Lorsque le 22 octobre 1837 Henry David Thoreau débute la rédaction d'un journal, il a vingt ans ; il le tiendra jusqu'à sa mort en 1862. Ce Journal, par sa taille (près de 7 000 pages) et par son contenu, constitue une oeuvre littéraire absolument unique.
Tout à la fois manifeste philosophique, recueil poétique, précis naturaliste ou manuel d'ethnologie, il est avant tout un document passionnant sur la vie quotidienne et intellectuelle dans les États-Unis du XIXe siècle. On y trouve exposées, à travers son regard contemplatif sur le monde, toute la pensée de Thoreau et la matière brute de ses ouvrages, de Walden à la Désobéissance civile.
Oeuvre majeure, ce Journal est souvent cité comme un des piliers de la culture américaine et comme le grand texte fondateur de l'écologie.
Durant les trois années que couvre ce premier volume, H.D. Thoreau est encore un jeune homme tout juste diplômé et empreint de ses lectures classiques, mais déjà sa vivacité d'esprit et l'originalité de sa pensée révèlent une intelligence hors du commun.
Cette édition propose, dans des traductions pour la plupart nouvelles, tous les livres de fiction publiés par Woolf, ou pour Entre les actes, au lendemain de sa mort : dix romans, et un recueil de nouvelles, Lundi ou mardi, qui n'avait jamais été traduit dans notre langue en l'état. S'y ajoutent les nouvelles publiées par l'auteur mais jamais rassemblées par elle, ainsi qu'un large choix de nouvelles demeurées inédites de son vivant. (...) Il s'agissait moins pour elle de bâtir des intrigues que d'isoler des 'moments d'être', déchirures éclairantes dans l'obscur tissu d'une existence, témoignant 'qu'une chose réelle existe derrière les apparences'. 'Je rends [cette chose] réelle en la mettant dans des mots. Ce sont mes mots et eux seuls qui lui donnent son intégrité; et cette intégrité signifie qu'elle a perdu le pouvoir de me faire souffrir.'
Telle est la puissance de l'écriture. En consacrant ses forces à donner réalité à ce qui existe derrière, Virginia Woolf a tenu à distance la peur, la souffrance, la folie ; elle s'est maintenue hors de la zone dangereuse, jusqu'au jour de mars 1941 où, ayant achevé Entre les actes, elle s'est sentie incapable de lutter plus longtemps.
Présentation de l'éditeur
Réunit
Oeuvres romanesques, Vol. 1. Traversées ; Nuit et jour ; Lundi ou mardi
avec la collaboration d'Adolphe Haberer, Marie-Claire Pasquier, Françoise Pellan et Michèle Rivoire
préface de Gisèle Venet
Oeuvres romanesques, Vol. 2. Vers le phare ; Orlando ; Les vagues
avec la collaboration de Catherine Bernard, Michel Cusin, Adolphe Haberer et al.
Jusqu'au 31/08/2012 : prix du coffret 120 €, ensuite 135 €, prix par volume : 60 €, ensuite 67.50 €.
THUGS : secte active en Inde du XIIIe au XIXe siècles, dont les membres pratiquaient le vol et le meurtre par strangulation en l'honneur de la déesse Kali. Amir Ali, l'un d'eux, a quitté l'Inde pour accompagner, dans la grisaille du Londres victorien, le capitaine William Meadows. Celui-ci a en effet pour projet d'écrire un ouvrage sur cette confrérie meurtrière. Dans le même temps, lord Batterstone, un célèbre phrénologue qui cherche à prouver les différences séparant les hommes et les races, charge un certain John May de lui trouver des crânes et de les lui apprêter. La quête de John May le pousse peu à peu à commettre des crimes abominables, qui provoquent sensation et terreur dans tout Londres. Bientôt, les soupçons se portent sur Amir Ali - car qui d'autre qu'un thug, même repenti, aurait pu commettre de tels meurtres ? Né en 1966 en Inde, Tabish Khair est poète, journaliste et professeur de littérature à l'université d'Aarhus, au Danemark. À propos d'un thug, finaliste du Man Asian Literary Prize, est, après Apaiser la poussière (publié par les Éditions du Sonneur en 2010), son deuxième roman à être édité en français.
Voici ce que je vois à travers le temps et l'espace. Ce que je vois depuis le crépuscule de la bibliothèque de mon grand-père, entouré de Dickens et de Collins ; depuis une maison blanchie à la chaux, à Phansa. Je vois un lieu, à Londres, il y a plus d'un siècle de cela. En... quelle année sommes-nous... 1837, l'année du couronnement de la reine Victoria. Je vois une pièce. Je vois... qu'est-ce donc ? Peut-être s'agit-il d'une chemise en loques qui pend à un clou planté dans une (...)
Willa Cather (1873-1947) a déjà solidement établi sa réputation de grand écrivain américain avec, entre autres romans, Mon Antonia et Pionniers ! lorsque, au cours de l'un de ses voyages en France, en 1930, elle rencontre, dans un hôtel d'Aix-les-Bains, une fascinante vieille dame qui n'est autre que Caroline Grout, la nièce de Gustave Flaubert. La petite Caroline, dont la mère est morte en couche, a été élevée par son fameux oncle dont elle est l'exécutrice testamentaire. Dans La Nièce de Flaubert, la romancière américaine dresse en quelques pages le portrait d'une femme surprenante, lien vivant entre un vingtième siècle déjà éprouvé par la guerre et l'âge d'or de la littérature française, dont Flaubert est l'un des plus grands représentants. Ce texte est avant tout un éloge ardent et précis de la littérature et de la lecture, non comme passe-temps mais comme raison de vivre.
C'est un monde étrange et mystérieux. On ne peut y vivre sans un téléphone ultra-perfectionné, la publicité règne en maître et la littérature semble un art préhistorique désormais réservé à quelques inadaptés. Ce monde, c'est le quotidien new-yorkais de Lenny Abramov, en des temps futurs pas si hypothétiques. Mais Lenny résiste : il lit des «livres papier» et croit encore aux relations humaines. Il commet même la folie de tomber sous le charme d'Eunice Park.
Super triste histoire d'amour est une comédie romantique d'un nouveau genre : entre deux e-mails, on essaie de s'aimer, pour oublier que l'Amérique, menacée par ses créanciers chinois, flirte avec l'effondrement économique. Fable politique pleine d'humour, ce troisième roman de Gary Shteyngart est l'autoportrait à peine déguisé d'un homme en total décalage avec son époque.
Une douleur chronique dans le bas-ventre s'avère impossible à soigner par la médecine traditionnelle, et Tim Parks refuse l'opération. Commence alors un parcours du combattant pour trouver une médecine douce appropriée. La douleur se calme et sa vie, mais aussi sa façon de lire et d'écrire s'en trouvent grandement transformées.
Porté par une verve et une ironie constantes, ce témoignage débordant de vitalité ne veut convaincre personne mais en étonnera plus d'un.
« Une introspection fulgurante d'honnêteté, profondément revigorante, subtilement drôle, qui nous parle des liens entre l'écriture, la personnalité et la santé. Une fois que j'ai commencé la lecture, je ne me suis plus arrêté. » David Lodge
Cette série de proses brèves auxquelles Federigo Tozzi travailla de 1915 à 1917, constamment republiées depuis cette date, ont un seul point commun : dans chacun des 69 fragments, un animal apparaît, de manière fortuite ou marginale, pour parer le récit de sa signification propre. Chaque segment narratif se trouve ainsi relié à toutes les autres par un subtil fil symbolique.
Deux fragments, le premier et le dernier, donnent la clef du texte. Ils se caractérisent par la présence du seul animal qui, au sein du recueil, semble vivre en accord avec la nature : l’alouette. Cet oiseau représente un besoin d’élévation, de sens, d’accord avec la nature. Dans la premier fragment est décrite la difficulté qu’a l’alouette à vivre dans un monde dominé par l’homme ; dans le dernier, un appel à l’animal afin qu’il revienne au sein de l’âme humaine pour la régénérer.
Les narrations intermédiaires, dans lesquelles l’alouette n’est pas présente, deviennent des allégories vides. Celles-ci s’attachent à souligner le besoin d’un sens et l’impossibilité de l’obtenir.
Les Bêtes est également le portrait d’un homme irrité contre la vie et contre lui-même en polémique avec son temps.
Les Bêtes de Federigo Tozzi est considéré par la critique italienne non seulement comme un des sommets du récit italien du XXe siècle mais, encore, comme le chef-d’œuvre stylistique de la prose italienne du temps.
Je définirais la “biophilie” comme la tendance innée à se concentrer sur la vie et les processus biologiques. Depuis notre prime enfance, nous nous préoccupons avec bonheur de nous-mêmes et des autres organismes. Nous apprenons à faire le départ entre le vivant et l’inanimé et nous nous dirigeons vers le premier comme des phalènes vers une lampe. Nous apprécions en particulier la nouveauté et la variété. Tout cela se conçoit d’emblée, mais il y a encore beaucoup à en dire. J’entends démontrer qu’explorer la vie, s’affilier à elle, constitue un processus profond et complexe du développement mental. Dans une mesure encore sous-évaluée par la philosophie et la religion, notre existence repose sur cette inclination.
La biologie moderne a conçu une façon toute nouvelle de considérer l’univers, laquelle s’accorde du avec ce point de vue de la biophilie. En d’autres termes, l’instinct, pour une fois, s’aligne sur la raison. J’en tire une conclusion optimiste : c’est pour autant que nous en viendrons à comprendre d’autres organismes que nous leur accorderons plus de prix, comme à nous-mêmes.
T. H. Huxley, ami de Charles Darwin, à qui il devra son surnom de « bouledogue de Darwin », fut aussi le grand-père d’Aldous Huxley.
Lorsqu’il passe son diplôme de médecin en 1845, T. H. Huxley a vingt ans mais il est trop jeune pour obtenir l’autorisation d’exercer. Sans argent, couvert de dettes, il n’a guère le choix. La Marine de Sa Majesté – célèbre pour la rudesse des conditions de vie à bord – recrute et met un point d’honneur à embaucher de jeunes scientifiques au poste d’aide chirurgien.
Le Voyage du Rattlesnake (le Serpent à Sonnettes) qui devait n’être d’abord qu’une expédition hydrographique servant à déterminer des routes sûres pour la navigation et le commerce avec la relativement nouvelle colonie de l’Empire, l’Australie, sous l’impulsion du capitaine Owen Stanley, allait changer de nature.
Il emmène ainsi des spécialistes des disciplines dans lesquelles on savait déjà que les tropiques étaient d’une richesse extraordinaire. Il y aura donc à bord un naturaliste confirmé, John MacGillivray, un passionné de botanique et des coquillages, John Thompson, et le jeune Huxley qui allait trouver dans ce voyage en Nouvelle-Guinée et en Australie un champ d’études à sa mesure.
En 1849, il enverra à la Royal Society de Londres un rapport circonstancié sur la famille des Méduses dont il restera pour longtemps le meilleur spécialiste. Lorsqu’il revient en Angleterre en 1850, il est reçu comme membre de la Royal Society et est chargé de travailler sur les spécimens collectés et les observations faites durant ce voyage. Sa carrière scientifique et universitaire peut commencer. Préoccupé par ses seules recherches scientifiques, son Journal de Voyage ne sera publié par son fils qu’en 1935, quarante ans après sa mort.
Le détective dandy Johann Friedrich von Allmen reprend du service. Toujours à court de liquidités susceptibles de lui permettre de maintenir son train de vie, il se réjouit lorsqu'un certain Montgomery le charge de retrouver la piste d'un voleur disparu avec un fabuleux diamant rose à l'issue d'une soirée mondaine. De la Suisse à la Baltique, assisté de son fidèle majordome guatémaltèque Carlos, Allmen se lance ainsi à la recherche de Sokolov, un mystérieux escroc russe. Manipulations, doubles jeux et faux-semblants sont au rendez-vous de cette nouvelle enquête d'Allmen sur fond de finance internationale.
« Avec ce gentleman cambrioleur devenu enquêteur, Martin Suter réussit une belle entrée dans le monde fermé du polar. » (François Busnel, L'Express)
« Un mélange détonant d'aventures rocambolesques, de quiproquos en chaîne et d'intrigues palpitantes. [...] Du Suter pur jus, gouleyant, pétillant, vif, rondement mené. » (André Clavel, Lire)