Si elle poursuit toujours plus dans la voie du développement économique, on peut craindre que la Chine n'en vienne aussi à se doter d'une puissance militaire réellement mondiale et ne cherche à peser davantage sur l'échiquier international. Ce scénario d'une Chine hégémonique déclenchant par réaction un vaste conflit est-il vraiment probable ? La logique même de la stratégie n'impose-t-elle pas aux dirigeants chinois d'opter pour une autre voie ? Sauront-ils le comprendre ? Et que faire, partout, pour endiguer cette dangereuse montée en puissance qui pourrait de nouveau faire basculer le monde dans le chaos et la guerre ?
Stratège hors pair autant qu'historien, grand connaisseur du monde asiatique, Edward N. Luttwak analyse en profondeur ce qui inspire la politique récente de la Chine, ainsi que ses biais culturels, ses limites, ses erreurs, ses maladresses, ses tromperies aussi. Il en met au jour tous les dangers, si nous ne prenons pas soin, dès aujourd'hui, de réagir vigoureusement et adéquatement. Décryptant tous les enjeux au coeur des relations qu'entretient la République populaire avec les États-Unis aussi bien qu'avec l'Australie, le Japon autant qu'avec la Corée du Sud ou le Vietnam, la Mongolie ou encore la Russie, il souligne les échecs et les réussites des uns et des autres.
Un ouvrage essentiel pour mieux comprendre l'impact de la Chine sur le monde.
Avec l’incendie des Archives de l’Etat à Mons en 1940, des pans entiers de l’histoire du Hainaut disparaissent; parmi les fonds détruits celui, magnifique, des archives des Etats du comté. Que peut-on aujourd’hui savoir de cette institution représentative encore jamais étudiée pour elle-même? Cette étude tentera de montrer ce que sont les Etats de Hainaut sous le règne du duc de Bourgogne Philippe le Bon (1427-1467). Comment fonctionne l’assemblée? Quel est son mode de convocation? Quand, où et pourquoi les Etats se réunissent-ils? Quels rapports les gouvernés – membres du clergé, de la noblesse ou de ce qu’on appellera le tiers état – entretiennent-ils avec leurs gouvernants et l’administration ducale?
Il sera ensuite plus spécifiquement question de la composition de l’assemblée. Les Etats de Hainaut, s’ils s’insèrent bien dans le panorama des assemblées d’états de l’époque, se distinguent toutefois par une composition plus diversifiée et plus contrastée. Qui est convoqué aux Etats? Combien de fois? Selon quels critères et pour y jouer quel rôle? Les comptes du grand bailliage de Hainaut, ainsi que les archives du magistrat de la ville de Mons, laissent entrevoir une institution déjà bien établie, capable d’imposer sa volonté et qui prend peu à peu sa place au sein d’un espace bourguignon en pleine construction.
Le Moyen Âge fut peut-être l'âge d'or de cette diversité linguistique tant menacée de nos jours par la globalisation. Des langues héritières du passé, sacralisées par leur rôle de support des textes divins, y côtoyaient toutes sortes d'idiomes, aujourd'hui disparus ou marginalisés, comme à l'origine de nos modernités. Comment recréer ces paysages sonores où s'entrechoquaient des dizaines de cultures linguistiques, orales et écrites, guerrières et marchandes, globales et locales, populaires et savantes ?
Benoît Grévin aborde leur histoire dans une perspective anthropologique et comparative, par un aller-retour entre deux des grandes aires de civilisation qui conditionnent notre modernité : la chrétienté occidentale, dominée par la référence au latin impérial et papal, classique et biblique, sous l'égide duquel s'organise la multiplicité des cultures linguistiques romanes, germaniques, slaves, celtes, etc., et l'islam classique, où la centralité de l'arabe, coranique et poétique, scientifique ou dialectal, recouvre les histoires entrecroisées des cultures turques, iraniennes ou berbères...
De Londres à Samarkand, de la Sicile au Caire, Benoît Grévin nous entraîne bien au-delà de la présentation traditionnelle de ces cultures linguistiques, à travers l'étude de la pensée médiévale du langage, pour nous initier aux mécanismes de transmission des cultures textuelles, ainsi qu'aux procédures de rédaction des grands textes politiques, religieux ou littéraires, de part et d'autre de la Méditerranée. Il se donne ainsi les moyens de retrouver, derrière leurs différences, les caractéristiques communes à ces deux Babel médiévales.
Tenu secret jusqu'en 1997, ce manuel destiné aux agents de la CIA pour conduire leurs interrogatoires sans violence mais en se basant sur la manipulation psychique et les recherches en psychologie expérimentale de l'époque, est dévoilé. Le principe de base ici décrit est la 'statégie du choc' : provoquer chez le sujet une régression psychique afin de le placer sous son emprise.
L'Espagne du XIXe siècle est un pays encore traditionnel, catholique et peu industrialisé. C'est là que s'implante l'une des utopies les plus radicales de l'époque moderne : l'anarchisme. Depuis le discours de Fanelli qui expose les idées de Bakounine à Madrid en 1868, jusqu'à la fin de la guerre civile espagnole en 1939 et aux soubresauts de l'après-franquisme, ce livre retrace cette aventure inspirée, chargée de contradictions et finalement désespérée. Il raconte le destin de nombreux militants illustres ou obscurs, poseurs de bombes ou leaders syndicaux, chefs militaires ou intellectuels. Tous furent portés par le même refus de l'autorité. Bientôt pris au piège entre leur exigence révolutionnaire et les machines totalitaires des années 1930, les anarchistes espagnols finirent broyés dans la guerre civile.
Dans un ouvrage très complet, vivant, puisant à des sources neuves, Édouard Waintrop rend hommage à ce mouvement à la fois légendaire et méconnu, et analyse l'échec de l'une des formes les plus pures de l'idéal révolutionnaire.
L'histoire des Hébreux nous est essentiellement connue par la Bible. Mais entre l'Histoire et la foi, où se situe la réalité du peuple d'Israël ? Se fondant sur les progrès de l'archéologie, Richard Lebeau confronte le récit biblique aux découvertes archéologiques. Il raconte le destin exceptionnel de ces nomades venus de Mésopotamie, d'Égypte et de Canaan, rassemblés, vers 1200 avant J.-C., autour du culte d'un Dieu unique - Yavhé - et d'un roi. Malgré les conquêtes, les exodes et les tentatives d'assimilation, les Hébreux ont su préserver leur identité, réécrivant sans cesse leur passé, jusqu'à leur expulsion de la Terre sainte par les Romains en 135 de notre ère.
L'histoire du secret des sept soeurs relatée dans cet ouvrage est celle d'une conspiration de milliardaires, de quelques pionniers et hommes d'affaires devenus, en peu d'années, les rois du pétrole et les maîtres du monde. Ou comment l'économique a asservi le politique.
Pour raconter cette histoire, je vous invite à un road movie autour de la planète pétrole, une longue route qui m'a mené des États-Unis au Kazakhstan, d'Écosse au Gabon, en sillonnant le Nigeria, le Caucase, l'Iran et l'Irak, la Libye et le Venezuela. Un cheminement jalonné de rencontres fortes avec des ministres et des acteurs du pétrole, des historiens et des journalistes, des riverains et des victimes de l'or noir.
'L'âge de pierre ne s'est pas terminé par manque de pierre', a dit un jour le cheikh Zaki Yamani, ancien ministre saoudien du Pétrole. Laissait-il entendre que nous renoncerions peut-être un jour à l'or noir pour une autre énergie ? Je n'y crois pas car, en ce jour d'août 1928, entre partie de chasse et cigares au fumoir, les Sept Soeurs annonçaient déjà qu'elles n'abandonneraient leur puissance qu'à la dernière goutte de pétrole écoulée et au dernier dollar brûlé. Le secret était bien gardé et nous l'avons accepté.
« Il est très difficile de connaître un homme dont ses flatteurs ont dit tant de bien, et ses ennemis tant de mal », écrivait Voltaire.
Cardinal et ministre de Louis XIII pendant près de vingt ans, Richelieu a dirigé la France dans une période de guerres et de bouleversements qui ont affecté toute l'Europe. Il est l'initiateur d'une politique alliant invention et héritage du passé et le promoteur de conflits qui ont façonné le territoire et les esprits du temps. Zélateur de l'absolutisme politique, mécène avisé et stratège brillant, Richelieu a fait de sa personne et de sa fonction une énigme qui n'a jamais cessé d'être réinterprétée.
Le personnage et son action furent si importants et si fondateurs que, dans les moments où vacille la place de la France dans le jeu des puissances et où l'avenir national nourrit toutes les perplexités, il n'est pas absurde de lui rendre une visite qui n'est pas que de courtoisie.
Raconter Richelieu, revenir sur le moment et la raison des choix qu'il a assumés jusqu'au bout, sur sa légende, c'est donc aussi réfléchir sur notre propre approche de l'histoire, de l'État et de l'avenir de l'Europe.
Il y a cinquante ans, le 31 mai 1962, Adolf Eichmann était exécuté dans une prison près de Tel-Aviv. Son procès fleuve, ouvert à Jérusalem un an auparavant, le 11 avril 1961, a fait de lui le symbole même de la Shoah : nul plus que lui n'est à ce point identifié à l'extermination des Juifs. Comment ce personnage, que beaucoup se sont plu à présenter comme falot, dépourvu d'intelligence, a-t-il pu devenir l'incarnation même du Crime ?
C'est en juriste que Claude Klein tente de répondre à la question par une analyse de la conduite du procès, du jugement et, finalement, des polémiques qui les ont accompagnés. Surtout, il les présente dans leur cadre israélien. Le cas Eichmann apparaît dès lors sous un jour nouveau, l'auteur soulignant à quel point il a contribué à façonner l'État d'Israël dans sa revendication à représenter le peuple juif.
Au-delà, Claude Klein se demande si le procès Eichmann ne pourrait être perçu comme un maillon d'une chaîne qui, de Nuremberg, mène au Tribunal pénal international et à la compétence universelle. Une compétence qui, par un curieux retournement de l'histoire, menace aujourd'hui de frapper certains des dirigeants d'Israël lors de leurs déplacements à l'étranger en raison de poursuites intentées contre eux dans plusieurs pays.
La Renaissance s'épanouit en Touraine où la monarchie s'installe de façon permanente sous Charles VII à Chinon et à Loches, sous Louis XI et Charles VIII au Plessis et à Amboise, sous Louis XII à Blois.
Au retour de leurs expéditions guerrières, inspirés par l'Italie, les rois aménagent lices et jardins, jeux de paume, galeries, loggias, salles de bal et de réception. Princes et seigneurs s'y mêlent aux poètes et aux bourgeois dans les plaisirs courtois, les joutes chevaleresques et les parties de chasse. Les dames - parmi elles Diane de Poitiers et Catherine de Médicis - brillent dans les palais de rêve qui ont pour nom Chambord, Chenonceau, Azay-le-Rideau.
Solennels et familiers, harmonieux et pittoresques, les châteaux de la Loire offrent à profusion images, souvenirs, sensations tout droit venus d'une des époques les plus prestigieuses de notre histoire, avant que les guerres civiles et les intrigues n'éteignent de façon tragique les fastes de la cour.