Ce livre est le premier à effectuer une plongée détaillée dans un siècle d’épreuves et de tragédies. Dû à un journaliste qui connaît parfaitement la région et son histoire, il contribue à répondre à la lancinante question : pourquoi ?
Les responsabilités de Bachar al-Assad dans le drame que vivent les Syriens aujourd’hui sont écrasantes. Mais cette évidence n’explique pas tout, loin de là. Avant le fils, il y a eu le père. Avant le père, il n’y a jamais eu de régime démocratique digne de ce nom. Il y a eu l’occupation française entre les deux guerres, il y a eu le partage arbitraire par les Européens des provinces arabes de l’empire ottoman. Le tout ponctué de conflits violents et de répressions. Il y a eu aussi et il y a encore un ensemble de religions qui cohabitent mal, il y a eu un fort courant laïc (notamment le parti Baas au pouvoir), un impitoyable jeu international : jadis les Européens, aujourd’hui Israël et les grandes puissances arabes et non arabes. L’héritage de souffrance est immensément lourd.
Pékin, 1969. Zhu Xiao-Mei est un « être de mauvaise origine » ; autrement dit, elle appartient à une famille de bourgeois cultivés. Une tare d'autant plus lourde à porter à l'époque de la Révolution culturelle chinoise que la jeune Xiao-Mei a un don précoce pour le piano et une passion pour la musique dite décadente – Shumann, Mozart, Bach.
Afin d'éradiquer en elle tout désir autre que celui de mourir pour Mao, elle est envoyée en camp de rééducation par les autorités de la Chine communiste.
Quelques années plus tard, Xiao-Mei n'a plus rien d'une bourgeoise cultivée, plus rien d'une pianiste, plus rien d'une artiste – plus rien d'un être humain, avoue-t-elle. Son unique livre : le Petit Livre rouge ; son unique souci : éviter une nouvelle séance d'autocritique ; son unique rêve : manger à sa faim. Le pouvoir communiste chinois a gagné !
Mais un jour, Xiao-Mei trouve dans le camp un vieil accordéon. Elle caresse les touches, se risque à jouer un accord, quelques notes de musique s'élèvent... Par enchantement les années perdues s'effacent, les rêves reviennent, l'espoir renaît : Xiao-Mei se jure qu'elle rejouera du piano, envers et contre tout.
Partie de Chine dès les premiers signes d'ouverture, en 1979, elle reprend ses études musicales aux États-Unis tout en travaillant pour survivre comme baby-sitter, femme de ménage, serveuse, cuisinière... Puis elle s'exile – encore –, à Paris. Et là, le miracle survient : pour la première fois, on l'écoute, on lui donne sa chance... Sa carrière est lancée : désormais, elle ne s'arrêtera plus. Aujourd'hui Zhu Xiao-Mei est célébrée dans le monde entier par une critique unanime et un public toujours plus nombreux comme une pianiste virtuose et une immense artiste. Ses concerts font salle comble.
Deux oeuvres de Jean-Sébastien Bach interprétées par Zhu Xiao-Mei à paraître à l'automne chez Mirare Productions : Variations Goldberg et Le Clavier bien tempéré (novembre 2007)
« Cette étude fondamentale a révolutionné notre connaissance de l’opinion publique sous le IIIe Reich. Une histoire des « Allemands ordinaires » dans une région emblématique, la Bavière, où Adolf Hitler fit ses premiers pas. La reconstitution vivante et minutieuse d’un quotidien marqué par le conformisme, l’inertie, l’adhésion, la peur ou le renoncement.
Comment « l’homme de la rue », prompt à s’enthousiasmer pour les défilés nazis, réagit-il au boycott des commerces juifs, aux attaques contre le clergé, à la brutalité des SS et à la répression des opposants ? Quelles furent les réactions des églises, des ouvriers, des classes moyennes, du patronat et de l’aristocratie ?
À rebours d’une interprétation longtemps partagée par les historiens, Ian Kershaw entend rompre avec l’image d’une domination totale de la population par un régime répressif. « Ian Kershaw démontre avec pertinence comment l’invariance et la morosité ont fait barrage au bouleversement social total que souhaitait Hitler. » (Bernard Poulet, L’Expansion, novembre 2010)
Hitler a comblé les attentes qu'industriels et banquiers avaient placées en lui. En effet, il réalisa tous les points importants de leur «programme» plus diligemment, plus complètement et plus impitoyablement qu'ils n'auraient pu ou osé le faire eux-mêmes.
En outre, à l'issue de douze années d'une dictature nazie dont ils avaient pourtant été les parrains, banquiers et industriels rejetteraient tous les crimes sur le dos d'Hitler et plaideraient pieusement «non coupables». Ce livre d'histoire bien documenté est de ceux dont l'élite économique ne souhaite pas entendre parler.
En 1613, les Romanov ont été portés sur le trône de Russie à l’issue de siècles tragiques où le pouvoir a été transmis ou conquis par le meurtre. De 1613 à 1917, quinze souverains dont trois femmes ont incarné la dynastie. Les Romanov ont gouverné un empire devenu le pays le plus étendu du monde – ce qu’il est encore en 2013. Cette dynastie exceptionnellement brillante, certains empereurs - Pierre le Grand, Catherine II, Alexandre II - comptent parmi les plus hautes figures de l’histoire universelle, a permis à la Russie de devenir une très grande puissance européenne puis mondiale. Pourtant, le sang n’a cessé de couler au pied du trône. De là, trois questions, l’histoire russe a-t-elle créé les conditions de cette violence ininterrompue ? Le destin tragique de cette dynastie était-il écrit dans son passé : invasions, cultures, religions diverses qui se mêlaient sur la terre russe ? Ce rapport inédit du pouvoir légitime et de la violence conduisait-il inéluctablement à la tragédie finale et au système totalitaire dont la capacité de durer et la violence furent non moins exceptionnelles ?
Moshe Lewin a vécu en Russie jusqu'aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale avant de devenir professeur à l'université de Philadelphie. Fondées sur un réalisme familier, ses analyses ont d'emblée tranché avec celles qui décrivaient une société entièrement corsetée par le pouvoir totalitaire. Puisant aux meilleures archives, l'ouvrage de Lewin permet de comprendre les évolutions en profondeur derrière la brusquerie des événements.
Les effets de la guerre civile, l'industrialisation, l'économie collective et planifiée - traumatisme majeur -, les luttes internes de l'appareil communiste, la répression de masse, les tournants idéologiques de 1917 à 1940 sont mis ici en perspective à la lumière des transformations sociales, et surtout de l'évolution de la population rurale.
Une histoire globale vue des océans
Pourquoi l'Angleterre a-t-elle réussi à bâtir une immense empire colonial et maritime, et non la Chine ? Comment Athènes, Rome, et Venise ont-elles successivement pris le contrôle de la Méditerranée et pourquoi Byzance n'y est-elle pas parvenue ? Pourquoi des empires maritimes naissants, comme ceux des Vikings ou des Hollandais, n'ont-ils jamais su pérenniser leur domination ? La réponse est dans cet atlas. L'auteur y raconte comment, siècle après siècle, la capacité de produire une flotte surclassant les autres et de monopoliser les échanges commerciaux a toujours été le fondement des grands imperium maritimes. Des Phéniciens aux colons britanniques, de Carthage à Zanzibar, de Philippe II d'Espagne à Napoléon, de la bataille de Lépante à celle de Midway, et jusqu'à l'hyperpuissance navale américaine, la vie et la mort des empires maritimes se déploient ici dans une fresque magistrale.
Cartes et illustrations historiques à l'appui, le lecteur découvrira dans ces pages les secrets de la puissance maritime à travers les âges et ceux des grands aventuriers, marins et découvreurs qui l'ont incarnée.
L'empire, fruit de la volonté de puissance et de la conquête, porte en lui le gouvernement par la force, la contrainte des peuples, la soumission, voire la terreur. De ces constructions nées de la démesure, la destinée annoncée est l'effondrement.
Comment meurent les empires ? Qu'est-ce qui est déterminant dans leur effondrement ? La défaite militaire, les guerres incessantes, la mort du fondateur ou la révolte des nations ?
D'Alexandre aux Habsbourgs, un parcours original à travers l'histoire universelle.
La première histoire globale des juifs, des origines à nos jours.
Voici un peuple dont le passé et le présent se confondent avec ceux de l'humanité tout entière, enjambant les siècles, les continents et les civilisations, depuis l'Egypte des pharaons jusqu'à la Russie soviétique, en passant par le monde gréco-romain, l'Europe chrétienne, l'Orient musulman, les Grandes Découvertes, la Révolution française, la Première Guerre mondiale, la Shoah et la naissance de l'Etat d'Israël.
Précis et rigoureux, Michel Abitbol retrace cette longue aventure où s'entremêlent événements tragiques et développements heureux, courants religieux, littéraires et politiques, animés par de grandes figures qui ont marqué leur temps. L'auteur nous donne ainsi de précieuses clés pour mieux appréhender l'histoire bien souvent méconnue de ce «peuple-monde».
Alexandre VI, pape retors et corrompu ; sa fille Lucrèce, beauté prisonnière de ses passions ; son fils César, vil fratricide. La famille Borgia a, dès le pontificat d'Alexandre (1492-1503), été l'objet des plus noirs propos. Or, nous disposons sur ces années troublées d'une source impartiale ; le Journal de Johannes Burckard (v. 1450-1506), maître des cérémonies au Vatican de 1483 à sa mort. Côtoyant le pape Borgia dans son intimité, il a noté scrupuleusement les entorses au protocole, les fastes et les frasques d'une famille parvenue au sommet du pouvoir temporel et spirituel. Au jour le jour apparaissent les cadavres repêchés dans le Tibre, les négligences des cardinaux, les messes troublées par les courtisanes, les masques obscènes du Carnaval romain, les combats de taureaux sur la place Saint-Pierre, et jusqu'au banquet des cinquante courtisanes, donné au Vatican en présence du pontife.
Ivan Cloulas et Vito Castiglione Minischetti ont choisi et commenté les passages les plus significatifs de ce texte, livrant une passionnante chronique. Le lecteur y découvrira les sources d'une légende noire : les travers et l'intelligence d'Alexandre VI, étrange chef spirituel, à la fois souverain temporel et père de famille ; les malheurs conjugaux de Lucrèce, l'« enfant gâtée » à la somptueuse beauté ; le triste sort de Juan, duc de Gandie, assassiné et jeté dans le fleuve ; la brutalité et le génie de César, le Prince de Machiavel.