Dans ce bouleversant monologue, Pino Cacucci donne la parole à Frida Kahlo. Quelques jours avant sa mort, elle revit sans complaisance ses tourments, sa solitude, ses moments de désespoir surmontés à force de volonté. Elle évoque ses relations orageuses avec le peintre muraliste Diego Rivera, l'homme de sa vie, et explique sa passion pour « son » Mexique. Elle revient également sur ses idéaux politiques, son amitié avec Léon Trotski et ses innombrables liaisons.
Une vie débordante d'excès, débordante de couleurs comme sa peinture qu'elle a commencée alors qu'elle était clouée au lit. Une vie de rebelle qui, bien que née en 1907, aimait à dire qu'elle était née en 1910, avec la Révolution mexicaine.
« Se mettant dans la tête de Frida Kahlo, Cacucci dévoile les pensées les plus intimes de la grande peintre mexicaine, dans une langue particulièrement lyrique et envoûtante. » (Stefano Tassinari, Liberazione)
« Qui mieux que Pino Cacucci, fin connaisseur du Mexique, pouvait décider de faire parler Frida Kahlo ? Ce texte dense, qui a emprunté son titre à celui d'un tableau de la peintre, est le récit à la première personne d'une femme emprisonnée en elle-même, et pourtant férocement attachée à la vie. » (Grazia Italie)
« Cherche esprit féminin détaché du monde. Capable d'exercer fonction de bibliothécaire pour un gentleman et ses livres. Pouvant cohabiter avec chiens et enfants. De préférence sans expérience professionnelle. Titulaires de diplômes d'enseignement supérieur s'abstenir. »
Mademoiselle Prim ne répondait qu'en partie à ce profil : bardée de diplômes et sans aucune expérience des enfants et des chiens. Elle est engagée et, après quelques heurts avec son employeur, un homme aussi intelligent et cultivé que peu délicat, elle découvre le style de vie et les secrets des habitants de Saint-lrénée d'Amois. Mademoiselle Prim tombe très vite sous le charme de ce village hors normes où les voisins s'adonnent à leur passion et où l'intérêt de la communauté prédomine. Pour eux le temps n'a pas d'importance et la littérature ne sert qu'à s'épanouir.
L'Éveil de Mademoiselle Prim nous invite à un voyage inoubliable à la recherche d'un paradis perdu révélant toute la splendeur des choses simples de la vie.
« Pour faire face aux périodes noires, un récit délicieux sur l'amour, l'amitié et la beauté des choses simples. » Benito Garrido, Culturamas
« Un roman extraordinaire, » Johanna Castillo
« L'Éveil de Mademoiselle Prim révèle un optimisme rare. » El País
Alors que la grève installée à Wakonda étrangle cette petite ville forestière de l'oregon, un clan de bucherons, les stamper, brave l'autorité du syndicat, la vindicte populaire et la violence d'une nature à la beauté sans limite.
Menés par Henry, le patriarche incontrolable, et son fils, l'indestructible Hank, les Stamper serrent les rangs... Mais c'était compter sans le retour, après des années d'absence, de Lee, le cadet introverti, intellectuel toujours plongé dans ses livres, dont le seul dessein est d'assouvir sa vengeance.
Au-delà des rivalités et des amitiés, de la haine et de l'amour, Ken Kesey (1935-2001), auteur légendaire de Vol au-dessus d'un nid de coucou, bâtit un roman époustouflant qui nous entraíne aux fondements des relations humaines. C'est Faulkner. C'est Dos Passos. C'est Truman Capote et Tom Wolfe. C'est un chef-d'oeuvre.
C'est en Australie, lors du Festival d'Adélaïde de 2008, que Paul Auster et J. M. Coetzee, qui jusqu'alors ne se fréquentaient que par livres interposés, font enfin connaissance et sympathisent, au point de décider d'entretenir cette amitié nouvelle par une correspondance régulière.
Coetzee utilise l'e-mail, Auster est adepte du fax. Malgré cette « fracture technologique », l'échange, nourri, se poursuivra durant trois années entre deux écrivains et citoyens soucieux de confronter leurs vues sur des questions qui tiennent à l'éthique, à la politique, à la philosophie de l'existence et, naturellement, à la conception et à la pratique de la littérature. Au fil de cette conversation épistolaire entre deux observateurs avisés du monde contemporain, qui mêlent sans prévention anecdotes et préoccupations d'ordre intellectuel et esthétique, se construit une relation profonde et toujours plus fraternelle.
Tu m'y as peut-être vu ? Un mortel sur l'une de tes côtes, un homme qui danse dans ton oeuvre d'art en essayant de ne pas tomber, qui se penche, libère un galet de l'emprise de ses voisins, l'emporte chez lui pour méditer sur toi, sur toi et sur le destin des dieux et des hommes, et qui, dans le silence de sa maison, soulève encore une fois cette pierre, comme si, avec cette fraîcheur pétrifiée, il tenait le temps lui-même entre ses mains.
Alors que Cees Nooteboom trouve un peu de repos le temps d'un déjeuner dans une ville allemande, Poséidon, le dieu de la mer, semble soudain lui faire un signe. D'autres que lui n'auraient nullement remarqué cet effleurement du hasard, mais pour l'auteur de L'Histoire suivante la voie d'un livre à venir s'ouvre indéniablement.
Ainsi s'est imposé ce recueil : alternance de réflexions, de méditations et de lettres adressées à Poséidon. Des récits de quelques pages qui cheminent sur le fil poétique de l'art, de la philosophie ou tout simplement de la contemplation pour finalement faire écho, entre harmonie et questionnement, à ces lettres étranges et puissantes qui révèlent l'espace des Dieux aujourd'hui invisible au coeur des hommes.
David Fischer ne se doute pas que sa conversation téléphonique avec sa femme, alors qu'il est en voyage d'affaires à Londres, sera le premier signe annonciateur de trois jours qui mettront à mal bon nombre de ses certitudes. Car tout va bien dans la vie de cet avocat danois, et le dîner avec Nabeel, le petit ami pakistanais de sa fille Zoë, qu'Emma lui annonce, ne lui pose aucun problème. Mais le lendemain matin, une fois rentre à Copenhague, il trouve une croix gammée taguée sur sa boîte aux lettres. Il décide de la remplacer et de n'en parler a personne, mais il est troublé.
Sa femme Emma est anglaise. Mariée avec David depuis vingt-cinq ans, elle l'a suivi dans cette banlieue cossue de Copenhague pour se consacrer à l'éducation de leur fille Zoë mais aussi à la peinture, sans toutefois tenter une carrière. Le soir du dîner, quand elle prend l'initiative de parler des origines juives de David à Nabeel, le malaise dans cette famille en apparence sans histoire s'accroît tout d'un coup. Puis arrive le premier vernissage de Zoë, étudiante aux beaux-arts, où l'installation vidéo provocante qu'elle a conçue avec Nabeel risque bien de mettre le feu aux poudres...
Dans une narration serrée à l'intrigue ramassée, Jens Christian Grøndahl évoque avec une grande justesse ces moments où nos identités se fissurent et où lous nos repères semblent se recomposer. Les complémentaires est sans doule son roman le plus contemporain - les questions d'appartenance, d'immigration et de multiculturalisme y sont clairement abordées - mais aussi le plus émouvant.
Adieu, mon livre ! Tout comme les yeux de celui qui doit mourir, les yeux qui ont créé doivent aussi se fermer (T.S. Eliot).
Retiré dans sa résidence, un romancier vieillissant affronte avec un ami d'enfance sa propre disparition face à la destruction possible d'un monde auquel il appartient. Chôkô Kogito entreprend ainsi l'écriture d'un nouveau roman «à l'intérieur même de ma vie». Dans cette maison propice à l'échange de vues et à la méditation, le romancier et ses invités parlent des ans qui s'accumulent, commentent ces compagnons de vie que sont Mishima et le poète T.S. Eliot, convoquent Céline, Beckett et Dostoïevski dans des digressions au cours desquelles s'échafaudent des théories romanesques aussi bien que politiques.
«Je veux seulement tenter de réfléchir à la façon dont, en tant qu'écrivain, il m'est possible de vivre la fin de ma longue vie alors que je me trouve confronté à une grande catastrophe» (entretien avec Philippe Forest, La nrf - Du Japon). Ainsi s'écrit devant nous un roman surgi de l'inquiétude, de la possibilité de vivre poétiquement dans cette «Terre vaine» que prophétise le poète, sans cesse menacée, et dont la catastrophe de Fukushima est, pour l'écrivain, un signe prémonitoire.
La liaison amoureuse que retrace ce livre est une des plus longues de Paul Celan et une des plus clandestines. Peu de lettres échangées, des dédicaces se réduisant à une étoile discrète : cryptogramme que Celan, en cas d'absence de l'amante, trace à la craie sur l'ardoise fixée près de la porte de sa chambre pour noter son passage.
Quand Celan fait la connaissance de Brigitta, soeur cadette de l'écrivain autrichien Herbert Eisenreich, celle-ci a fui son pays natal et son milieu catholique pour aller faire des études à Paris, où elle est jeune fille au pair. Celan a 33 ans, elle en a 25. Leur relation, nouée peu de temps après le mariage de Celan avec Gisèle de Lestrange, en décembre 1952, durera près d'une décennie.
Pour évoquer sa «liaison clandestine», Brigitta Eisenreich écrit : «Vu l'attention et la valeur que Celan accordait aux dates d'anniversaires des siens, il paraît clair que j'occupais une place à part dans sa vie. Notre lien échappait au rituel des dates et à bien des contraintes. C'est dans ce lien à la fois clandestin et affranchi que tenait toute la richesse que nous pouvions partager ensemble.»
Parfois, Brigitta attrape les pensées de Celan au vol et les consigne dans un petit carnet. À la recherche de ses souvenirs les plus intimes, elle multiplie les angles de vue sur l'oeuvre de Celan et sur ses mille et trois vies : comme si le poète, dans l'ombre du génocide des Juifs d'Europe, se devait de répéter compulsivement l'acte de vie pour maintenir le poème vivant - la mémoire.
En 1928, Max, gigolo, chasseur de femmes fortunées, fait route vers Buenos Aires à bord du Cap Polonio où il travaille comme danseur mondain, quand il aperçoit une pièce de choix : Mecha Inzunza, épouse richissime d'un célèbre compositeur, qui danse merveilleusement le tango. La passion de Max est immédiate et à Buenos Aires, où il guide le couple dans les cabarets des faubourgs, il noue avec elle une liaison très dangereuse. Le hasard les réunira deux fois : en 1937 à Nice, où ont été volées des lettres compromettantes sur le financement du coup d'État de Franco, et en 1966, dans un grand hôtel de Sorrente, où le fils de Mecha dispute un tournoi d'échecs sous l'oeil vigilant du KGB chargé de veiller sur les carnets secrets de Sokolov, le champion soviétique.
Le tango, l'espionnage, le jeu relient les trois moments de ce roman d'amour et d'aventures, semé d'intrigues et de trahisons. Après avoir traversé un siècle flamboyant et tragique, Max et Mecha, tour à tour proie et chasseur, tireront lentement leur révérence dans la lumière crépusculaire d'une époque qui s'éteint.
«Sans Canetti, monde dépourvu de sens, avec Canetti, interminable supplice» : ces mots de Marie-Louise von Motesiczky dans une lettre à une amie résument à eux seuls la relation amoureuse qu'elle entretint avec le Prix Nobel de littérature. Une relation clandestine d'un demi-siècle, vécue dans l'ombre de son célèbre «amant sans adresse».
Marie-Louise von Motesiczky et Elias Canetti se rencontrent à Londres en 1941. Issue de l'aristocratie intellectuelle juive, peintre de premier plan, elle a dû fuir Vienne. Contraint au même sort, Elias Canetti, qui vient de publier Auto-da-fé, a quitté l'Autriche nazie aux côtés de sa femme Veza.
Cette correspondance inédite témoigne d'une relation cruelle et poignante, où les espoirs déçus de Marie-Louise rivalisent avec la soif de reconnaissance de Canetti. S'il ne cessera d'encourager son talent de peintre, l'écrivain ne mentionnera jamais l'existence de sa maîtresse, ni dans ses récits, ni dans ses mémoires. Marie-Louise von Motesiczky ne doutera quant à elle jamais du génie de celui qu'elle désigne avec une terrible lucidité dans son journal intime comme sa «catastrophe personnelle.»