Mort de Bunny Monro

Mort de Bunny Monro
Cave Nick
Ed. Flammarion

« Je suis foutu, songe Bunny Munro avec la lucidité soudaine de ceux qui vont mourir. »

Bunny Munro vend produits de beauté et rêves d'espoir aux ménagères esseulées de la côté sud de l'Angleterre. Lancé à la dérive par la mort subite de sa femme et luttant pour rester en phase avec la réalité, il fait la seule chose qui lui vienne à l'esprit - prendre la route, son fils de neuf ans à ses côtés. Tandis que Bunny colporte sa marchandise et son sex-appeal, Bunny Junior attend patiemment dans la voiture, explorant le monde à travers son encyclopédie. À mesure que leur étrange odyssée approche de son épilogue, Bunny réalise que les fantômes qui l'entourent sortent de l'ombre pour venir réclamer leur dû.

Portrait sensible de la relation entre un père et son fils, Mort de Bunny Munro est un roman palpitant, plein de style et de fureur, regorgeant de cet esprit et de ce mystère que les fans reconnaîtront comme les marques de fabrique de la vision si singulière de Nick Cave.

« Un livre drôle, effrayant et émouvant, écrit dans une prose riche et frénétique. » The Times

La brebis galeuse

La brebis galeuse
Celestini Ascanio
Ed. Sonneur

Je suis mort cette année. Tout le monde voulait mourir cette année. Quand on a vécu jusqu'à aujourd'hui, on a vu tout ce qu'on pouvait voir. On a vu les chiens dans l'espace, les hommes sur la Lune et un robot à roulettes sur Mars. On a vu exploser New York, Londres et Madrid et pas seulement Kaboul et Bagdad. On a vu l'oeuf Kinder transformer chaque jour de l'année en des Pâques infinies. On a vu le lait en poudre, le vin en tetrapak et les fraises au vinaigre. Tout le monde voulait mourir cette année parce qu'à partir de l'année prochaine, on ne verra plus rien de nouveau. Le monde se répétera comme la rediffusion d'une émission déjà passée sur les ondes. Le futur sera un résumé des épisodes précédents. À partir de demain, même l'extermination sera un spectacle ennuyeux. Je suis né dans les années soixante.

L'évasion

L'évasion
Thirlwell Adam
Ed. L'Olivier

Qu'est-ce qui peut conduire un banquier âgé de 78 ans, citoyen britannique et juif, à s'installer dans un palace d'Europe centrale pour une durée indéterminée ?

Haffner est un homme à femmes, il ne l'a jamais caché, et son séjour dans ce spa luxueux devrait lui permettre de vérifier que son pouvoir de séduction est intact. Et puis, il y a la villa confisquée par le gouvernement local soixante ans plus tôt, et qu'il a pour mission de récupérer.

Mais la véritable raison est ailleurs. Haffner est un éternel adolescent - il en a les appétits et la naïveté - et un libertin. C'est un déserteur qui s'efforce d'échapper à l'âge mûr et à ses maux - la gravité, le sens des responsabilités, l'expérience. Mais peut-on vraiment s'évader de sa propre vie ? N'est-ce pas un leurre de plus, une illusion que nous propose le Destin, comme une farce ultime avant la disparition définitive ?

Avec ce livre troublant, Adam Thirlwell tient toutes les promesses de son premier roman, Politique. Comique, érotique, imprévisible, L'Évasion s'inscrit d'emblée dans une tradition littéraire qui, de Tristram Shandy aux romans de Kundera, passe l'existence humaine au crible de l'ironie.

« Un roman dont l'humour est mélancolique, la mélancolie malicieuse et le talent impressionnant. »
Milan Kundera

 

Comment peindre un homme mort

Comment peindre un homme mort
Hall Sarah
Ed. Christian Bourgois

Dans les années soixante, en Ombrie, un vieux peintre rassemble les souvenirs de sa vie tandis qu'il continue de peindre son motif favori : des bouteilles. Peu de temps après, une jeune fille aveugle à qui il a enseigné le dessin s'efforce de s'acclimater au monde désormais invisible qui l'entoure.

Trente ans plus tard, Peter Caldicutt, qui avait entretenu une correspondance avec le vieux maître, est lui-même devenu un peintre paysagiste réputé. Quelque temps après, à Londres, sa fille Susan peine à surmonter la douleur causée par la mort de son frère jumeau et s'attelle difficilement au montage d'une exposition consacrée aux maîtres européens du XXe siècle.

Entrecroisant habilement les trajectoires de ces quatre personnages, Sarah Hall livre une réflexion brillante et féroce sur l'art et la place qu'il occupe dans nos vies.

«L'écriture de Sarah Hall est à la fois puissante et délicate. Comment peindre un homme mort procure les plaisirs les plus intenses que la fiction a à offrir.» Nadeem Aslam

«Une incroyable prouesse d'ingénierie littéraire. Si ses personnages laissent un souvenir obsédant, sa maîtrise de la description des paysages est impressionnante.» Katy Guest, Independent on Sunday

Oeuvres complètes, vol. 4. Le bienfaiteur

Oeuvres complètes, vol. 4. Le bienfaiteur
Sontag Susan
Ed. Christian Bourgois/Titres

Sous la forme des mémoires d'un Candide des temps modernes nommé Hippolyte, Le Bienfaiteur nous entraîne dans une sorte de grand voyage psychique, au cours duquel il devient impossible de distinguer ce qui relève de la vie rêvée du narrateur, puissamment imaginative, de ce qui concerne ses surprenantes péripéties dans le monde réel. Ce premier roman de Susan Sontag, paru aux États-Unis en 1963, propose un portrait fascinant, intelligent et acerbe d'un milieu bohème très en vogue en France à une certaine époque. Plus encore, Le Bienfaiteur traite comme nul autre d'idées, en particulier des idées religieuses : drôle, équilibriste, dérangeant et profond.

«Un écrivain majeur... J'admire particulièrement le talent qu'elle a pour produire une histoire vraie à partir de rêves et de pensées.» Hannah Arendt

Oeuvres complètes, vol. 5. L'oeuvre parle

Oeuvres complètes, vol. 5. L'oeuvre parle
Sontag Susan
Ed. Christian Bourgois/Titres

L'oeuvre parle regroupe une sélection des premiers articles que Susan Sontag a écrits sur les arts et la culture contemporaine. Ce livre est rapidement devenu un classique et a eu énormément d'influence à l'étranger. En plus des célèbres textes intitulés «À propos du style» et «Le style Camp», le livre contient des réflexions sur Sartre, Simone Weil, Georg Lukács, Lévi-Strauss, Artaud, Genet, Brecht, Beckett, Bresson et Godard.

«Les essais de Susan Sontag sont de prodigieuses interprétations, et même des concrétisations, de ce qui se passe réellement.» Carlos Fuentes

«Susan Sontag est un écrivain d'une énergie rare et d'une nouveauté provocante.»The Nation

L'obscure ennemie

L'obscure ennemie
Rasy Elisabetta
Ed. Seuil/Cadre vert

De sa jeunesse d'aspirante actrice, avant guerre, madame B. a gardé une grâce que ses amours contrariées et les difficultés n'ont jamais altérée ; et quand elle arpente de son pas léger les rues de Rome le matin de bonne heure, on pourrait la croire éternelle. Aussi la radio des poumons qu'elle mentionne au détour de la conversation n'alarme-t-elle en rien sa fille, la narratrice, qui ne l'a jamais vue vieillir. Un simple examen de routine, que justifie une ancienne tuberculose. Mais il en va tout autrement. C'est le début d'un douloureux voyage à travers le monde hostile de la maladie, où tout, vocabulaire, codes, relations humaines, est à apprendre.

La narratrice voudrait accompagner sa mère le long de ce chemin, mais elle ne sait comment s'y prendre, elle a peur, elle se perd. Et, peu à peu, un silence maladroit s'installe entre les deux femmes pourtant profondément liées. Car madame B. a également entrepris un voyage intérieur, parmi les souvenirs et au fond de son âme, où elle aimerait entraîner sa fille. Une fille écrivain à laquelle le langage fait soudain défaut. Elisabetta Rasy brosse avec pudeur le portrait d'une mère insoumise confrontée à la mort et aux fantômes de son histoire, et celui d'une fille, spectatrice épouvantée.

Inventaire d'une maison de campagne

Inventaire d'une maison de campagne
Calamandrei Piero
Ed. Conférence

Piero Calamandrei (1889-1956) est l'une des plus grandes figures de l'Italie contemporaine. Grand juriste, antifasciste de la première heure, pivot essentiel de la réflexion politique de l'après-guerre, il laisse aussi, avec l'Inventaire d'une maison de campagne (1941), une oeuvre littéraire où se savoure la fine pointe de l'élégance Toscane. Cette manière d'autobiographie est plus qu'un merveilleux livre de souvenirs d'enfance ; sous l'émotion contenue, ce voyage à travers le paysage toscan de villages où, enfant, l'auteur passait l'été, donne à la réflexion sur le sens de l'histoire et la responsabilité qu'elle exige sa mesure la plus intimement vécue.

Lucy Gayheart

Lucy Gayheart
Cather Willa
Ed. Rivages

À l'âge de dix-huit ans, Lucy Gayheart part étudier le piano à Chicago. Elle est belle, impressionnable, avec un tempérament ardent, ce qui attire l'attention de Clement Sebastian, un célèbre ténor plus âgé qu'elle, qui décide de la prendre comme accompagnatrice en remplacement de son pianiste habituel.

Très vite se noue entre eux une relation qui dépasse le cadre de la simple collaboration. Il lui voit une fraîcheur qu'il n'a plus, et exerce sur elle la sinistre fascination de celui qui sacrifie tout pour retrouver la gloire une dernière fois. Follement éprise, Lucy se jette à corps perdu dans cet amour sans savoir que de cette passion va naître une funeste tragédie.

Dans ce roman écrit en 1935, Willa Cather signe une série de variations sur la perte de l'innocence, et toujours ce même sentiment d'exaltation qu'éprouve une jeune fille en quittant sa petite ville de province pour conquérir le monde avec son art.

L'équilibre des requins

L'équilibre des requins
Bonvicini Caterina
Ed. Gallimard/Du monde entier

Sofia se réveille à l’hôpital après une tentative de suicide. Quelles circonstances ont bien pu pousser la jeune femme à attenter à ses jours ? Il y a tout d’abord un penchant affirmé pour les hommes dépressifs comme elle, mais surtout faibles et lâches, dont son ex-mari Nicola et ses deux amants, Arturo et Marcello. Mais cela ne serait rien sans une histoire familiale pour le moins difficile : son père Ferdinando, océanologue, est absent depuis toujours et lui envoie des quatre coins du monde par Internet de petits films consacrés à la vie des requins, et sa mère Margherita s’est donnée la mort alors que Sofia était encore enfant. Déjà précaire, l'équilibre psychique de la jeune femme vacille un peu plus lorsqu’elle retrouve un paquet de lettres que sa mère n’a jamais expédiées et dont la lecture lui ouvre les yeux. Mais les apparences sont trompeuses : Sofia a-t-elle vraiment voulu se tuer ? Ne s'agirait-il pas plutôt d’une seconde naissance ?
Porté par un humour dévastateur, un rythme trépidant et une écriture flamboyante, L’équilibre des requins a le courage d’affronter un sujet difficile, la dépression, dans toute sa complexité. Un défi ambitieux que Caterina Bonvicini relève brillamment.

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