Lettres, notes et portraits. 1928-1974

Lettres, notes et portraits. 1928-1974
Pompidou Georges
Ed. Robert Laffont

Tout au long de son existence, et singulièrement de sa carrière politique, Georges Pompidou a observé une extrême pudeur, s'attachant à ne jamais extérioriser ses états d'âme. Régulièrement, cet homme de l'écrit s'est pourtant confié à divers correspondants, a pris des notes en forme de «choses vues», brossé enfin, à la fin de sa vie, des portraits des principaux acteurs de la vie publique, en particulier le général de Gaulle, François Mitterrand, Jacques Chaban-Delmas.

L'ensemble de ces textes compose un document exceptionnel, le seul de ce genre concernant un chef d'État français contemporain. À travers une importante et surprenante correspondance avec un ami de jeunesse, Robert Pujol, on suit l'évolution intellectuelle et politique du jeune agrégé normalien, du socialisme au gaullisme. D'autres documents de la main de Georges Pompidou projettent un éclairage nouveau sur les négociations secrètes avec le FLN algérien, dont il fut chargé au début des années 60, l'évolution de ses relations avec le Général, les conditions dans lesquelles il fut amené à lui succéder un an après les événements de mai 1968. En contrepoint apparaît aussi le courage du deuxième président de la Ve République face à la maladie qui l'emporta le 2 avril 1974, après cinq ans de mandat.

Journal d'un combattant. Sierra Maestra-Santa Clara. 1956-1958

Journal d'un combattant. Sierra Maestra-Santa Clara. 1956-1958
Che Guevara Ernesto
Ed. Equateurs

Le 2 décembre 1956, avant de débarquer du Granma avec Fidel Castro et 81 autres révolutionnaires cubains sur la plage de Las Coloradas, le jeune Guevara a glissé dans son paquetage plusieurs cahiers vierges sous ses munitions et ses instruments de médecine. Son objectif personnel n'a pourtant rien de littéraire : venu à Cuba pour concilier Marx et Bolivar les armes à la main, il s'astreint à consigner au jour le jour la guérilla des Barbudos avec le recul critique qu'autorise sa double qualité d'étranger et d'intellectuel.

Dans ses notations, toujours prises au coeur de l'action, le Journal d'un combattant livre une version subjective, originale et crue des événements fondateurs du castrisme sans jamais céder aux sirènes de l'embellissement épique ou de l'autocélébration.

Inédit dans sa totalité à ce jour, le Journal d'un combattant dévoile à rebours des idées reçues la vraie personnalité du Che, sa part d'ombre issue du magma révolutionnaire originel de la Sierra Maestra où les armes et le sang ont remplacé les rêves d'aventure.

Martin Luther King

Martin Luther King
Foix Alain
Ed. Gallimard

« La vie dans sa forme optimale est un grand triangle. À un angle se trouve la personne humaine, à l'autre angle se trouve l'autre personne, et au sommet se trouve Dieu. Si ces trois dimensions ne s'enchaînent pas, travaillant harmonieusement ensemble dans une seule vie, alors cette vie est incomplète. »

Assassiné le 4 avril 1968, sur le balcon du Lorraine Motel à Memphis dans le Tennessee, Martin Luther King (1929-1968) est un homme multiple. Penseur, poète, disciple de Gandhi appliquant la philosophie de la non-violence dans sa lutte pour les droits civiques des Américains noirs, il a su franchir la « ligne des couleurs » pour s'attaquer à la question plus générale de la pauvreté. Prix Nobel de la paix en 1964, le célèbre pasteur baptiste aux dons d'orateur hors du commun nous a laissé une voix qui, aujourd'hui encore, nous invite à ne pas abandonner nos rêves. Ce livre est l'histoire d'un homme qui pensait que « la justice est toujours debout à côté de l'amour ».

En numérique chez Tropismes : Martin Luther King

Lawrence d'Arabie

Lawrence d'Arabie
Renouard Michel
Ed. Gallimard

«Tous les hommes rêvent mais pas de la même façon. Ceux qui rêvent de nuit s'éveillent le jour et découvrent que leur rêve n'était que vanité. Mais ceux qui rêvent de jour sont dangereux, car ils sont susceptibles, les yeux ouverts, de mettre en oeuvre leur rêve afin de pouvoir le réaliser. C'est ce que je fis.»

Derrière le héros mythique, joué par Peter O'Toole dans le célèbre film de David Lean, se cache un personnage complexe, non exempt de zones d'ombre. Archéologue et agent de renseignement, homme d'action et auteur des Sept Piliers de la sagesse, Thomas Edward Lawrence (1888 - 1935) se disait «à moitié poète», se voulait «intouchable», et mourut prématurément dans un accident de moto. Ce livre retrace la vie et les aventures de l'insaisissable Lawrence d'Arabie, dont Winston Churchill affirmait qu'il était «un des êtres les plus extraordinaires de son temps».

En numérique chez Tropismes : Lawrence d'Arabie

Vivre dans la vérité

Vivre dans la vérité
Liu Xiaobo
Ed. Gallimard

Deux ans ont passé depuis l'attribution du prix Nobel de la paix à Liu Xiaobo. Qui se souvient aujourd'hui de ce premier Prix Nobel de la paix chinois de l'histoire ? Condamné à onze ans de prison en 2009, Liu Xiaobo languit toujours derrière les barreaux. Quel crime a-t-il donc commis, cet inlassable pacifiste qui, armé de sa seule plume, voulait mettre fin au régime communiste chinois ? Certes, il fustige le cynisme ambiant et le désert spirituel dans lequel s'enfoncent ses compatriotes, lancés dans une poursuite frénétique de l'argent et du pouvoir. Cela suffit donc à effrayer les dirigeants les plus courtisés de la planète...

En mars 2011, nous avons publié une série d'essais de Liu Xiaobo sous le titre La philosophie du porc. Pour continuer à affirmer notre soutien à leur auteur, la parution de ce second volume de textes choisis s'imposait. Le lecteur y découvrira de nouveau l'essayiste, le critique, le militant infatigable, mais également le poète. Oeuvrer pour la défense des libertés fondamentales est pour Liu Xiaobo une manière de vivre. Et c'est bien la voix de la liberté qui résonne à chaque ligne de ce livre.

Stèles. La grande famine en Chine, 1958-1961

Stèles. La grande famine en Chine, 1958-1961
Yang Jisheng
Ed. Seuil

Ce récit unique est le premier compte-rendu historique complet de la Grande Famine provoquée par le régime communiste en Chine entre 1958 et 1961. Fruit d'une douzaine d'années de recherches sur le terrain, appuyé sur des milliers de pages de sources locales et de nombreux témoignages de première main, Stèles constitue un document exceptionnel.

À la fin des années 1950, Mao Zedong lance le «Grand Bond en avant» dans le but d'accélérer la transition vers le communisme. Cela provoque un gigantesque désastre économique dans les campagnes chinoises. La folie de la collectivisation à outrance détruit toute la société rurale, jusqu'à la famille. Pour nourrir les villes, on affame les paysans. La ferveur révolutionnaire des cadres locaux ajoutée à la terreur qu'inspire la hiérarchie aggrave la situation ; la transmission de fausses informations (exagération des récoltes, occultation des morts de faim) donne lieu à des instructions insensées auxquelles personne n'ose s'opposer. Dès la fin 1958 s'abat l'horreur : des villages entiers sont effacés par la famine, les cas de cannibalisme se multiplient, les survivants perdent la raison ; en sus des morts de faim, beaucoup sont battus à mort ou poussés au suicide, des milliers d'enfants sont abandonnés...

«Ce livre est une stèle pour mon père, mort de faim en 1959, une stèle pour les 36 millions de Chinois victimes de la famine, une stèle pour le système responsable du désastre». Récit de l'intérieur, il aurait pu être aussi celle de l'auteur, puisque Stèles n'est pas publié en Chine.

En numérique chez Tropismes : Stèles. La grande famine en Chine, 1958-1961

Mao, sa cour et ses complots. Derrière les Murs rouges

Mao, sa cour et ses complots. Derrière les Murs rouges
Domenach Jean-Luc
Ed. Fayard

En 1949, après leur victoire militaire, les dirigeants communistes s'installent dans une dépendance du palais impérial de Pékin, et y aménagent un vaste ensemble résidentiel et administratif entouré de longs murs rouges. Quelques centaines d'entre eux, avec leurs collaborateurs et leurs familles, y cohabitent, à l'abri des regards, jouissant de conditions de vie exceptionnelles : nourriture abondante, fêtes et loisirs. Grands hôtels, résidences de luxe et plages privées sont à leur disposition pour profiter de leurs vacances et cacher leurs débats et leurs transgressions. Pendant ce temps, le pays subit les effets d'une domination totalitaire, d'une socialisation largement inefficace, d'une effroyable famine, puis de la Révolution culturelle et de ses luttes de factions. C'est qu'un fossé à la fois politique et humain s'est creusé entre Mao, de plus en plus isolé par ses échecs et ses dérives privées, et des collègues toujours plus pragmatiques et intéressés, caste qui finira par s'imposer après sa mort.

Jean-Luc Domenach nous révèle la trame non seulement politique, mais humaine et sociale de cette histoire tragique traversée par l'élite des Murs rouges. En montrant l'imbrication entre l'obsession pour le pouvoir, la soif des plaisirs et le poids des relations personnelles, il bouleverse notre regard sur le totalitarisme version chinoise. Et l'on découvre que les protagonistes de cette terrible histoire sont les parents des dirigeants actuels ; un passé qui engage donc notre avenir.

La question religieuse en Chine

La question religieuse en Chine
Vincent Goossaert & David A. Palmer
Ed. CNRS

Confucianisme, bouddhisme, taoïsme, islam, évangélisme, catholicisme, Falun Gong... Les religions investissent une Chine que l'on aurait pu croire sécularisée par des décennies de communisme. Cette vie religieuse foisonnante, loin d'être reléguée au folklore, aux marges ou aux lieux communs des anciens sages, est restée un fait social total.

Suivant cette thèse, Vincent Goossaert et David A. Palmer présentent une étude des transformations de ces religions prises dans l'histoire du siècle. En convoquant une analyse de l'idéologie d'État, des pratiques des temples et des églises, des relations internationales et des valeurs morales, ils nous invitent à comprendre les sources et les termes de la tension politique que constitue aujourd'hui la question religieuse en Chine.

Une perspective nouvelle sur la façon de penser l'articulation de la pratique religieuse avec la modernité de cette superpuissance et les problèmes qu'elle lui impose.

La première étude exhaustive sur le fait religieux dans la Chine moderne et contemporaine.

En numérique chez Tropismes : La question religieuse en Chine

La cité sauvage. New York 1963-1973

La cité sauvage. New York 1963-1973
English T. J.
Ed. Table ronde

Le 28 août 1963, le jour où Martin Luther King Jr déclara : « I have a dream... » sur les marches du Lincoln Memorial à Washington, deux femmes blanches furent sauvagement assassinées dans leur appartement de Manhattan. Ce crime, promptement baptisé « Meurtre des Career Girls » - les deux victimes étant de jeunes employées de bureau -, propagea la peur à travers toute la ville, et déclencha un conflit brutal entre des forces de police profondément corrompues, cyniques et racistes, et une communauté afro-américaine marquée par la détresse économique, la violence et la drogue.

La Cité sauvage s'attache à retracer cet événement crucial et la terrible décennie qui s'ensuivit à travers le parcours de trois hommes : George Whitmore Jr, jeune Noir de dix-neuf ans, pauvre, quasi aveugle, appelé à devenir un bouc émissaire. Bill Phillips, agent effrontément véreux de la police new-yorkaise, à l'origine du plus grand scandale de toute l'histoire du NYPD. Dhoruba Bin Wahad, membre historique du Black Panther Party, dont l'activisme militant fit l'une des cibles privilégiées des forces de l'ordre municipales et fédérales.

Sur la base d'entretiens avec les protagonistes et d'une analyse détaillée des comptes rendus de procès, rapports de police et autres archives, T.J. English tisse une narration épique, dont l'injustice et la défiance sont les principaux ressorts. Il révèle l'histoire captivante d'une époque où la ville de New York, frappée par l'effroi et la haine, lutta pour sauver son âme, sur fond de bouleversements sociaux, politiques et économiques.

Un pouvoir invisible. Les mafias et la société démocratique. XIXe-XXIe siècle

Un pouvoir invisible. Les mafias et la société démocratique. XIXe-XXIe siècle
de Saint-Victor Jacques
Ed. Gallimard

La mafia naît sur les décombres du « régime féodal » mais c'est avec l'avènement de la démocratie et du capitalisme qu'elle connaîtra son essor. Elle s'enracine très tôt à Naples, en Sicile, en Calabre et doit sa prospérité à des « pactes scélérats » passés avec une fraction de l'élite politique et sociale - tel un pouvoir invisible qui va insidieusement corroder l'ordre social.

Ce livre reconstitue dans la durée l'histoire de ces sociétés secrètes et de leur expansion à travers le continent européen. Il visite leur berceau et en retrouve les premiers acteurs, aristocrates véreux, notables sans scrupules, fermiers parvenus, tueurs à la botte... Il interroge les accointances invisibles de ces « sectes criminelles » avec la démocratie naissante et les suit dans leur conquête de l'Amérique. Il révèle aussi l'échec du fascisme à éradiquer une plaie mafieuse qui a su se jouer de son pouvoir totalitaire. Avec la guerre froide, on découvre la mutation affairiste des réseaux mafieux et la complexité de leurs méthodes pour parasiter l'économie libérale. C'est l'époque de l'explosion du trafic de drogue, de l'essor des paradis fiscaux, des compromissions de la banque vaticane et des scandales immobiliers, où se côtoient boss criminels, hommes politiques, industriels et financiers. Avec la chute du Mur, de nouvelles nébuleuses vont se faire jour en Europe, qui utiliseront ce « modèle » pour conquérir d'autres territoires.

Le phénomène mafieux n'est pas consubstantiel à la démocratie, écrit Jacques de Saint Victor, et pas davantage au capitalisme ; mais il est le mieux à même de tirer profit des insuffisances de l'une et de l'autre.

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