Au cours des cent cinquante dernières années, des centaines de milliers de Flamands sont partis pour la Wallonie. Des agriculteurs, des mineurs et des ouvriers. En célibataires ou en famille. Certains revenaient chaque fin de semaine, d'autres ne séjournaient en Wallonie que pour la saison des récoltes. Mais beaucoup s'y sont établis définitivement.
Dans Migrants flamands en Wallonie, des historiens se penchent sur ce phénomène. Ils déchiffrent les mouvements migratoires et analysent les processus d'établissement. Ils étudient le rôle mobilisateur de l'Église et du mouvement flamand, ou encore, envisagent l'immigration flamande en Wallonie dans un contexte plus large.
Outre des analyses scientifiques, cet ouvrage contient du matériel photographique inédit. Des entretiens avec des immigrés flamands et leurs descendants, menés par Guido Fonteyn, complètent l'ensemble en nous offrant un éclairage différent sur l'immigration flamande en Wallonie.
Né au temps des guerres de Religion, mort à la veille de «la prise du pouvoir» par Louis XIV, Abel Servien (1593-1659) n'est guère présent dans la galerie des serviteurs de l'État royal, face à Richelieu et à Mazarin.
Mais c'est précisément parce qu'il est un homme de second rang qu'il nous offre un observatoire privilégié pour étudier et comprendre la monarchie d'Ancien Régime. Tout au long de sa carrière politique, ce magistrat dévoué à la cause royale a en effet exercé les plus hautes responsabilités : représentant la France au Congrès de Westphalie destiné à mettre fin à la guerre de Trente Ans, c'est lui qui négocie sous la conduite de Mazarin et appose sa signature au bas des traités en 1648. Pendant la Fronde (1648-1653), il est l'un des trois ministres qui gouvernent avec la régente Anne d'Autriche en l'absence du cardinal. Enfin, en récompense d'une fidélité à toute épreuve, il termine sa carrière au poste stratégique de surintendant des finances, aux côtés de Nicolas Fouquet. Remarquable parcours pour un provincial issu d'un lignage d'officiers dauphinois !
Est-ce parce qu'il est mort trop tôt pour avoir été l'objet des poursuites menées par Colbert contre Fouquet qu'il est aujourd'hui tombé dans l'oubli ? Seules les immenses terrasse et orangerie de son château de Meudon, racheté aux Guise et transformé, rappellent le faste des fêtes données par le surintendant et témoignent encore d'une magnificence disparue.
Depuis l’Histoire de la Wallonie parue en 1973 sous la plume de Léopold Genicot, il n’y a pas encore eu d’ouvrage spécifique consacré à l’histoire culturelle de la région. Or la culture est un ciment essentiel entre les Wallons, et sans doute est-il bon d’en faire état au moment où les hommes politiques réfléchissent à son avenir institutionnel. J’insiste cependant sur le fait que la publication n’est pas un manifeste elle est oeuvre de scientifiques qui, même s’ils témoignent d’une certaine empathie pour le sujet, ne versent jamais dans la revendication politique. Dresser le portrait culturel de la Wallonie fut la seule ambition des 32 collaborateurs recrutés dans l’ensemble des universités et institutions muséales francophones. L’université de Liège est particulièrement bien représentée dans l’index des auteurs… mais il est vrai qu’elle compte dans ses rangs d’éminents spécialistes en la matière. Je me réjouis du résultat d’autant que le fonds Mercator – partenaire extrêmement précieux dans cette aventure – a décidé de faire paraître également le livre en néerlandais et en anglais. Pour la Région wallonne qui finance une partie du projet, cette publication est un motif de fierté car elle témoigne d’un (très) riche patrimoine. C’est un bel espoir pour l’avenir.
(Présentation de l'auteur)
Quelques années après les événements de Mai 1968, où le doute s'était emparé des esprits - crise universitaire, crise sociale, crise des valeurs -, Jacqueline de Romilly a tenu à nous dire, dans un texte bref et plein de fougue, ce que la crise lui avait au contraire révélé, sa foi dans l'homme, son esprit, sa liberté, son goût de la vérité et du bien, bref, ses convictions.
Resté inédit jusqu'à aujourd'hui, ce livre permettra à ses lecteurs fidèles de retrouver sa personnalité chaleureuse et résolue.
Les quatre chapitres de cet essai évoquent successivement l'émerveillement grec devant la lumière, le bonheur qu'assure la solidarité entre les citoyens, les joies et les bienfaits de la littérature, et la nécessité de la transmission du passé pour enrichir la modernité.
Loin de toute polémique, ce livre est un appel à une nouvelle forme d'humanisme, conjuguant rationalisme et affectivité sereine, nourri des acquis du passé, où chacun se sente acteur de sa propre histoire comme de l'aventure collective à laquelle il participe - en somme un appel au sursaut !
Juanita Castro, la seule des soeurs de Fidel à s'être opposée au régime castriste, a gardé ses mémoires secrètes durant plus de dix ans.
Juanita grandit entre ses deux frères, Fidel l'autoritaire et Raúl le tendre, et assiste à leur ascension : l'élan révolutionnaire contre la dictature de Batista, le ralliement du Che, puis le régime de son frère qui se transforme en une nouvelle dictature. La soeur du Lider Máximo devient alors son ennemie intime et va jusqu'à collaborer avec la CIA.
Pour combattre le tyran, Juanita a perdu son pays et sa famille. Depuis 1963, elle vit en exil.
Que s'est-il vraiment passé la nuit de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572 ? Pourquoi, brusquement, des milliers de protestants ont-ils été mis à mort dans Paris ? Au fil d'une enquête exemplaire, Denis Crouzet observe minutieusement la reine Catherine de Médicis. Il fait ressurgir, à l'occasion du mariage de sa fille Marguerite et du prince protestant Henri de Navarre, son idéal de tolérance et ses stratégies de conciliation des factions qui, depuis 1562, entraînent le royaume de France dans des guerres civiles atroces. Il montre comment, à l'occasion de l'attentat dont est victime au sortir du Louvre l'amiral Coligny, son rêve de paix se brise tragiquement le 22 août 1572 sur une radicalisation des catholiques et des protestants. La concorde humaniste ne peut résister à une effrayante montée des tensions religieuses qui, sans doute dans la pensée d'éviter une nouvelle guerre civile, contraignent la monarchie à procéder à une exécution préventive des chefs du protestantisme militaire. Mais c'était sans compter sur l'exaltation qui porte immédiatement les catholiques parisiens au massacre de tous ceux qui, à leurs yeux, rompent l'union du royaume avec Dieu. Au-delà de cet enchaînement événementiel, La nuit de la Saint-Barthélemy dévoile la façon tragique dont les femmes et les hommes en viennent parfois à défaire, dans le sang, le lien fragile qui autorise la vie en société.
Souvent considéré comme «le plus grand président américain du XXe siècle», Franklin Delano Roosevelt (1882-1945) demeure un modèle pour ses successeurs et une référence en temps de crise ou de conflit international.
Quand il entre à la Maison-Blanche en 1933, une Amérique en plein désarroi vit les heures les plus sombres de la Grande Dépression. Douze ans plus tard, c'est en commandant en chef des forces armées d'un pays rassemblé et victorieux qu'il prête serment pour la quatrième fois.
Alors que les États-Unis deviennent la première puissance mondiale, sa capacité à susciter l'adhésion de ses compatriotes et son sens du «moment politique» lui assurent une série sans précédent de victoires électorales. Il est l'artisan de réformes durables : protection sociale, régulation de l'activité financière, modernisation de la présidence et redéfinition du rôle de l'État fédéral - son héritage est considérable. Président de crise puis président de guerre, il parvient à convaincre les Américains, isolationnistes jusqu'à Pearl Harbor, d'assumer leurs responsabilités internationales.
Mais «le sphinx de la Maison Blanche» reste une énigme : patricien traité de populiste ; homme du mouvement paralysé dans sa chaise roulante ; communicateur inventif ayant le goût du secret, voire de la manipulation ; promoteur d'un New Deal dont on se demande encore s'il a vraiment mis fin à la crise ; leader du monde libre contre l'Allemagne nazie mais accusé de complaisance envers Staline à Yalta - paradoxes et controverses ne manquent pas.
Nombreux, actifs, prêts à aider enfants et petits-enfants, telle est l'image des «nouveaux grands-parents». Mais les générations précédentes ne profitaient-elles pas déjà de la présence des aïeuls ? Etaient-ils des anciens dépendants ou de solennels patriarches ?
Retraçant la longue histoire des grands-parents en France, Vincent Gourdon montre que l'apparition des grands-parents «gâteau» remonte aux Lumières et que la bourgeoisie du XIXe siècle valorisera plus encore la grand-parentalité. Sensible aux détails du quotidien comme aux enjeux idéologiques, l'auteur reconstitue la généalogie complexe d'une histoire méconnue.
Octobre 2011 : le groupe bancaire franco-belge Dexia est démantelé après quinze ans d'existence. Un dénouvement inévitable au vu de son bilan dramatique : si la banque était réellement tombée en faillite, elle aurait entraîné dans sa chute une bonne partie du système financier mondial. Un an après le sauvetage du groupe, l'importance des garanties consenties par les Etats pèse encore lourdement sur la France et la Belgique.
Pourquoi un tel désastre ? Comment une banque classique a-t-elle pu se transformer en véritable fonds spéculatif ? Comment des crédits toxiques ont-ils pu ruiner certaines municipalités ? Pourquoi les gendarmes bancaires ont-ils été impuissants ?
Tout en retraçant l'ahurissante saga Dexia, l'auteur montre en quoi celle-ci est un condensé des maux accumulés ces dernières années dans le système financier : produits dérivés, investissements catastrophiques, croissance débridée, régulation défaillante...
Au-delà du cas particulier, cette autopsie d'un monstre bancaire permet de mieux comprendre pourquoi le système financier est encore boiteux aujourd'hui. Et pourquoi l'Europe financière et politique à tant de mal à se faire.
En un tableau saisissant, Jacob Burckhardt (1818-1897) décrit dans La Civilisation de la Renaissance en Italie la plus grande révolution culturelle de l'Occident moderne. Son essai - répondant à La Renaissance de Michelet - compte parmi les chefs d'oeuvre historiques du XIXe siècle. Burckhardt a profondément influencé notre manière de percevoir la Renaissance en insistant sur l'émergence de nouvelles formes politiques autour de la Cité et sur l'affirmation de l'individu au centre de la société. À travers la description des fêtes et des machines de guerre, l'analyse des principes de l'éducation, des sciences, de la religion, il recrée ce monde des républiques italiennes du Quattrocento, où la politique et l'administration étaient considérées comme des arts.
Dans sa préface, Robert Kopp retrace la genèse et la fortune de ce livre célèbre et rappelle l'étonnante modernité de Burckhardt, professeur à l'Université de Bâle et ami de Nietzsche. Il montre notamment que Burckhardt est à l'origine de l'histoire culturelle, croisant avec bonheur différentes disciplines.