Homme inclassable, Pier Paolo Pasolini a choisi la poésie comme voix première. Réunissant des poèmes inédits en français, cette anthologie se veut le reflet vibrant de son inspiration de jeunesse, toujours ample et touchée par la grâce. Sensualité des paysages frioulans et engagement politique s'entrelacent, chant de l'intime et poésie de l'engagement s'enchevêtrent. Habité par la révolte et par le sens du sacré, il lutte contre l'hypocrisie et donne à ses visions toute leur dimension mystique.
Depuis que j'ai été scié en pleine tournée de promotion d'un livre, pendant l'été 2010, j'ai adoré saisir toutes les chances de me rattraper et de tenir tous les engagements que je peux. Débats, lectures et signatures font partie pour moi de la respiration de la vie. Mais voici ce qui m'est arrivé il y a quelques semaines. Imaginez-moi assis à ma table et voyant approcher une femme d'aspect maternel.
Elle : « J'ai été désolée d'apprendre que vous avez été malade. Un cousin à moi aussi a eu un cancer.
Moi : Oh ! J'en suis vraiment désolé.
Elle (tandis que la queue s'allonge derrière) : Oui, du foie.
Moi : Ça n'est jamais bon.
Elle : Mais c'est passé, alors que les docteurs lui avaient dit que c'était incurable, puis c'est revenu, et bien pire qu'avant.
Moi : Oh, quelle horreur !
Elle : Et puis il est mort. Ça a été atroce. Atroce. Ça n'en finissait pas. Bien sûr, il était homosexuel, depuis toujours.
Moi (à court de mots et ne voulant pas être assez bête pour répéter son « bien sûr ») : ...
Elle : Toute sa famille proche l'a renié. Il est mort pratiquement seul.
Moi : Eh bien, je ne vois vraiment pas ce que je pourrais...
Elle : Je voulais juste vous dire que je sais exactement quelle épreuve vous traversez. »
Ce fut une rencontre étonnamment épuisante. Du coup, je me suis demandé s'il n'y aurait pas place pour un bref manuel de savoir-vivre en matière de cancer, destiné aussi bien aux malades qu'aux sympathisants.
Richard Bausch s'intéresse aux moments déterminants de l'existence : une trahison, la mort d'un proche, la fin de l'amour.
Avec assurance et subtilité, il décrit les tourments d'individus qui tentent d'échapper à leur destin, et les quitte souvent à l'orée d'une nouvelle étape.
Qu'il fasse irruption dans l'univers d'un couple de musiciens ou dans le quotidien d'une famille de Virginie subissant les combines d'un père en pleine banqueroute, Bausch démontre une puissance d'évocation irrésistible ainsi qu'une acuité hors du commun. Son oeuvre, plusieurs fois distinguée, s'inscrit dans la tradition des grands nouvellistes nord-américains tels que Raymond Carver, Richard Ford ou Alice Munro.
Jack Holmes et Will Wright débarquent à New York dans les années 1960. Collègues dans un journal culturel, ils deviennent bons amis. C'est même Jack qui présente Will à sa future femme. Mais c'est une amitié compliquée : Jack est amoureux de Will. Perturbé par ses désirs subversifs, Jack consulte un psychiatre et sort avec des femmes, tout en continuant à avoir des liaisons furtives avec des hommes.
Et pourtant, au fil des trente années que durera leur amitié, de la libération homosexuelle jusqu'à la catastrophe du sida, Jack demeurera toujours dévoué à Will. Et les deux hommes, à défaut d'en jouir ensemble, partageront un même goût pour le libertinage dans une ville en pleine libération elle aussi. Edmund White dessine avec délicatesse les contours de ses personnages. Effleurant les peaux, il déchiffre les coeurs et saisit les drames qui submergent les êtres en proie au désir. L'amitié, la sexualité, la sensibilité de ses personnages forgent un roman prenant, émouvant et plein d'esprit.
«Tu veux savoir la vérité ? La vérité est que tes ongles sont crasseux parce que tu gagnes ta vie comme ouvrière. La vérité est que je suis un soldat d'infanterie et que je vais sans doute laisser ma peau dans cette guerre. La vérité est que j'aurais préféré utiliser mon sauf-conduit pour me rendre dans une maison close. Voilà la vérité.
Seulement, ce n'était pas tout à fait la vérité. Parce qu'il était indéniable qu'il était venu à New York de son propre chef, mû par une impatience sincère, même. Il était venu chercher refuge au creux de ce nid douillet de 'mensonges', d'optimisme infondé, d'éternelle espérance qu'un destin d'exception les attendait, de certitude inébranlable que la brave Alice Prentice et son Bobby étaient uniques, importants, immortels. Il avait choisi d'être avec elle ce soir, il avait espéré qu'elle l'appellerait son 'grand et merveilleux soldat'. Quant à la maison close, dans le fond, il savait qu'il ne pouvait reprocher à sa mère sa propre lâcheté.»
1944, New York. Robert Prentice a dix-huit ans et s'apprête à rejoindre l'Europe pour servir son pays. Après une enfance dévorée par les extravagances de sa mère, aspirante sculptrice, il va pouvoir montrer à tous - et surtout à lui-même - qu'il n'est pas qu'un fils, le fils d'Alice Prentice, posant nu devant elle pour donner forme à ses délires d'artiste. Abreuvé d'idéalisme, nourri d'héroïsme hollywoodien, il croit, lui aussi, à son destin d'exception. Or, à la guerre comme à la ville, il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus...
Une histoire sans mots est réellement une histoire sans mots. À partir de pictogrammes totalement inventés, voici, heure par heure, une journée de M. Noir. M. Noir ? Un col blanc. M. Noir ? Un citadin. Sa journée ? Des soucis, l'ennui, ses rêves. De bonne heure, il se précipite dans le métro. Bureau. Emails. Une conférence à préparer, bavardage avec les collègues au déjeuner, esquive des coups de fil de sa famille qui le pousse à se marier. La journée finie, M. Noir peut enfin s'offrir un peu de bon temps, il invite une fille rencontrée sur Internet à prendre un verre... La journée de M. Noir verra-t-elle un éclair de bonheur ?
Xu Bing est un des plus grands graphistes chinois contemporains. Ses oeuvres sont exposées au Metropolitan Museum of Art de New York comme au British Museum de Londres. En 2006, le Southern Graphics Council lui a décerné son prix pour l'ensemble de son oeuvre.
2008. Le rocher de Gibraltar, joyau des colonies britanniques, est le théâtre d'une opération de contre-terrorisme menée par un commando anglais et des mercenaires américains. Nom de code : Wildlife. Objectif : enlever un acheteur d'armes djihadiste. Commanditaires : un ambitieux ministre des Affaires étrangères et son ami personnel, patron d'une société militaire privée. Kit Probyn, un diplomate candide, est sommé d'être le téléphone rouge du politicien. L'opération est si délicate que même le secrétaire particulier du ministre, Toby Bell, est tenu à l'écart.
2011. Kit Probyn, désormais retraité, convoque Toby Bell dans son manoir de Cornouailles. Toby doit choisir entre sa conscience et sa loyauté de serviteur de l'État. Or si la passivité des hommes honnêtes suffit à faire triompher le mal, comment pourra-t-il garder le silence ?
D'une actualité brûlante - l'affrontement entre chrétienté et islam -, Une vérité si délicate, vingt-troisième roman de l'auteur, est percutant, resserré comme un poing. Magistral.
Casanier, oui ! Harold l'est. Très timide aussi. En fait, il a peur de tout. Son plus grand plaisir est de mettre en scène son suicide dans l'entrée de l'immeuble londonien où il habite seul. Ses voisines s'y sont faites.
Après avoir été licencié du supermarché où il vendait de la charcuterie, Harold se fait piéger : une voisine récemment arrivée veut lui confier Melvin, son fils surdoué de 11 ans, pendant toute une semaine. Harold n'a ni le temps ni le courage de refuser.
Melvin et son regard impitoyable sur le monde bousculeront la vie et les émotions d'Harold. Surtout lorsque le garçon, à la recherche de son père qu'on lui cache, emprunte la voiture de sa mère et invite Harold au volant...
Un roman road movie délicieusement décalé, au ton impertinent, lucide, et, finalement, irrésistiblement drôle.
« ... c'est assez extraordinaire. Je parle d'Harold ! » Hans Magnus Enzensberger
« J'ai écrit ce qu'il y a de plus grand, cela ne fait aucun doute, mais c'est aussi de cette façon que j'ai tétanisé la littérature allemande pour quelques siècles. J'aurai été, mon cher, avait dit Goethe à Riemer, le tétaniseur de la littérature allemande. Ils sont tous tombés dans le piège de mon Faust. »
La férocité de Thomas Bernhard fait rage dans les quatre récits rassemblés ici en un volume, selon son souhait. Qu'il s'agisse de Goethe mourant, de la haine de l'Autriche ou de la détestation de la famille, l'humour et l'ironie du grand prosateur se révèlent toujours aussi percutants. Mais surtout, ces quatre miniatures contiennent tout l'univers de Bernhard et forment un condensé très maîtrisé des motifs qui traversent toute son oeuvre.
Dans un coin perdu du Dakota, la jeune Josephine Russell fait la connaissance de l'énigmatique Kern Shafter, aux allures de gentleman, que rongent un lourd secret et un désir de vengeance.
Shafter, officier déchu, part rejoindre comme simple soldat la 7e cavalerie commandée par le général Custer. Il y retrouvera son ancien rival...
Une histoire d'amour et de vengeance sur fond de la plus célèbre bataille des guerres indiennes, Little Big Horn, que Haycox retrace avec une extraordinaire acuité, une lucidité étonnamment moderne, dans ce magnifique roman épique et intime, lyrique et précis, ponctué de descriptions inoubliables.
Le personnage de Josephine, une jeune femme complexe, libre, vive, montre à quel point ce roman, comme tant d'autres, était en avance sur la vision que Hollywood donnait de la femme.