Sedd est un garçon de quatorze ans, intelligent, cultivé et très réfléchi pour son âge. Il a un sens aigu de ce qu’il faut faire et du comme il faut — non seulement pour sa propre personne, mais également pour un établissement de standing. Car Sedd vit à Fåvnesheim, un vaste hôtel de montagne tenu par ses grands-parents, dans une Norvège qui n’a pas encore pleinement encaissé les dividendes du pétrole.
On va suivre Sedd pendant cette année 1982 où le monde vacille lentement autour de lui, tandis qu’il s’efforce de rester debout, tout en nous racontant ces funestes événements. Tels les homards de l’aquarium de l’hôtel, les personnages de cette histoire se cachent sous des carapaces, derrière une accumulation de façades, et ne peuvent ni ne veulent voir ce qui se passe.
Vituca, une documentariste italienne qui vit à Paris tombe amoureuse de Ramos, un chorégraphe brésilien au talent éclatant. Si tout les sépare, la géographie, la culture, la personnalité, ce qui les sépare les attire et ils se marient. Mais comment s’aimer au loin ? Le roman analyse d’abord les efforts pour faire durer une relation contrainte de dépasser toutes sortes de frontières, qui ne sont pas uniquement géographiques. Faire vivre un amour à distance, dans ce récit, c’est jouer avec ses propres limites. Se rapprocher alors ? Chacun voudrait que l’autre « songe à la douceur / D’aller là-bas vivre ensemble ! ».
Mais là-bas n’est jamais si doux. Et le Brésil de Ramos est âpre, rude, aussi inquiétant qu’attirant. La tragédie avance, implacable, derrière les efforts des amants. Elle aboutit au drame effroyable et au deuil. Derrière sa magnifique puissance vitale, Ramos cachait des secrets, une intime tragédie, un destin plus encore qu’un caractère.
"Les gens seraient-ils en réalité tous au bord du suicide, toute leur vie, obligés de survivre à chaque journée en jouant aux cartes et en regardant la télé et en mangeant, tant de routines prévues pour éviter ces instants de face à face avec un soi-même qui n’existe pas ?" Tel est l’état d’esprit de James Vann lorsqu’il retrouve sa famille en Californie – ses parents, son frère cadet, son ex-femme et ses enfants. Tous s’inquiètent pour lui et veulent l’empêcher de commettre l’irréparable. Car James voyage avec son Magnum, bien décidé à passer à l’acte. Tour à tour, chacun essaie de le ramener à la raison, révélant en partie ses propres angoisses et faiblesses. Mais c’est James qui devra seul prendre la décision, guidé par des émotions terriblement humaines face au poids du passé, à la cruauté du présent et à l’incertitude de l’avenir.
«La matière d'un journal ne se nourrit que de confession. Lorsqu'il écrit son journal, l'écrivain se confesse, il n'a plus rien à écrire. Tout a été dit, il s'est libéré. Que l'on considère donc ce journal comme le lieu de ma confession ; j y exprime tout ce qui m'habite, tout ce qui me préoccupe, tout ce dont, d'une façon ou d'une autre, je sens l'urgence de me libérer. Cette libération constitue l'intérêt même de mon journal.» (Malaparte.)
Washington D.C., dans les années 1970. En six ans, c’est la quatrième fois qu’Osei, fils d’un diplomate ghanéen, découvre une nouvelle école. Tout heureux de rencontrer Dee, la fille la plus populaire de sa classe, il ne s’inquiète pas des manigances et de la jalousie de ceux qui voient d’un mauvais œil l’amitié entre un garçon noir et une jolie blonde.
Des pionniers du Grand Nord canadien arrêtent un soir leur route sur une rive inhabitée du lac Supérieur, en un point où les eaux dessinent cinq doigts harmonieux. L'une des femmes du groupe dira, face a ce paysage enchanteur : « On dirait cinq doigts d'eau descendus vers la terre. »
Et le nom de Cinq-Doigts restera à ce coin de terre du Wilderness, vaste territoire de la forêt primitive, domaine des animaux sauvages et de ceux qui les chassent.
À peine plus au nord, ce sont des immensités où règnent le froid, les aurores boréales, les tempêtes aux cris de légende, les bêtes et les outlaws. Tout un peuple bruit et se bat, se cache et s'entre-dévore sous l'ardente poussée des feuillages, entre les rochers nus ou dans les clairières printanières.
Shiloh
« Le ciel s'était éclairci, les nuages s'effilochaient, et à quatre heures le soleil perça ; le vert vif de l'herbe et des feuilles vira à l'argent, les flaques de la route se remplirent d'or. »
Dans la nature luxuriante du Tennessee, la violence règne en maître. Nous sommes en 1862 : depuis un an, la guerre de Sécession meurtrit le pays. Shiloh raconte cette blessure profonde à travers les voix de six soldats des deux camps. Shelby Foote approche au plus près l'âme humaine, l'absurdité des combats, la détresse et la peur. Dans ce roman déchirant, le bien et le mal se confondent, les certitudes vacillent.
Une femme regarde les hommes regarder les femmes
Siri Hustvedt, fidèle à son engagement envers la cause des femmes, analyse ici la nature et les implications du regard, bien souvent manipulateur, voire prédateur, que les artistes de sexe masculin tendent à poser sur les femmes (quelles soient « simples » modèles ou elles-mêmes artistes). Mais elle s'attache surtout à identifier les partis pris, conscients et inconscients, qui affectent notre manière de juger l'art, la littérature et le monde en général.
À soixante-huit ans, Céline Watkins, artiste et détective privée spécialisée dans la recherche de personnes disparues, accepte une dernière enquête. Baroud d'honneur ou chance ultime de faire la paix avec ses propres béances intimes ? La voilà sillonnant les routes du Grand Ouest, flanquée de Pete, son très taiseux mari, sur les traces du père de la belle Gabriela, évanoui dans la nature vingt ans plus tôt, supposément à la suite d'une mauvaise rencontre avec un ours.
Quand Céline comprend qu'elle est suivie par un agent du FBI dont la discrétion n'est pas le principal souci, l'affaire prend une dimension politique, et vire à un grand jeu du chat et de la souris sur un terrain aussi vaste que miné.
Les variations sentimentales
Paul est encore adolescent quand il s'éprend de Giovanni, menuisier sur une petite île italienne. Des années plus tard, à New York, c'est avec la belle Maud qu'il pense construire une vie de couple. Il l'aime et la jalouse fiévreusement - trop peut-être ? - tout en pensant à Manfred, cette silhouette aperçue sur un court de tennis à Central Park. Une obsession qui dévore alors Paul. Puis Chloé revient dans sa vie, et tous deux retournent sur ce campus en Nouvelle-Angleterre où ils se sont rencontrés. Mais le temps semble jouer contre eux. Des années plus tard, quand Heidi, une jeune musicologue, lui adresse un article pour sa revue, Paul est charmé. Ce jeu de séduction intellectuelle peut-il se transformer en amour ?