La totalité du monde est autour de nous et toutes les choses créées ont les mêmes droits. D'aucuns ont une voix et communiquent par les sons et les mots, d'aucuns s'expriment par les couleurs et les parfums. Vivre est aussi une respiration enclose dans une feuille.
C'est à Pennabilli, petite ville de l'Apennin d'Émilie-Romagne où il s'est retiré dans les années 1990, que Tonino Guerra, célèbre pour avoir été le scénariste de Fellini, Antonioni, De Sica, Petri, puis Tarkovsky qu'il accueillit en Italie, Rosi, les frères Taviani, Angelopoulos..., compose ce livre : Il pleut sur le déluge. Journal, s'il en est, dont les pages, comme l'écrivait Roberto Roversi, « parcourent le temps comme les traces d'un homme sur un terrain d'abord enneigé puis dégelé, puis empli de la ferveur blanche ou dorée d'un été rêvé. »
Les femmes de Heart Spring Mountain
Août 2011. L'ouragan Irene s'abat sur le Vermont, laissant derrière lui le chaos et la désolation. Loin de là, à La Nouvelle-Orléans, Vale apprend que sa mère a disparu lors du passage de la tempête. Cela fait longtemps que la jeune femme a tourné le dos à sa famille, mais cette nouvelle ne lui laisse d'autre choix que de rentrer chez elle, à Heart Spring Mountain.
« Chaque livre semble être le combat de toute une vie. Et puis quand c'est fait... Pouf. Comme si ça n'avait jamais existé. »
John Steinbeck a écrit Les Raisins de la colère entre juin et octobre 1938, dans un moment de bouillonnement et de tension extraordinaire. Tout au long de cette période, il a tenu un journal qui retrace scrupuleusement son expérience et le révèle dans les affres de la création. Face à la page blanche, aux doutes, aux obstacles qui le ralentissent, l'empêchent de penser, l'écrivain tient avec obstination le fil de l'écriture. Il défend ses personnages, son intrigue, guette le miracle qui pourrait lui offrir ce chef-d'oeuvre dont il est le premier à questionner la possibilité... En 1941, après le succès colossal du roman, après les controverses et les menaces, tandis que la guerre fait rage et que l'argent afflue, John Steinbeck reprend la plume. Seul son journal pourra le guider vers le nouveau livre d'une vie nouvelle.
Majimé, jeune employé d'une maison d'édition, se voit confier la réalisation d'un nouveau dictionnaire du japonais, un projet titanesque baptisé La Grande Traversée. L'un des premiers termes sur lesquels il est amené à travailler n'est autre que le mot « amour ». Mais comment définir ce dont on n'a pas fait l'expérience ? À vingt-sept ans, aussi maladroit avec les gens qu'il est habile avec les mots, Majimé n'a jamais eu de petite amie. Quand il rencontre la petite-fille de sa logeuse, il tombe immédiatement sous le charme. Passionnée de cuisine et apprentie-chef, la jeune femme travaille la matière de ses ingrédients comme lui celle des mots, dans le même but : tenter de les fixer en un moment d'éphémère perfection. Cette fois-ci, Majimé entend bien ne pas laisser passer sa chance. Aidé par ses nouveaux collègues, il va tout faire pour vaincre sa timidité et ouvrir son coeur à celle dont il s'est éperdument amouraché, tout en se consacrant corps et âme à sa mission première : éditer le plus grand dictionnaire de tous les temps.
Prélude à une guerre
Emil Zarco est un homme à qui tout réussit. Il est une star dans son domaine, l'architecture ; sa compagne, Oona, le met quotidiennement au défi par son irrévérence et sa finesse d'esprit, au travers de joutes verbales et de jeux sensuels. Mais alors qu'Emil a carte blanche pour réaliser le projet le plus ambitieux de sa carrière, son monde commence à s'effondrer. Oona le quitte, et le quartier qu'il doit faire naître en périphérie de sa ville natale se transforme peu à peu en une monstrueuse créature de ciment, miroir matérialisé de son désespoir.
Années 1980. Deux apprenties cinéastes ayant grandi ensemble sur les collines de Los Angeles se lancent l'une dans des comédies à succès teintées de féminisme, l'autre dans la réalisation de documentaires provocateurs et exigeants. Eternelle complice de l'ombrageuse Meadow, Carrie est l'ange gardien de son amie et la première spectatrice de ses tentatives pour capturer l'essence du monde, du mouvement, de la lumière. Mais bientôt, Meadow, l'artiste rebelle, se laisse entraîner par le désir d'en découdre avec le vivant. C'est ainsi qu'elle va un jour débusquer sa parfaite victime en la personne de Jelly.
« Qu'est-ce que la vie, si tu ne t'arrêtes pas un instant pour la repenser ? »
Goliarda Sapienza (1924-1996) est née à Catane dans une famille socialiste anarchiste. Son père, avocat syndicaliste, fut l'animateur du socialisme sicilien jusqu'à l'avènement du fascisme. Sa mère, Maria Giudice, figure historique de la gauche italienne, dirigea un temps le journal Il Grido del popolo (Le Cri du peuple).
Lorsqu’il décide de quitter son modeste village de pêcheurs, Oreste ne se doute pas encore que sa vie est sur le point de suivre un nouveau cours. Car le destin met bientôt sur sa route Mascaró, cavalier noir porteur de messages mystérieux, ainsi que le Prince Patagon, artiste majestueux, exubérant, solaire. Et quand le Prince prend Oreste sous son aile et lui propose de racheter un vieux cirque miteux pour fonder le Grand Cirque de l’Arche, la magie opère : dans les bourgades misérables qu’il traverse, le cirque présente des spectacles grandioses et fait souffler un vent de fantaisie et de joie. Grâce à la petite troupe de vagabonds célestes qui le compose, un émerveillement libérateur allume des étoiles dans les yeux des spectateurs et fait renaître l’espoir. Jusqu’au jour où ce cirque subversif finit par attirer l’attention des autorités.
« Dans l'État de Brandebourg, sur les vingt-six députés de gauche au Landtag, un sur quatre avait jadis travaillé pour la Stasi. »
En 2011, dans un immeuble abandonné de Berlin, on retrouve le cadavre atrocement mutilé de Frank Derbach, employé à l'Office fédéral en charge des archives de la Stasi.
Au même moment, Gerhard Samuel, photoreporter, meurt dans d'étranges circonstances à Sofia, où il enquêtait sur la mort d'un de ses amis, disparu en 1980 à la frontière bulgare.
À la mort de Staline, Leopold Tyrmand, 32 ans, travaille comme chroniqueur au sein de la dernière revue jouissant d'une certaine liberté d'expression dans la Pologne communiste. Il est heureux, il est aimé, il écrit des papiers sur le sport, le théâtre et, surtout, le jazz, dont il est un peu l'apôtre. Les autorités confisquent la revue et Tyrmand se retrouve sur le carreau. Il amorce alors la rédaction d'un journal intime - qu'il poursuivra pendant à peine trois mois. Au final, plus de cinq cents pages qui nous révèlent, comme peu de documents, le quotidien d'une démocratie populaire, les aspirations de la jeunesse, la « fausse parole » omniprésente, les contorsions de la mauvaise foi, en particulier chez les intellectuels, mais aussi le sexe et les sentiments (sa petite amie, Bogna, est une lycéenne de 18 ans), ou le dandysme conçu comme une protestation...