon mal vient de plus loin : « Tout ce qui monte converge » ¤ « Greenleaf » ¤ « Vue sur les bois » ¤ « Mon mal vient de plus loin » ¤ « Le confort du foyer » ¤ « Les boiteux entreront les premiers » ¤ « Révélation » ¤ « Le dos de Parker » ¤ « Le jour du Jugement » ¤ Pourquoi ces nations en tumulte ? : « Le géranium » ¤ « Le barbier » ¤ « Le puma » ¤ « La récolte » ¤ « Le dindon » ¤ « La fête des azalées » ¤ « Pourquoi ces nations en tumulte ? » ¤ Mystère et manières ¤ L'Habitude d'être ¤

« Mr. Greenleaf accourait vers elle, brandissant son fusil, et elle le vit venir à elle, bien qu'elle ne regardât pas dans sa direction. Elle le vit s'approcher en longeant la lisière d'un cercle invisible, et la ligne d'arbres était béante derrière lui, et ses pieds ne foulaient que le vide. Il visa l'oeil de la bête et fit feu quatre fois. Elle n'entendit pas les détonations, mais elle perçut le tremblement de l'énorme corps alors que le taureau s'affaissait et l'entraînait dans sa chute, rivée à sa tête au point qu'elle semblait, lorsque Mr. Greenleaf fut près d'elle, se pencher sur l'oreille de l'animal et lui chuchoter une ultime révélation. »
Mon mal vient de plus loin, « Greenleaf ».

Tumbas. Tombes de poètes et de penseurs

Tumbas. Tombes de poètes et de penseurs
Nooteboom Cees
Ed. Actes Sud

« Même entouré de milliers de pierres tombales, je n'ai jamais le sentiment que je rends visite à un mort. La relation que j'ai avec ces auteurs est toujours personnelle, même avec des poètes morts depuis longtemps, comme Virgile, Hölderlin ou Leopardi. Ils font partie de mon univers. Pour certains, j'ai entrepris spécialement le voyage dans le but de leur rendre visite, d'autres fois, je me suis trouvé dans les parages alors que j'étais en route pour une autre destination. Le récit de notre quête, nous l'avons appelé « Rencontres », Simone Sassen et moi-même... »

Pendant trente ans, Cees Nooteboom a parcouru le monde afin de découvrir les tombes des poètes, des écrivains et des penseurs qui, depuis toujours, peuplent son univers. En compagnie de la photographe Simone Sassen, ses voyages sont devenus non seulement le motif d'un pèlerinage littéraire, mais aussi celui d'une recherche de l'être effacé derrière le monument de pierre, la plaque de marbre ou le carré de verdure. Du tombeau blanc de Stevenson, seul sur le mont Vaea, à la tombe de Proust au Père-Lachaise, du cimetière pour étrangers de Rome, où reposent Keats et Shelley, à l'archipel nippon où se trouve Kawabata, le lecteur partage un singulier voyage, moins à travers le monde qu'à travers le panthéon intime d'un passionné de toutes les littératures.

Emouvantes, tantôt prétentieuses, tantôt effacées, les tombes révèlent leur secret dans le bruissement d'un poème, d'un passage de l'oeuvre du défunt ou des mots de Cees Nooteboom. Architecte érudit de ce livre composé tel un hommage, à la manière des « tombeaux » de notre histoire musicale, il provoque ainsi le désir de lire ou de relire l'oeuvre de ses chers Immortels.

Conseils d'un disciple de Morrison à un fanatique de Joyce

Conseils d'un disciple de Morrison à un fanatique de Joyce
Roberto Bolano & Antonio Garcia Porta
Ed. Christian Bourgois

Ángel Ros aime le danger, Joyce et les Doors. Le temps d'un été à Barcelone, ce jeune écrivain en devenir s'éprend d'Ana, une Sud-Américaine excentrique, qu'il suit comme son ombre jusqu'aux extrémités les plus sombres où sa folie l'entraîne. Dans son errance suicidaire, ce couple à bout de souffle va s'aimer, se perdre, jouer avec sa vie et celle des autres, terroriser et massacrer absurdement en quête d'une improbable issue.

Comment Ana échappera-t-elle à cette plongée dans les bas-fonds du crime ? Ángel réussira-t-il à écrire son roman joycien tandis que résonnent les dernières notes de The End de Jim Morrison ?

Ce roman, écrit à quatre mains par Roberto Bolaño et A.G. Porta au début des années 1980, préfigure ce qu'une partie de leur oeuvre ultérieure déploiera : jeu avec l'érudition, noirceur, rage, humour et mélancolie.

Paix

Paix
Bausch Richard
Ed. Gallimard/Du monde entier

Dans l'Italie glaciale de 1943, alors que les troupes allemandes battent en retraite, une patrouille américaine est envoyée en reconnaissance dans la montagne. Pendant deux jours et deux nuits, ces hommes vont endurer le froid, la fatigue et surtout la peur : peur de se perdre dans ce labyrinthe boisé, d'être trahis par leur guide, surpris par les tireurs embusqués. Et puis ils sont hantés : par la nostalgie d'un temps de paix de plus en plus irréel, et par la culpabilité face au crime de guerre qu'a commis leur sergent, alors que leur parvient la rumeur des massacres. Peuvent-ils conserver leur dignité morale ? Peuvent-ils même espérer survivre ?

Ce huis clos en plein air s'inscrit dans la prestigieuse lignée des récits de guerre américains. En maître de la forme brève, Richard Bausch excelle à rendre la tension permanente, l'impression de chaos, la réalité concrète des sensations, dans un style nerveux, lapidaire, inventif, tout en aspérités. Rarement a-t-on vu restituée de façon aussi palpable l'expérience indicible des soldats. Et si ce cauchemar hivernal est ancré dans un contexte historique précis, sa puissance et son intensité lui donnent une portée universelle. Moraliste et humaniste, Bausch nous parle, avec Paix, de la guerre. De toutes les guerres. Et il nous livre, du même coup, son meilleur roman.

Ne plus jamais dormir

Ne plus jamais dormir
Hermans Willem Frederik
Ed. Gallimard/Du monde entier

Ne plus jamais dormir se présente comme le carnet de bord d'Alfred Issendorf, jeune géologue néerlandais parti en Norvège afin de confirmer une hypothèse scientifique concernant l'impact de météorites dans la région du Finnmark. Mais dès son arrivée à Oslo, il se heurte à l'accueil pour le moins moqueur d'un professeur qui était censé l'aider, et à la disparition des photos aériennes pourtant indispensables à son travail. La communication avec les trois géologues norvégiens qui l'accompagnent s'avère difficile, et Issendorf se sent vite marginalisé, voire persécuté. L'aventure dans le Grand Nord se complique de jour en jour : il n'arrive pas à dormir, souffre des moustiques, tombe dans les rivières. Bref, il se sent condamné à une longue errance, seul en butte à une nature hostile, et de plus en plus perdu.

Écartelé entre ses convictions scientifiques et ses sentiments, malmené dans sa tentative de comprendre et de maîtriser un monde chaotique, Issendorf est un anti-héros tragique particulièrement émouvant, une figure inoubliable qui justifierait à elle seule la découverte de l'oeuvre de Hermans en langue française et sa place dans la littérature européenne.

Pièces importantes et effets personnels de la collection Lenore Doolan et Harold Morris...

Pièces importantes et effets personnels de la collection Lenore Doolan et Harold Morris...
Shapton Leanne
Ed. Strachan & Quinn

Lenore Doolan et Harold Morris se rencontrent dans une soirée, tombent amoureux, vivent ensemble et se séparent. Fin de leur histoire et début de ce livre. Les objets, vêtements, etc., qui ont accompagné leur liaison et vont être mis aux enchères, sont photographiés et rassemblés dans ce catalogue.

Lenore et Harold se sont prêtés avec talent, sensibilité et humour, à la mise en scène imaginée par Leanne Shapton qui invente ainsi un genre unique : le catalogue-roman entre littérature et art contemporain.

Trente-trois monstres

Trente-trois monstres
Zinovieva-Annibal Lydia
Ed. Harpo &

La vie est vraie, et Véra ne voulait pas l'accepter.

Lydia Zinovieva-Annibal (1866-1907) anime à Saint-Pétersbourg avec son mari V. Ivanov 'La Tour', le plus important salon littéraire et artistique de l'âge d'argent. Akhmatova, Goumiliev, Blok, etc. y liront leurs vers.
Elle est considérée comme la première féministe russe.

C'est le récit (rédigé sous forme de journal) d'une complexe et tragique rencontre amoureuse entre deux femmes. Le livre fut censuré lors de sa parution en 1907.

Les sentiers du ciel

Les sentiers du ciel
Guarnieri Luigi
Ed. Actes Sud

Calabre, 1863. Dans les paysages âpres et grandioses de la Sila, le major Albertis, représentant de l’armée royale d’une Italie récemment unifiée, conduit son escadron de cavalerie à la recherche du brigand Evangelista Boccadoro. Ce dernier, à la tête d’un groupe de rebelles, refuse une souveraineté nationale non comprise et honnie. Il vient de commettre un terrible massacre dans la propriété de son ancien maître, le baron Pietramala, dont il a pris en otages les deux enfants et l’institutrice de ceux-ci. Ainsi débute, dans le décor fascinant et archaïque d’une Calabre qui n’est, pour les “Piémontais”, qu’un territoire inconnu et arriéré, une poursuite impitoyable, jalonnée de morts et de massacres perpétrés dans les deux camps, avec une égale férocité.
Luigi Guarnieri explore ici l’une des pages les plus occultées et les plus controversées de l’histoire italienne. Il nous fait entendre les raisons de chaque camp, nous fait découvrir les rites et les coutumes d’une région humiliée par la misère, la violence et l’exploitation. Mais ce roman haletant animé par un souffle épique est également une métaphore de toutes les guerres et de l’attitude colonialiste des vainqueurs. Si tant est que l’on puisse parler de “victoire” après le finale énigmatique, qui laisse entrevoir la naissance du “problème méridional”, plus actuel que jamais…

Danse encore

Danse encore
Lapid Lavad
Ed. Actes Sud

Quatre histoires mordantes et provocatrices révèlent un nouveau talent israélien. Les récits de Nadav Lapid partagent probablement le même narrateur, ce jeune homme désireux d’écrire qui entretient et fouille sa propre colère, convaincu qu’elle pourrait être le terreau d’une phrase enfin capable de charrier le monde. Contenant sa mauvaise humeur – qu’il aille chercher à l’aéroport un vieil oncle qu’il ne connaît pas ou qu’il s’entiche de l’obscur auteur d’un article dans une revue littéraire vieille de dix ans, qu’il accompagne la petite amie de son frère sur la base militaire où ce dernier s’étiole ou qu’il s’adonne au vertige de chroniquer le chagrin de son amoureuse – sa contemplation enragée d’une réalité en forme de déception permanente laisse pourtant toujours surgir douceur et curiosité. Pendant ce temps, Tel-Aviv, la ville et la société israélienne contemporaine – sérénité schizophrène et violence apprivoisée – envahissent ces pages d’une force vitale inouïe.
Nadav Lapid s’affranchit de tous les clichés pour poser un regard d’une justesse singulière sur les désarrois quotidiens d’un monde en état de choc incrédule, de personnages à la modernité tantôt lasse, tantôt excitée. Il se dégage de ce recueil une séduction inédite.

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