Avec ce roman planétaire et foisonnant qui débute par l'Exposition universelle de Chicago, en 1893, pour s'achever au lendemain de la Première Guerre mondiale, à Paris, Pynchon réussit son oeuvre la plus ambitieuse et la plus émouvante. S'attachant à dépeindre aussi bien les luttes anarchistes dans l'Ouest américain que la Venise du tournant du siècle, les enjeux ferroviaires d'une Europe sur le point de basculer dans un conflit généralisé, les mystères de l'Orient mythique ou les frasques de la révolution mexicaine, l'auteur déploie une galerie de personnages de roman-feuilleton en perpétuelle expansion - jeunes aéronautes, espions fourbes, savants fous, prestidigitateur, amateurs de drogues, etc. -, tous embringués dans des mésaventures dignes des Marx brothers.
Au coeur du livre, la famille Traverse: Webb, mineur et as de la dynamite, exécuté sur ordre du ploutocrate Scarsdale Vibe, ses enfants, tous hantés par la mort de leur père, certains bien décidés à le venger, d'autres déjà avalés par les contradictions du siècle naissant. Et gravitant autour d'eux, tels des astres égarés, quelques figures hautes en couleur, qui toutes ont un compte à régler avec le pouvoir. Veillant sur ce 'petit monde', quelque part dans les airs: les Casse-Cou, bande de joyeux aéronautes qui, avec le lecteur, suivent non sans inquiétude la lente montée des périls.
Empruntant avec jubilation à tous les genres - fantastique, espionnage, aventure, western, gaudriole -, rythmé par des incursions dans des temps et des mondes parallèles, écrit dans une langue tour à tour drolatique et poignante, savante et gourmande, Contre-jour s'impose comme une épopée toute tendue vers la grâce.
Tout avait pourtant débuté comme un conte de fées moderne: un grand reporter de guerre rencontre à Kaboul une journaliste américaine et commence à écrire un best-seller. De retour à Londres, après un dîner en ville où il a donné une définition très personnelle de la guerre, il a démissionné de son journal, est parti pour New York en première classe, sans bagages, en veste de lin noir, signer son contrat d'édition puis rechercher l'insaisissable Astrid, et il s'est retrouvé sur les territoires les plus sombres de l'imagination.
La descente a vraiment commencé lorsqu'il a appris que la grande maison d'édition avait été rachetée, que son contrat ne serait jamais signé, qu'Astrid habitait à la campagne, à l'autre bout du pays, et que la neige s'est mise à tomber sur sa vie brûlée et son compte en banque à sec.
James Meek écrit un roman de folie et de poursuite de l'espoir et de l'amour au milieu des convulsions politiques internationales.
'Meek est un observatuer doté d'un réel talent de narrateur. Il n'a pas son pareil pour écrire un roman à la croisée du thriller, de la littérature, du mythe et du journalisme documentaire, si captivant qu'on le dévore en quelques heures.' The London Review of Book
'Cette magnifique histoire est prête à être filmée !' The Times
Si, derrière la fusillade fantasque de la presse, l'auteur sentait qu'il existe une autre sorte de critique, l'opinion de gens qui lisent par amour de la lecture, lentement et pour le plaisir, et font preuve dans leur jugement d'une grande compréhension mais aussi d'une grande sévérité, cela ne pourrait-il pas améliorer la qualité de son travail ? Et si grâce à nous les livres pouvaient devenir plus forts, plus riches et plus variés, cela vaudrait le coup d'atteindre pareil but.
'A work of startling originality and distinction, narrated with an irresistible, manic energy.' Observer
Things have never been easy for Oscar. A ghetto nerd living with his Dominican family in New Jersey, he's sweet but disastrously overweight. He dreams of becoming the next J. R. R. Tolkien but keeps falling hopelessly in love. Meanwhile his punk sister Lola wants to run away, and his enduring mother Belin can't seem to let either of them go.
This warm, completely original and hugely acclaimed first novel tells the wondrous story of Oscar and his family, and their attempts to find love and belonging in America.
'Celebratory and heartbreaking... and filled with something many novels lack: an enormous amount of love, and heart.' Time Out
'Remarkable'. F. T.
Bienvenue à Bonbon Palace! Elif Shafak nous ouvre grand les portes de cet immeuble d'Istanbul, jadis bâti par un riche Russe pour son épouse dont le regard vide ne s'allumait plus qu'à la vue de friandises... Si l'édifice a gardé une élégance surannée, il est aujourd'hui infesté par la vermine et les ordures, au grand dam de ses habitants. Les coups de sang ne sont pas rares à Bonbon Palace! Appartement après appartement, nous sommes invités à rencontrer les membres aussi excentriques qu'attachants de cette petite communauté d'un quartier populaire : le religieux gérant Hadji Hadji; la desperate housewife Nadja; la cafardeuse Maîtresse bleue, Meryem, mère de famille portant la culotte; Hygiène Tijen, qui n'a pas volé son surnom; les jumeaux coiffeurs Djemal et Djelal, au centre de tous les commérages; notre narrateur, philosophe dépassé par les femmes...
Géniale conteuse, Elif Shafak nous fait découvrir dans ce roman choral pimenté les petits secrets, les menus drames et les grandes espérances de chacun. Ses personnages hauts en couleur composent une véritable mosaïque de la société turque actuelle, reflétant ses aspirations, ses tensions et ses contradictions.
Dans les années 1930, un couple de Japonais s'installe à Batavia et occupe une modeste maison dont il partage le jardin avec deux autochtones, Eurasiennes désoeuvrées et cancanières. Dans ce jardin, une plante immense aux bras tendus vers le ciel semble déplaire à la jeune femme : raide et agressive, cet aloès lui fait regretter l'élégance des pivoines odorantes de son pays natal.
Derrière la haie, les voisines épient Mme Yamada à longueur de journée, interprètent les mystères de son comportement. Mais lorsqu'elle sera en danger tout près de l'aloès, les deux commères assisteront sans comprendre à un drame qui les dépasse...
Ecrites depuis 1948, les sept nouvelles rassemblées ici par l'auteur illustrent parfaitement la thématique de l'ensemble de son oeuvre.
Elles abordent ainsi le thème du secret, ou de l'empathie avec un passé dont la présence peut être étrangement ressentie, et parfois envahir notre imaginaire.
Raffinement, solidité de l'écriture : marque indélébile d'un auteur qui montre à travers le temps une remarquable permanence ; finesse psychologique et puissance imaginative qui ne se contente pas d'investir le passé mais s'aventure souvent aux franges de l'étrange. Ce petit livre complète avec bonheur la découverte de l'oeuvre de la grande romancière néerlandaise.
«...Ainsi je me retrouvais seule tout à coup, livrée à ma propre décision. Je me sentis brusquement pâlir et je regardai, incertaine, de tous les côtés, comme si je cherchais quelque chose à quoi me raccrocher. Le concierge, à qui je m'adressai, me reconnut et me demanda ce que je souhaitais - et je voulus lui répondre, mais alors seulement je remarquai que je tremblais de tout mon corps : Ma voix était enrouée, artificielle, lorsque je demandais la chambre d'Ena.» (Voir une femme)
«Nous sommes dans le hall d'un luxueux hôtel de Saint-Moritz... La narratrice parle de son désir et de son attente comme d'un incendie sur la neige. ... Ena Berstein, la femme aimée, est une déesse inaccessible, dont la vision lointaine sèche la bouche et détruit le coeur...
A lire cette nouvelle (écrite à l'âge de 21 ans) chacun comprendra pourquoi celle qui l'écrivit n'aurait pu vivre longtemps...» (Etienne Barilier, extraits de sa préface)
Dans sa postface, Alexis Schwarzenbach nous raconte comment il a retrouvé le manuscrit aux archives de Berne ; un vrai travail d'archéologue pour reconstituer un texte oublié et jamais répertorié. «Voir une femme remplit aussi, du point de vue de son contenu, un espace que l'on croyait vide. Annemarie Schwarzenbach avait écrit à un proche, à 20 ans, qu'elle ne pouvait 'aimer que des femmes avec une passion véritable'... Or, avec la découverte de Voir une femme, il apparaît clair qu'Annemarie Schwarzenbach, à 21 ans déjà, avait écrit un texte de 'coming out' soigneusement et sauvagement construit, où rien n'était dissimulé.»
Dans ce roman lumineux, Nuala O'Faolain met en scène une femme généreuse, tourmentée et attachante, qui fait siennes toutes les interrogations de l'écrivain. Best love Rosie est un grand livre sur l'âge, la solitude, l'exil, le sentiment maternel et les chimères de l'amour.
Après avoir vécu et travaillé dans le monde entier, Rosie décide de rentrer à Dublin pour s'occuper de Min, la vieille tante qui l'a élevée. Rien n'a changé dans le quartier populaire où elle a grandi, et la cohabitation avec Min, dépressive et alcoolique, n'a rien d'exaltant. En feuilletant pour sa tante des ouvrages de développement personnel, l'idée vient à Rosie de s'occuper utilement en rédigeant un manuel pour les plus de cinquante ans. Sa seule relation dans l'édition vivant aux États-Unis, elle se frottera, non sans heurts, au marché américain...
Le roman s'emballe quand Rosie voit débarquer à New York la tante Min, qu'elle avait laissée, le temps d'un aller-retour, dans une maison de repos. La vieille dame est galvanisée par sa découverte de l'Amérique : elle se fait des amies, trouve un travail, et pour rien au monde ne voudrait renouer avec son ancienne vie. Encore moins pour reprendre possession de la maison de son enfance, que l'armée veut lui restituer. Rosie, elle, tombe amoureuse de ce lieu magique de la côte irlandaise, et va, dans une osmose avec la nature enchanteresse et les animaux qu'elle adopte, s'y laisser pousser des racines.
La lucidité de Nuala O'Faolain, sa tendresse pour ses personnages, font merveille une fois de plus dans ce livre, où l'on suit avec jubilation souvent, le coeur serré parfois, les tribulations de ces deux femmes que lie toute la complexité d'un amour maternel qui ne dit pas son nom.
Le jour où le balcon de sa maison s'écroule et manque de le tuer, Michael décide qu'il est temps de changer d'air. Sa femme Rebecca, une trentenaire névrosée et dépressive, est soulagée de le voir partir une semaine avec leur fils de trois ans pour Egypt Farm. Michael va y retrouver les Hanbury, figures mythiques de sa jeunesse.
Mais les fêtes d'hier sont terminées, et l'excentricité bohème de la famille Hanbury a tourné au cauchemar. Autour de Paul, le patriarche malade, de sa nouvelle femme, Vivian, et de son fils, Adam, tout n'est plus que déception, échec et renoncement. Egypt Farm est le roman des illusions perdues. Rachel Cusk y fait déjà preuve d'un sens inné de la comédie humaine, avant Arlington Park, qui confirmera ses talents d'observatrice et son humour ravageur.
Capturant toujours le moment crucial où les choses prennent sens, ces nouvelles sont extraites des cinq derniers recueils de l'auteur et sont très représentatives de l'ensemble de son oeuvre. Certaines, très courtes, sont aussi épurées que des poèmes en prose. Elles racontent toutes la vie de Palestiniens ordinaires, de Jérusalem et de ses environs, qui affrontent aussi bien l'occupation israélienne que les lourdes pesanteurs sociales et culturelles avec cet esprit de dérision qui est l'une des principales caractéristiques de la littérature palestinienne.
L'auteur convoque souvent des figures célèbres, telles que Brigitte Bardot, Condoleezza Rice, la chanteuse Shakira ou le footballeur Ronaldo, qui deviennent à leur insu, à travers une photo accrochée au mur, une information à la radio ou un fantasme, les protagonistes d'histoires familiales qui se passent dans une ambiance populaire typique. Mais s'ils sont obnubilés par ces symboles de la nouvelle culture mondialisée, les personnages de Mahmoud Shukair n'aspirent qu'à vivre normalement. Ils veulent échapper au statut de victime dans lequel on les enferme et ne se prennent pas pour des héros. Exactement comme d'autres gens qui leur ressemblent, et qui vivent sous d'autres cieux.