Ils ne le savaient pas alors, mais c'était là l'unique lieu parfait en ce monde. Un lieu totalement isolé et le seul pourtant à n'être pas aux couleurs de la solitude. Le Livre 3 fait entendre une nouvelle voix, celle d'Ushikawa. Et pose d'autres questions : quel est ce père qui sans cesse revient frapper à notre porte ? La réalité est-elle jamais véritable ? Et le temps, cette illusion, à jamais perdu ? Sous les deux lunes de 1Q84, Aomamé et Tengo ne sont plus seuls.
Pigiste pour la presse féminine, Wera a épuisé tous les sujets… ainsi que son compte en banque. À la caisse d’un supermarché, elle tombe sur une petite annonce proposant un stage en spiritualité. Un sujet en or ! C’est parti pour trois semaines d’immersion à La Béatitude, en compagnie d’un apprenti gourou, d’une « petite mère », et de quatre autres volontaires pour réinventer Dieu : un médecin radié, un musulman iranien, une femme invisible, et Madeleine qui porte en permanence son sac à dos comme un fardeau.
Ressortiront-ils adeptes d’une nouvelle religion ou délestés de leurs préjugés ? Car tous, même Wera et son pseudo-cynisme, sont en quête de sacré. N’avons-nous pas tous besoin d’un doudou divin à dorloter ?
Huit touristes étrangers sont pris en otages. Après une importante mobilisation médiatique, l'attention de la presse internationale se détourne. Seule une ONG présente dans la région poursuit sa mission et parvient à introduire un minuscule enregistreur dans une boîte de premiers soins transmise aux otages.
L'opération réussie, les écoutes commencent. A des kilomètres de là, un casque sur les oreilles, un jeune homme mobilise toute son attention sur des voix qu'il ne comprend pas, une langue qu'il ne connaît pas. Ces gens semblent dire, raconter, faire preuve d'une sincérité troublante. Tous les soirs, à la même heure, l'un d'entre eux prend la parole.
Huit récits, huit souvenirs dits par des êtres pris au piège, confrontés à l'ombre de la mort. Huit lectures enregistrées, volées puis rapportées, inconsciemment léguées au monde des vivants.
Deux enfants s'introduisent dans les écuries d'un centre d'expérimentations pharmaceutiques. Ce matin, ils ont surpris leur père, employé des lieux, sur le point de commettre le pire.
Dans l'obscurité, un box est ouvert, une corde nouée au licol : en pleine nuit les petits s'éloignent déjà, tirant derrière eux un cheval jusqu'alors condamné. Dans l'ombre immense de l'animal, ils progressent, traversent l'autoroute, affrontent l'au-delà.
Un homme vient d'épouser une jeune femme murée dans un douloureux silence. Les violences de la guerre n'ont pas épargné son corps. L'enfant à naître est celui d'un soldat américain.
A seize ans, Jirô est fasciné par les coutumes locales accompagnant les funérailles. Il les connaît si parfaitement que les villageois prennent l'habitude d'avoir recours à ses services contre menue monnaie.
Après des nuits passées à l'affût d'un craquement léger, Kiyoshi découvre la trappe par laquelle se glisse sa grand-mère. Frêle silhouette qui rejoint en secret un fils disparu ou qui, plus simplement, se prépare à la mort.
Quatre histoires d'amour et de pauvreté, écrites par Akira Yoshimura entre 1953 et 1964. Quatre récits ayant pour décor la tourmente des années 1950 au Japon et qui composent à elles seules les fondations de l'oeuvre de cet immense écrivain mort en 2006.
Si Shakespeare n'a jamais fait ça, Charles Bukowski, lui, le Rabelais des caniveaux de Los Angeles, ne s'en est pas privé. Dans ce carnet de route (où l’auteur prend la liberté de télescoper deux voyages différents), le « vieux dégueulasse » bourlingue en 1978 entre les plateaux d'Apostrophes (où, étouffé par les questions et l’atmosphère, il boit du riesling au goulot sous le regardmédusé de Bernard Pivot et son équipe), l'hôtel de la gare de Nice (une ville « pas à la hauteur »), les cafés et les châteaux d'Heidelberg, les prostituées de Hambourg, les lectures publiques et les rencontres avec ses fans européens, ou encore une visite à son oncle Heinrich à Andernach, où il est né cinquante-huit ans plus tôt. Ce premier voyage en Europe, pour le dernier des misanthropes, n’est pas si facile. Cependant, accompagné par sa future épouse Linda Lee et par ses amis fidèles (le photographe Michael Montfort et, à l’occasion, le traducteur allemand Carl Weisner ou le cinéaste Barbet Schroeder), Hank sera touché de voir ses milliers de lecteurs accourir pour l’entendre lire ses poèmes en sirotant du vin rouge. Ce texte inédit est parsemé de photographies de Buk (par Montfort) entouré et aimé, attentif et curieux, drôle et aimant ; il est complété par quelques poèmes.Un délectable récit de voyage qui nous fait partager le quotidien de Charles Bukowski. Il éreinte avec humour employés de la SNCF ou éditeurs français, se moque en douceur de ce vieux nouveau monde qu’il observe. La sympathie et l’autodérision émanant du livre font de Buk un compagnon de voyage sincère et abordable (comme son livre!). Avis à tous les fans français de Bukowski, l’auteur le plus volé en France et aux États-Unis : ce road-book oublié est enfin en vente dans toutes les bonnes librairies!
Renouant avec son amour pour le Mexique, pays auquel il a consacré de nombreux ouvrages de fiction ou documentaires, Pino Cacucci s'attache à une partie méconnue de la Californie, qui n'a rien à voir avec San Francisco, les plages de Malibu, ou les studios de cinéma d'Hollywood. Il s'agit de la Basse-Californie, la Californie mexicaine : la plus longue péninsule du monde, presque deux kilomètres de terre entre l'Océan Pacifique et la mer de Cortès, dont la population s'est battue pour conserver son intégrité et son indépendance face à l'avancée des troupes américaines au XVIIIe siècle. Pino Cacucci est ainsi retourné dans 'son' Mexique pour le parcourir et le raconter, du Sud au Nord, de La Paz à la frontière de Tijuana. Il en a tiré ce nouvel ouvrage qui, entre road movie et carnet de voyage, mêle descriptions des paysages exceptionnels (criques marines ou étendues désertiques peuplées de cactus aux formes étranges), anecdotes géographiques et historiques improbables et plaidoyer écologique pour cette région qui le fascine. Le long de la Carretera Federal 1, il a ainsi rassemblé des histoires de pirates et de trésors ensevelis, de jésuites et de missions abandonnées, d'Indiens et de voyageurs perdus. Sur les traces de Steinbeck, qui y voyagea dans les années 1940, il a redécouvert les légendes des reines et des perles géantes. Plus encore, son voyage est marqué par la rencontre avec le peuple des baleines qui viennent se reproduire dans ce qu'il appelle leur sanctuaire (et que J.M.G. Le Clezio évoquait dans le beau texte intitulé Pawana). Cacucci décrit avec émotion ces mammifères aussi gigantesques que fragiles, effrayants et pourtant si sociables envers les humains. En témoignent les criques dans lesquelles elles se rassemblent comme par enchantement pour jouer avec les bateaux des pêcheurs, un contact avec l'espèce humaine qui se retrouve peu dans le reste du monde. Les baleines se regroupent en effet par milliers dans ce qui apparaît comme leur dernier refuge. Sans doute parce que le Mexique fut le premier pays, il y a plus de soixante ans, à instaurer des espaces pour protéger ces animaux à l'intelligence mystérieuse. Les baleines le savent, elles ont certainement compris que les hommes sont tous des assassins, mais que dans cette région du monde vit une humanité plus authentique et plus amicale.
« Il ne faut pas longtemps pour que l’œil humain s’accommode aux ténèbres. »
Chef d’œuvre de Peter Nádas - dix-huit ans d’écriture, plus de cinq ans de traduction, une centaine de personnages, tout à la fois chaos total et structure absolue -, Histoires parallèles faisait scandale en Hongrie avant même sa publication et paraît à présent dans le monde entier.
Balayant soixante ans d’une Europe livrée aux remugles de l’Histoire et aux bouleversements de la société, le livre fait se côtoyer les époques dans un écho sans cesse démultiplié. La barbarie nazie résonne, répercutée à l’infini, d’histoire en histoire, les corps se libèrent parfois, la parole demeure souvent trompeuse, le sexe entravé débonde dans l’ombre, impudique et brut. Mystérieux et complexe, le roman fonctionne comme une chambre d’écho, traversée de stridences et de grondements, Nádas joue de la langue comme d’une flûte à serpents, et le lecteur, tour à tour fasciné, épuisé, révulsé, est toujours irrésistiblement attiré par son chant complexe et puissant. Ambitieux, exigeant, profond et brûlant, le texte de Nádas crée un monde à la fois palpable et insaisissable, apparemment anarchique, mais infiniment structuré, irrémédiablement clos et démesurément libre.
Dans le Shropshire, un frère et une sœur, rivaux et complices de toujours, visitent la tombe de leurs grands-parents et font surgir les fantômes du passé. Lors d’un festival du film d’horreur, sur une plage de la Côte d’Azur, un membre du jury découvre qu’un des films en compétition a été écrit par une de ses anciennes amies, tombée amoureuse de lui, qu’il a brutalement éconduite. Un pianiste de bar new-yorkais, à laquelle une séduisante jeune femme demande où elle peut loger ce soir-là, imagine ce qui se serait passé s’il l'avait invitée à dormir chez lui… Dans un tout autre genre, « Journal d’une obsession » décrit le rôle que joua, tout au long de la vie de Jonathan Coe, « La vie privée de Sherlock Holmes », un film mal aimé de Billy Wilder.
En peu de pages, Coe évoque les tentations, les opportunités manquées, les souvenirs qui hantent et une certaine mélancolie.
Quatre pièces courtes pour rire et rêver, quatre variations sur nos vies incertaines, où rien n’est jamais achevé – pas même le malentendu. Au clavier Jonathan Coe, avec sa petite musique qui nous piège pour mieux nous enchanter.
Dans l'esprit de La Servante écarlate ou du Dernier Homme,
le nouveau roman d'anticipation de Margaret Atwood.
Un tour de force.
On les appelle les « liogneaux », les « porcons », etc. Ce sont des animaux transgéniques créés par l'homme. Dans le monde chaotique et terrifiant qui constitue le cadre du nouveau roman « dystopique » de Margaret Atwood, ces créatures ont pris le pouvoir. La société y est gangrenée par le culte de l'argent et de la marchandise, une absurde division du travail y sévit, ainsi qu'une impitoyable guerre des classes.
Une secte religieuse et écologique, les Jardiniers de Dieu, dont Adam Premier est le chef spirituel, entraîne ses adeptes dans une mission sacrée : favoriser les conditions nécessaires à la survie d'une partie de l'espèce humaine, puis à sa restauration... Pour cela ils s'isolent du « monde exfernal » dans leur Jardin.
Car pour Adam et les Jardiniers de Dieu, l'arrivée du « Déluge des Airs » ne fait aucun doute. Une catastrophe naturelle apocalyptique va châtier les hommes pour les pillages et les destructions infligés par leur espèce à la Terre et à son environnement. C'est seulement une question d'échéance... Et il faut s'y préparer. Mais dans cet univers diabolique, l'entreprise s'annonce pour le moins ardue, voire désespérée...
Autour d'Adam, après le passage de l'effroyable désastre annoncé, plusieurs personnages s'aventureront dans le monde exfernal pour tenter de survivre et de retrouver d'éventuels rescapés. Parmi eux, Ren et Amanda, deux jeunes filles que tout aurait dû opposer, réussiront à tisser une belle et solide amitié, sous la protection de Toby, leur aînée, qui par sa grande sagesse deviendra en quelque sorte leur ange tutélaire...
Suite au décès d'une de ses clientes, Dick Caod, notaire de son état, se retrouve dépositaire de deux surprenants manuscrits. Il s'agit moins de deux récits parallèles que d'une plongée dans l'inconscient d'un être obsédé par un secret. La première partie intitulée « Hector » s'ouvre sur l'année 1945 lorsque Iz, une jeune femme au passé énigmatique, arrive à Sibrille, près de la ville de Monument. Elle vient vivre dans le phare du village aux côtés de son époux, Ronnie Shaw. Très peu de temps après leur installation, dont l'origine est entourée de mystères, survient la naissance de son fils Hector. Il est sa seule source de bonheur, alors qu'elle se heurte sans cesse à l'infidélité de son mari. Cependant Hector finit par s'enrôler dans l'armée. Débute alors le second cahier, nommé « Iz ». Il revient sur les années qui ont précédé la rencontre avec Ronnie, et révèle le secret qui a conduit Iz à Monument. La délicatesse de l'écriture, la force des descriptions et un charme nostalgique laissent une impression durable.