Le 20 juillet 1969, l'homme marche pour la première fois sur la Lune. Dans la petite ville andalouse de Mágina, un adolescent vit cet événement avec une passion d'autant plus grande que, pour lui, la vie s'écoule avec la régularité des choses qui ont toujours été, dans le temps apparemment suspendu d'une longue dictature. La récolte des olives, les querelles de famille, un secret qui pèse sur la ville depuis la guerre civile, le collège religieux, tout cet univers pauvre et archaïque apparaît comme étranger à ce jeune garçon qui assiste à la naissance d'une nouvelle époque.
Antonio Muñoz Molina transmet ici, avec le lyrisme et la poésie qui tendent toute son oeuvre, la fragilité des instants qui peuvent changer une vie : l'arrivée du premier poste de télévision, les séances de cinéma en plein air, la première présence humaine sur la Lune.
Présentation de l'éditeur
La nuit du passage à l'an 2000 va changer toute la vie l'Osvaldo, le psychanalyste, qui se définit comme un impie déchiffreur d'histoires. Autour de lui, la réalité commence à se modifier, comme les histoires que lui racontent ses patients dans le silence de son bureau. Cette nuit-là, il perd sa femme mais en rencontre une autre, et sa « patiente magnifique » se prépare à lui révéler un secret qui va le placer devant une réalité clandestine aux répercussions incalculables.
Ce roman inquiétant nous plonge dans la vie intérieure d'Osvaldo, confronté à un combat qui le dépasse. Le lecteur partage cette tension psychologique, sous la conduite d'une romancière qui nous a toujours montré qu'il n'existe rien de plus réel que l'onirique et rien de plus fantastique que le réel. Elle nous parle de crimes qui sont l'un des ingrédients de la grande tromperie qui constitue nos sociétés et du risque de vivre pour l'homme ordinaire face au monde totalitaire créé par la modernité, elle souligne l'ironie qu'il y a dans l'impossibilité d'atteindre les auteurs du mal et de ne pouvoir combattre que leur ombre.
Présentation de l'éditeur
Sibérie, 2004. Tandis que résonnent les rumeurs de la guerre en Tchétchénie, un vieil homme revient sur les lieux de son passé, au goulag, où il fut interné pendant dix ans, même s'il s'était « illustré » dans les rangs de l'Armée rouge. Parmi ses milliers de codétenus, il y avait son frère, aussi idéaliste que lui-même était cynique. Mais un lien particulier les unissait : une femme, qu'ils aimaient tous deux. Et c'est au camp, à la veille de la déstalinisation, que le destin de ce singulier trio allait basculer, dans un endroit étrange baptisé la Maison des Rencontres.
Rarement, même dans la littérature russe, aura-t-on vu évoquer avec autant de puissance toute l'horreur et l'aberration du système concentrationnaire soviétique, de ses hiérarchies absurdes, de sa dimension avilissante. Vision d'autant plus saisissante que le « héros » et narrateur est lui-même intimement corrompu par le système. Mais ce qui bouleverse le plus dans ce roman dostoïevskien, l'un des plus beaux livres de Martin Amis, c'est la compassion que l'auteur, avec un lyrisme pudique, parvient malgré tout à exprimer pour tous ses personnages, victimes et bourreaux. Avec en filigrane cette question lancinante : comment rester humain ?
Virginia Woolf a quinze ans lorsqu'elle trace les premières lignes de son Journal. Après de nombreuses interruptions, elle en reprend l'écriture en 1915, et le tiendra jusqu'à son suicide en 1941. C'est l'ensemble de cette période captivante que couvre ce volume alors que ressort parallèlement son Journal d'adolescence.
Durant plusieurs décennies, elle note jour après jour ses sentiments, ses illuminations. Avec sa finesse et son humour, un art unique du portrait, elle nous fait découvrir les évolutions sociales et les errements de son époque. Elle y évoque son enfance tout comme la situation politique internationale, des débuts de la Première Guerre mondiale à l'intensification des bombardements nazis sur Londres.
Dans son Journal, Virginia commente ses lectures, élabore des théories critiques tout autant qu'elle confie ses projets littéraires, ses doutes, ses réflexions sur son travail d'écriture. Elle y inscrit les critiques des journaux ou les commentaires de ses amis sur son oeuvre. Accueillant encore la voix de son mari Leonard, qui, par endroits, annote les cahiers. Certaines idées, certains projets de romans semblent naître de l'écriture même du Journal dont la lecture permet d'approcher la genèse et le sens intrinsèque avec une justesse incomparable.
Cahiers d'enfance est le sixième ouvrage publié par Norah Lange, en 1937. Il marque le passage définitif de la poésie à la prose de celle qui fut une amie de Borges et la muse des poètes ultraïstes. L'auteur y relate des fragments de son enfance, depuis le voyage à Mendoza avec ses parents et ses sœurs jusqu'au retour de la famille à Buenos Aires, après la mort du père : événements marquants, personnes côtoyées, mais aussi obsessions et rituels mis en place pour les éloigner... Construit en courts épisodes, ces Cahiers évoquent un album de photos, tant le regard y joue un rôle primordial - un regard curieux de tout, lucide, sans concession.
Aussi bien par la qualité de son écriture - à la fois dense et légère, toujours percutante et résolument moderne - que par l'ambition expérimentale soutenue de ses recherches esthétiques, Norah Lange est incontestablement l'un des grands écrivains de la littérature argentine.
Cahiers d'enfance est « l'un des plus beaux et des plus lumineux livres de souvenirs d'enfance de la littérature latino-américaine » (César Aira).
Porté par une langue d'une très grande beauté, à la fois poétique et précise, investi d'un impressionnant pouvoir d'évocation, le nouveau roman du grand écrivain autrichien Christoph Ransmayr relève du chef-d'oeuvre littéraire.
Nostalgiques «d'un lieu immuable sous un ciel immuable», deux frères, très dissemblables et pourtant profondément liés, quittent l'Irlande pour le Tibet oriental. Ils ont pour but d'escalader le mont Phur-Ri, un des derniers espaces inexplorés du monde, minuscule tache blanche sur les cartes géographiques. Mais cette «montagne volante», comme l'appellent les nomades khampas, est, selon la légende, éphémère... Obsédés par leur quête, Pad et Liam se lancent dans une expédition périlleuse qui va les acheminer à la rencontre d'eux-mêmes, de leurs illusions, de l'amour et de la mort.
«Pour décrire un monde extrême, Ransmayr trouve une langue qu'on n'a jamais encore entendue, un chant qui lui est propre : un phénomène exceptionnel dans la littérature de langue allemande d'aujourd'hui.» Die Zeit
«Un livre très précieux. Il faut le ranger sur le rayon de la bibliothèque où se trouvent les grands livres de sagesse, les écrits sacrés, ces oeuvres qui ne sont pas seulement de la littérature mais qui nous révèlent le sens de la vie, ses arcanes.» Süddeutsche Zeitung
Michael Tolliver est vivant. Ses amis se sont perdus dans l'excès ou sont morts du sida. Lui a survécu à tout. Il a rencontré Ben, l'amour de sa vie. Mais sa famille se refuse toujours à accepter son homosexualité. Lorsque la mère de Michael tombe malade, c'est pourtant lui qu'elle appelle à ses côtés en Floride.
À San Francisco, sa mère spirituelle, Anna Madrigal, réclame sa présence. Il est alors confronté à un dilemme : dort-il rester auprès d'Anna ou accompagner dans ses derniers instants cette mère qui l'a tant rejeté ?
Les six premiers volumes décrivaient le San Francisco mythique des années 70 et 80, terrain de toutes les expériences amoureuses et sexuelles. Vingt ans après, l'insouciance s'est envolée, le sida est passé par là. Avec ce mélange de drôlerie, de légèreté et de gravité qui est sa marque, Maupin clôt cette extraordinaire aventure littéraire dans ce septième et dernier épisode des Chroniques de San Francisco.
« Depuis le début des années 70, Armistead Maupin décoche ses banderilles à l'Amérique bien-pensante. » André Clavel, L'Express
« Maupin est un serial born conteur. » Didier Jacob, Le Nouvel Observateur
« Le lecteur, immédiatement accroché, ne résiste guère à la saveur de cette dévorante histoire. » Michel Abescat, Télérama
« On se laisse totalement emporter ! » Sean James Rosé, Libération
« Un portrait exubérant de sénilité, de luxure et d'avidité... un petit bijou ! » The Economist
Quand leur père Nikolaï, veuf depuis peu, leur annonce qu'il compte se remarier avec Valentina, Vera et Nadezhda comprennent qu'il va leur falloir oublier leurs vieilles rivalités pour voler à son secours. Car Valentina a cinquante ans de moins que lui, des ogives nucléaires en guise de poitrine, et un certain penchant pour les plats surgelés ! Mais surtout, elle est prête à tout pour assouvir sa quête du luxe à l'occidentale. Tandis que Nikolaï poursuit tant bien que mal son chef-d'oeuvre - une grande histoire du tracteur et de son rôle dans le progrès de l'humanité - les deux soeurs passent à l'action. Commence alors une bataille épique pour déloger l'intruse aux dessous de satin vert, sur fond de secrets de famille.
Nourri de cinéma américain, l'auteur-narrateur quitte son pays natal, l'Irak, pour se rendre à Hollywood, avec la certitude qu'il sera l'une de ses stars. Mais il est arrêté et torturé à Damas par les services de renseignement, puis à Beyrouth-Est, alors aux mains des phalangistes, puis à Amman, et se retrouve de nouveau à Beyrouth, cette fois dans l'Ouest de la ville, avec les Palestiniens. De là, avec un faux passeport, il part à Tunis, puis à Aden, à Nicosie, retourne au Liban, repart à Chypre, puis à Tunis, avant de débarquer à Paris où il obtient l'asile politique.
Commence alors le récit de son vagabondage parisien : sa fréquentation des bas-fonds de la ville, son amitié avec les garçons de café et les prostituées, sa vie de 'clochard heureux', toujours féru de cinéma américain et agissant en toutes circonstances comme s'il jouait son propre rôle dans un film. C'est ainsi qu'il se décide à écrire un scénario racontant la vie de son père, mais finit par en faire un roman où il fait revivre avec tendresse et humour le milieu multi-confessionnel et multiethnique de son enfance.
A la parution de la traduction anglaise de ce roman, la presse britannique l'a salué comme 'une réplique arabe au Tropique du Cancer de Henry Miller'.
Le conquistador sans conquête de Charles Quint vit sa dernière année dans une modeste demeure sévillane. Sous couvert de lui faire vérifier des cartes du Nouveau Monde, une bibliothécaire charmeuse sollicite le vieillard sentimental, lui offrant du papier filigrané à ses armes. C'est qu'elle espère le récit des années escamotées dans ses Naufrages.
Et le chimérique gouverneur du rio de La Plata de libérer sa mémoire pour des révélations qui bien souvent mettent à mal l'histoire officielle de la Conquête. C'est ce manuscrit imaginaire qui nous est rendu.
L'infatigable voyageur qui a parcouru, pieds nus, 8 000 kilomètres, lutté contre l'inceste et la polygamie, aboli l'esclavage, avoue l'inavouable osmose avec la culture indigène. Nature matricielle, magie, fusion avec le cosmos, plaisir des sens, contre barbarie espagnole, fièvre de l'or, croix inquisitrice et épée tolédane. Par amour, il a jeté un pont entre deux terres aux antipodes l'une de l'autre et qui ne devaient simplement pas se rencontrer. Son nom restera dans l'histoire. A-t-il à lui seul, comme le pensait Henry Miller, racheté tous les crimes des conquistadors ? Une seule évidence : l'hidalgo andalou, né riche et heureux, est mort pauvre et seul, mais probablement amoureux.