Contes russes

Contes russes
Serés Francesc
Ed. Jacqueline Chambon

En amoureux de la littérature russe, Francesc Serés invente non seulement ces Contes russes mais aussi les auteurs qui auraient pu les écrire. Ce faisant, il se mesure avec humilité et humour à la Russie éternelle. Territoire mythique où la toundra infinie, la forêt impénétrable et les bulbes du Kremlin ont fait fantasmer des générations de lecteurs, et en regard duquel l'URSS ne fut qu'une épopée sanglante de plus. Territoire dont la démesure a sans doute donné naissance à la non moins mythique âme russe, irrationnelle et débridée, généreuse et cruelle. Mais si ces contes s'ancrent dans la littérature, ils parlent, sous couvert de fiction, de Russes bien réels, comme ce couple vieillissant qui décide d'aller finir ses jours dans la maison quittée deux ans plus tôt quand la centrale de Tchernobyl a explosé, ou cette descendante d'anciens aristocrates qui n'ignore pas que, si sa famille a réussi à conserver son prestige et même à prospérer à travers les guerres, la Révolution et le règne de Poutine, c'est grâce au sacrifice, à chaque génération, de la plus jolie de ses filles. Ce livre, qui a reçu un accueil triomphal en Espagne, séduira les amoureux de la littérature russe et ceux que la nouvelle Russie intrigue.

L'hiver le plus froid. Une jeune Américaine dans l'Europe libérée

L'hiver le plus froid. Une jeune Américaine dans l'Europe libérée
Fox Paula
Ed. Joëlle Losfeld

En 1946, Paula Fox entreprend un voyage dans l'Europe d'après-guerre avec l'espoir bien américain d'acquérir de l'expérience, voire d'y trouver un salut. Elle a vingt-deux ans, et passera une année à traverser les villes meurtries de Londres, Paris, Varsovie, Prague, Madrid et autres, comme correspondante pour une petite agence de presse britannique. Elle décrit au fil de ses déplacements à travers les frontières brouillées de l'Europe ses visites imprévues de châteaux à l'abandon, d'églises détruites ou encore Varsovie dévastée ; ses nuits passées dans les appartements de lointains parents ou d'amis, dans des pensions miteuses, chaque lieu faisant écho à l'horreur de la guerre. Jeune femme seule, sans projet ni salaire stable, Pauta Fox poursuit sa route à travers l'Europe, continent en reconstruction qu'elle découvre au milieu des ruines.

Vérités non dites

Vérités non dites
Garnett Angelica
Ed. Christian Bourgois

De Londres à Paris, en passant par la Provence, fiction et réalité ne cessent de s'entrecroiser au fil de ce recueil dans lequel Angelica Garnett, nièce de Virginia Woolf, convoque les souvenirs de son enfance au sein du groupe de Bloomsbury. Si l'on croise divers membres de sa famille, c'est bien Angelica elle-même que l'on reconnaît alternativement sous les traits de Bettina, Agnès, Emily puis Helen. Observatrice clairvoyante, Angelica Garnett dévoile des histoires de famille, d'amitié et de petites trahisons, instillant une atmosphère empreinte de fraîcheur et de cruauté.

« Une écriture d'une grande subtilité : les images et les observations, traduites avec précision, sont aussi surprenantes que réjouissantes. » (William Palmer, The Independant)

Ya Salam !

Ya Salam !
Barakat Najwa
Ed. Sindbad

Membres d'une milice qui s'est illustrée pendant la guerre par ses exactions, Louqmane, artificier, l'Albinos, tortionnaire, et Najib, sniper, ont perdu avec le retour de la paix civile tout ce qui faisait leur vie : le plaisir de tuer, de torturer, de violer. L'Albinos fait la connaissance de Salam, une femme du quartier qui ne rêve que de se « caser », mais il est assassiné peu après leurs fiançailles quand est révélé son affreux passé de tortionnaire. Salam se rapproche alors de Louqmane, bien qu'il l'exècre ostensiblement et se plaise à l'humilier, mais finit par perdre ses illusions. Et c'est au tour de Najib, l'ancien sniper fou, de jeter son dévolu sur elle dans une relation sadomasochiste d'une rare violence. Entre-temps, espérant faire rapidement fortune, les trois amis se sont lancés dans la fabrication d'un produit miraculeux censé débarrasser la ville des cohortes de rats qui l'ont envahie...

Ce roman sur l'impossible réinsertion de trois anciens miliciens dont on ne connaîtra ni la confession religieuse ni l'appartenance politique dénonce en fait, bien au-delà de la situation proprement libanaise, aussi bien les horreurs de la guerre dite civile que la logique des rapports de domination homme-femme. Ecrit dans une langue crue transgressant tous les tabous, il est certainement l'un des textes les plus audacieux de la nouvelle littérature féminin arabe.

Pas question d'art

Pas question d'art
Esterházy Péter
Ed. Gallimard

Après le bouleversant diptyque romanesque composé de Harmonia Coelestis et Revu et corrigé, entièrement consacré à la figure du père, Péter Esterházy décline ici le thème de la mère. Se jouant subtilement des frontières entre fiction et réalité, le grand romancier hongrois la ressuscite en prenant plaisir à brouiller les pistes.

Si Pas question d'art foisonne d'anecdotes au sujet de la mère, comme sa prétendue passion pour la question du hors-jeu en football, ou sa ressemblance avec la reine d'Angleterre, Esterházy semble surtout suivre librement le ressac de sa pensée, en contournant pour notre plus grand bonheur les règles de la narration classique. Les réflexions de l'auteur sur l'amour, la filiation, Dieu, la maladie et le ballon rond s'enchaînent et nourrissent une narration impossible à circonscrire, tant ses embranchements et ses rebondissements sont multiples. Tout cela est ironique et drôle, même si l'obsession de la mort - le narrateur doit prononcer l'oraison funèbre du coach, mais aussi creuser la tombe de la mère - caresse avec gravité le texte.

Pas question d'art fouille et approfondit ainsi les thèmes chers à Esterházy, dans une écriture « thomas-bernhardienne » encore plus libre que celle des précédents ouvrages. Sa mythologie personnelle est constamment modifiée, revue et corrigée, et bon nombre d'épisodes contradictoires s'entrechoquent dans le texte, comme pour nous dire que la vérité n'est jamais là où nous croyions l'avoir trouvée. Insaisissable, en somme.

L'incluse

L'incluse
Cowie Billy
Ed. Autrement

- Roma, c'est ton anniversaire aujourd'hui.

- Anniversaire ?

- Lorsqu'on fête le jour où l'on est né.

- C'est quoi être né ?

- Naître c'est être fabriqué. Une autre personne, ta mère, te fait à l'intérieur d'elle, et quand tu sors ça s'appelle être né.

- Et maintenant je peux sortir ?

- Si tu sortais tu mourrais, désolé.

- Pas de quoi, je suis très bien où je suis.

- Bon anniversaire, Roma.

- Bon anniversaire Milan.

Milan est violoniste dans un orchestre londonien. Un matin, il ressent d'étranges petits coups à l'intérieur de son corps. Le médecin, sidéré, lui annonce qu'il porte en lui une soeur jumelle depuis quarante-deux ans. Un cas rarissime, une curiosité médicale. Peu à peu, entre Milan et Roma, se noue un dialogue intime. Plus rien ne sera comme avant...

Why be happy when you could be normal?

Why be happy when you could be normal?
Winterson Jeanette
Ed. Vintage

This book is that story's silent twin. it is full of hurt and humour and a fierce of love of life. It is about the persuit of happiness, about lessons in love, the search for a mother and a journey into madness and out again. It is generous, honest and true.

Laugh-out-loud funny...proudly, and sometimes painfully, hontest. It is also, arguably, the finest and most hopefil memoir te emerge in many years and, as such, it really should not be missed. John Burnside, The Times.

 

La fille avec la robe à pois

La fille avec la robe à pois
Bainbridge Beryl
Ed. Christian Bourgois

té 1968. Rose, une jeune Anglaise, s'envole pour les États-Unis où elle doit rejoindre l'étrange Washington Harold. Pour des motifs différents, tous deux ont décidé d'unir leurs forces dans le but de retrouver le docteur Wheeler, un homme à la personnalité aussi charismatique qu'insaisissable. Si Rose pense qu'il lui a sauvé la vie lorsqu'elle était enfant, Harold le déteste pour une raison tenue secrète.

Dans un pays sous le choc après l'assassinat de Martin Luther King, ce duo improbable se lance à la poursuite du mystérieux docteur. Et Robert Kennedy, dernier espoir de la nation, mène une campagne qui atteint son apogée à l'hôtel Ambassador de Los Angeles où tout va basculer...

Marchands de temps

Marchands de temps
Del Giudice Daniele
Ed. Seuil/La librairie du XXie siècle

«Rabat, Maroc, deuxième semaine d'automne

Hier j'ai assisté, pour la première fois, à une transaction commerciale concernant le temps. Ou plutôt, j'ai perçu, je crois, un échange de ce genre dans une petite boutique, une échoppe sur le versant occidental de la Médina où l'on arrive par la rue des Consuls ; je fais allusion par là à ma sensation personnelle d'avoir assisté à un événement simple, celui d'un homme qui vendait du temps à un autre homme.»

Le narrateur reste hanté par cette scène, et, de Rabat à Stavanger, en Norvège, il part à la recherche d'une explication. Y-a-t-il réellement un commerce du temps et quelles sont les personnes qui le pratiquent ?

Promenons-nous dans les bois

Promenons-nous dans les bois
Bryson Bill
Ed. Payot

Rentré aux États-Unis après des années d'absence, le désopilant Bill Bryson a redécouvert ses concitoyens et les a décrits dans American Rigolos ; mais il a aussi voulu faire un retour à la nature en s'attaquant à l'Appalachian Trail, un sentier qui serpente sur 3 500 kilomètres, du Maine à la Géorgie.

Dans cette aventure qui mêle histoire naturelle et histoires drôles, il s'est choisi pour compagnon de marche son vieux copain d'école, Stephen Katz, l'un des personnages de Ma fabuleuse enfance dans l'Amérique des années 1950. Le problème, c'est que Katz préfère regarder des épisodes d'X-Files dans les motels. L'autre problème, c'est qu'en se promenant dans les bois on risque de croiser, comme dans la série de science fiction, d'étranges créatures qui n'ont pas l'humour de l'auteur : des ours ou, pis, d'autres randonneurs, sans oublier les plantes toxiques qui vous rendent plus vert qu'un Martien.

La littérature à la Bryson a pour immense avantage de ne pas endormir le lecteur en chemin. «Jamais un bouquin ne m'a fait autant rire !» s'est exclamé Robert Redford, qui l'a élu comme livre de chevet.

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