Tuer Hitler. Confession d'un officier allemand antinazi

Tuer Hitler. Confession d'un officier allemand antinazi
von Gersdorff Rudolf-Christoph
Ed. Tallandier

«Ces hommes combattaient sans aide ni de l'intérieur, ni de l'extérieur. Ils ont souvent été déchirés par le trouble de leur conscience [...]. Ces morts ne peuvent pas racheter tout ce qui s'est produit en Allemagne. Mais leurs actes et leurs sacrifices sont les fondements indestructibles d'une nouvelle renaissance.»

Tels sont les mots de Churchill à propos de l'«autre Allemagne», ces Allemands qui ont résisté à Hitler. Parmi eux, Rudolph-Christoph von Gersdorff.

Officier de la Wehrmacht, Gersdorff prend part à la campagne de Pologne avant d'obtenir sa mutation au sein de l'armée centre pour l'opération Barbarossa. Son but : accéder au cercle des conspirateurs réunis autour d'Henning von Tresckow. Après la tentative d'assassinat manquée de Tresckow, Gersdorff se résout à commettre un attentat-suicide contre Hitler. Le 21 mars 1943, il assiste, auprès du Führer et d'autres dirigeants nazis, à une inauguration à Berlin. Dans les manches de son manteau, deux mines et leurs minuteurs.

Contrairement, à celui de Stauffenberg, cet attentat est resté méconnu. Pourtant, ce sont précisément ces explosifs que ce dernier utilisera le 20 juillet 1944. Survivant à cet échec, Gersdorff partit sur le front de l'Est où il découvrit en avril 1943 l'horreur de Katyn, ces fosses communes de milliers d'officiers polonais exécutés par les unités soviétiques du NKVD en 1940.

Les Mémoires de ce survivant de la résistance allemande, d'une richesse inouïe, plongent au coeur du complot contre Hitler et mettent en lumière un destin exceptionnel.

Auschwitz, l'impossible regard

Auschwitz, l'impossible regard
Midal Fabrice
Ed. Seuil

Auschwitz est comme un trou dans notre histoire, au-delà même d'une tragédie, si l'on donne à ce terme les connotations nobles et élevées qu'on lui associe d'ordinaire. Dès lors, la question, pour nous tous, est de savoir dans quel espace nous pouvons vivre si nous acceptons d'«habiter cette catastrophe», si, au lieu de vouloir l'intégrer dans un ordre quelconque en essayant d'en tirer des leçons, nous la vivons comme indépassable.

Ce livre passe en revue les catégories devenues classiques pour analyser la Shoah : génocide, banalité du mal, devoir de mémoire... Il les critique toutes. Il ne les refuse pas, mais s'efforce, respectueusement, d'en montrer les limites. Par sa seule existence, la Shoah récuse d'une manière abyssale nombre de présupposés de la tradition philosophique et politique occidentale : par exemple la représentation de l'homme comme «animal raisonnable» et l'opposition entre cette rationalité et des passions qu'il faudrait dompter. Elle nous oblige à reconsidérer l'histoire de l'Occident, et à repenser l'homme. Si le sol de nos certitudes est ainsi ébranlé d'une manière décisive, dans quelle «maison» pouvons-nous vivre désormais ? Fabrice Midal nous fait entendre la parole de Nelly Sachs et de Paul Celan : la «cabane» dans laquelle nous séjournerons ne pourra plus annuler notre exil.

En numérique chez Tropismes : Auschwitz, l'impossible regard

L'argent des cathédrales

L'argent des cathédrales
Kraus Henry
Ed. Cerf/Biblis

Le grand classique de Kraus sur le financement des cathédrales enfin réédité.

Toute sublime qu'elle soit, une cathédrale coûte de l'argent, beaucoup d'argent. Qui paye ? Avec quels deniers ont été élevées les cathédrales gothiques de France ? Pourquoi les unes ont-elles été achevées en l'espace d'un demi-siècle, tandis que d'autres durent attendre pour cela deux ou trois siècles ?

Notre-Dame de Paris, Amiens, Rouen, Strasbourg, Lyon, Toulouse, Poitiers et enfin York : c'est en fouillant dans les archives de ces huit cathédrales, et en dépouillant leurs comptes, que Henry Kraus apporte à ces questions une réponse vivante et documentée.

Le désastre de Pavie. 24 février 1525

Le désastre de Pavie. 24 février 1525
Giono Jean
Ed. Folio

Le désastre de Pavie, c'est l'occasion inespérée pour un romancier de raconter une histoire vraie qui est en soi totalement romanesque.

D'entrée, les personnages - François Ier et Charles Quint - sont campés : un beau roi, séducteur, dont l'appétit de vivre n'a d'égal que l'ambition d'être le prince des Arts et des Lettres, fasciné qu'il est par la Renaissance italienne qu'il vient de découvrir de l'autre côté des Alpes ; en face, un personnage sombre, ombrageux, obsédé par son salut au point, dans quelques années, de renoncer à son formidable trône et à son pouvoir sur un empire qui, du Danube au Pacifique, ne voit jamais le soleil se coucher, puis de se retirer dans un couvent et d'y vivre de macérations.

Entre la superbe et l'austérité, la bataille de Pavie en décidera autrement, le roi de France sera vaincu, emprisonné à Madrid, devra jurer la paix puis se parjurer, une fois libéré.

Giono n'a pas à forcer son talent pour narrer cet incroyable scénario.

Les voix d'outre-tombe. Tables tournantes, spiritisme et société au XIXe siècle

Les voix d'outre-tombe. Tables tournantes, spiritisme et société au XIXe siècle
Cuchet Guillaume
Ed. Seuil

Au printemps 1853, en Allemagne, les paquebots en provenance de New York introduisent la pratique américaine des tables tournantes, qui s'apprête à déferler sur l'Europe et devenir l'une des plus grandes modes du XIXe siècle. Pendant près d'un an, de Napoléon III à la reine Victoria, de Victor Hugo aux plus modestes bourgeois de province, toute l'Europe ou presque a fait tourner et parler les tables. Les contemporains, convaincus des progrès de la raison dans le siècle, ne se souvenaient pas d'avoir jamais assisté à pareille flambée de crédulité collective.

Or, loin de s'essouffler, la pratique a duré et s'est enracinée, surtout en France où elle a donné naissance au spiritisme proprement dit, à la fois mouvement organisé et véritable phénomène de société. À ce titre, et parce que ces mystérieuses communications avec l'au-delà avaient partie liée avec la mort et la maladie, la religion et la spiritualité, la science et la politique, la famille et l'amour, le spiritisme est un remarquable révélateur des tendances profondes de l'époque. Saisi à l'apogée de sa ferveur, il éclaire la face nocturne d'une société qui, confrontée à des bouleversements considérables, tiraillée entre tradition et modernité, voit soudain, à sa grande stupeur, remonter ses hantises à travers ses fantômes.

Une histoire de la Révolution française

Une histoire de la Révolution française
Hazan Eric
Ed. La Fabrique

Dans les années 1790, pour le grand leader whig Charles James Fox, la Révolution française était «l'événement le plus important qui se soit jamais produit dans le monde». Depuis, avec le passage de l'actualité à l'Histoire, la Révolution a gardé son pouvoir de fascination. Le sujet n'est pas neutre : une importante école historique considère la Révolution comme un trouble malencontreux venu bouleverser de façon sanglante le mouvement général vers le libéralisme. Le présent livre s'inscrit dans une tout autre lignée, pour qui la Révolution a changé à jamais la façon de penser et de vivre du monde occidental.

Il est construit comme un récit qui donne à entendre les deux voix de la Révolution : celle des assemblées, des personnages célèbres, et celle du peuple, des anonymes, des femmes, des paysans, que l'on perçoit tantôt comme un bruit de fond et tantôt comme un grondement assourdissant. Ces deux voix se mêlent aux moments d'incandescence révolutionnaire, en juillet 1789, en août 1792 où la royauté est abattue, en mai-juin 1793 lors de la chute de la Gironde. Et quand ces voix se font discordantes, alors viennent les moments les plus sombres, jusqu'au drame du 9 thermidor.

«Les héritiers des thermidoriens qui nous gouvernent sans discontinuer depuis lors cherchent à travestir l'histoire de la Révolution. Contre eux, gardons vivante la mémoire, gardons l'inspiration de ce moment où l'on put entendre que les malheureux sont les puissances de la terre, que l'essence de la république et de la démocratie est l'égalité, et que le but de la société est le bonheur commun».

Hommes et femmes du Moyen Age

Hommes et femmes du Moyen Age
Jacques Le Goff (dir.)
Ed. Flammarion

Véritable immersion dans l'une des périodes de l'histoire les plus créatives, cet ouvrage dirigé par Jacques Le Goff explore le Moyen Âge de l'intérieur, à travers 112 portraits d'hommes et de femmes qui ont vécu et donné vie à dix siècles de questionnements, d'échanges et de découvertes.

Les personnages de ce volume ne se limitent pas à offrir une image résumée de leurs vies et de leur réputation au Moyen Âge. Ils sont ici en tant que témoins et mémoire historique. Ces héros de l'histoire (Attila, Clovis, Charlemagne, Saladin, Marco Polo, Jeanne d'Arc...), ou ces personnages imaginaires (Arthur, Satan, Mélusine, Robin des bois...) révèlent une période qui s'éloigne de l'image d'un Moyen Âge obscurantiste.

Jacques Le Goff a demandé aux historiens les plus renommés de participer à l'écriture de cet ouvrage, qui offre une introduction passionnante et actualisée de cette période essentielle de notre histoire.

Le livre est accompagné de cartes, d'une chronologie et d'une bibliographie de référence.

Port-Royal

Port-Royal
Anthologie
Ed. Flammarion

Hiver 1711-1712. Le monastère de Port-Royal doit être rasé, détruit jusqu'aux fondations. Trois mille corps qui y étaient ensevelis sont exhumés, jetés pêle-mêle dans des chariots, conduits dans des fosses communes - leurs os sont abandonnés aux chiens. De l'abbaye qui avait irradié la vie spirituelle, intellectuelle et artistique du pays, le Roi-Soleil voulait qu'il ne demeurât rien.

C'est un siècle plus tôt que ce couvent sans éclat de la vallée de Chevreuse avait entrepris, sous la conduite de la mère Angélique Arnauld, de se réformer, devenant un flambeau de la France chrétienne. Marqué par l'influence de l'abbé de Saint-Cyran, pétri d'augustinisme, Port-Royal posa les droits inaliénables de la conscience face à toute autorité, au nom de la grandeur imprescriptible d'une créature déchue, mais conçue à l'image de Dieu. Il contrariait le règne de la vanité, le primat de la raison d'État et les fondements de l'absolutisme.

La révolution des casseroles

La révolution des casseroles
Skalski Jérôme
Ed. La Contre-allée
Sous forme de chroniques, Jérôme Skalski rend compte de la «Révolution des casseroles» en Islande.
Suite au déclenchement de la crise financière internationale à l'automne 2008, l'Islande a choisi de tourner le dos à la «doctrine d'austérité» qui forme actuellement le lieu commun dominant des politiques de gestion de l'après-crise.
Passée du statut de laboratoire de la finance triomphante à celui du symbole de sa déroute, l'île nordique fut tout d'abord l'objet d'un mouvement de protestations aux conséquences inattendues. La presse internationale s'enflamma. On parla bientôt d'une «Révolution des casseroles» pour décrire les événements qui s'y déroulèrent et qui aboutirent en quelques semaines à la démission de son gouvernement et à l'anticipation d'élections législatives. Première dans l'histoire islandaise, une gauche armée d'ambitions réformatrices radicales, sous la pression de la société civile, arrive au pouvoir.

Debout, l'Europe ! Suivi d'un entretien avec Jean Quatremer

Debout, l'Europe ! Suivi d'un entretien avec Jean Quatremer
Daniel Cohn-Bendit & Guy Verhofstadt
Ed. André Versaille

L’Europe est en crise. Comment en est-on arrivés là ? Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? Dans l’urgence, les États de la zone euro ne sont-ils pas en train de créer un monstre adémocratique ? L’euroscepticisme est-il réactionnaire ? Une fédération à 27 pourrait-elle fonctionner efficacement ?

Ce livre est un appel. Un appel qui s’adresse à l’intelligence de chaque citoyen. Un exercice de lucidité et une incitation à la réflexion. Un cri d’alarme aussi.
Le ton est franc, enflammé, les arguments implacables :

“L’Europe doit une fois pour toutes se défaire du nombrilisme de ses États-nations. Une révolution radicale s’impose. Une révolution européenne de grande ampleur. Une Union fédérale européenne doit voir le jour. Une Union fédérale européenne qui permette aussi rapidement que possible à l’Europe de participer au monde postnational de demain. Par facilité, lâcheté et manque de vision, trop de chefs d’État et de gouvernement préfèrent ne pas voir ce qui est en jeu. Réveillons-les. Confrontons-les à leur impuissance. Ne leur laissons pas un jour de repos. Et montrons-leur la voie vers cette autre Europe, l’Europe du futur, l’Europe des Européens.”

L’ère de la gesticulation aux Sommets est révolue, le moment est venu de la réalisation.

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