Trois guinées

Trois guinées
Woolf Virginia
Ed. Blackjack

Fiction épistolaire et pamphlétaire, Trois Guinées (publié en 1938) est l'un des moments du dernier geste d'écriture de Virginia Woolf. Face à l'ampleur de la crise que traverse l'Europe et qui mènera à la seconde guerre mondiale, l'écrivain refuse le statut de spectateur impassible. Dans ce livre, une femme répond à la lettre d'un homme lui demandant de l'aide pour empêcher la guerre et préserver la liberté intellectuelle. Quelles sont alors les armes à disposition d'une femme pour fournir cette aide ? Cherchant la réponse, Virginia Woolf dresse une critique redoutable de la société patriarcale, elle lui oppose la puissance d'une société des outsiders, composée d'individus dont l'histoire s'est construite en marge, dans l'ombre des valeurs dominantes (la compétition, l'appropriation et l'exclusion). L'avènement de la société des outsiders est un appel à la dissidence.

La mort de la phalène

La mort de la phalène
Woolf Virginia
Ed. Sillage

Les phalènes que l'on voit voler dans la lumière du jour sont improprement appelées phalènes ; jamais elles ne font naître cette sensation de bien-être venue des nuits d'automne profondes et du lierre en fleur, sensation que le plus ordinaire des papillons de nuit, dormant dans l'ombre du rideau avec ses ailes doublées de fauve, éveille immanquablement en nous...

Comment caractériser les six étranges nouvelles qui composent ce recueil : récits, poèmes en prose ? Fables hybrides où le rêve est une façon d'explorer la réalité, ils comptent indubitablement parmi les plus remarquables des textes courts que Virginia Woolf ait écrits. Elle publia cinq d'entre eux de son vivant, dans l'unique recueil qu'elle ait choisi de faire paraître. Le sixième, La Mort de la phalène, terrible et merveilleuse parabole sur la beauté, la fragilité et l'inutilité de toute vie, parut un an après son décès.

Le Believer # 2

Le Believer # 2
Revue
Ed. Inculte

Sommaire #2

Terre d’abondance, par Casey Walker
American Isolato, par Ginger Strand
Entretien avec Charles Burns, par Hillary Chute
Conversation avec Will Self, par Geoff Nicholson
L’échelle est colossale et la complexité inouïe, par B. Alexandra Szerlip
Les griffes des morts-vivants un vendredi 13, par Adrian Van Young
Le détective sauvage et la planète des monstres, par Rodrigo Fresan
Micro-interview de Paul Vehoeven, par Jules Moore
Discussion avec Nick Cave, par Tony DuShane
Rencontre avec Gus Van Sant, par Alexandra Rockingham
La fabrique du désir, par Peter Lunenfeld
Essorer le désert, par Tana Wojczuk
Vendre son corps au paradis de la lune de miel, par Ginger Strand
Mes lectures, par Nick Hornby
Ce que lisent les Suédois, par Daniel Handler
Mon Top 10 : The Roots, Bruce Springsteen, etc., par Greil Marcus

Home

Home
Morrison Toni
Ed. Christian Bourgois

Toni Morrison nous plonge dans l'Amérique des années 1950.

« Home est un roman tout en retenue. Magistral. [...] Écrit dans un style percutant, il est d'une simplicité trompeuse. Ce conte au calme terrifiant regroupe tous les thèmes les plus explosifs que Morrison a déjà explorés. Elle n'a jamais fait preuve d'autant de concision. C'est pourtant dans cette concision qu'elle démontre toute l'étendue et la force de son écriture. » The Washington Post

« Ce petit roman envoûtant est une sorte de pierre de Rosette de l'œuvre de Toni Morrison. Il contient en essence tous les thèmes qui ont toujours alimenté son écriture. [...] Home est empreint d'une petite musique feutrée semblable à celle d'un quatuor, l'accord parfait entre pur naturalisme et fable. [...] Mme Morrison adopte un style tranchant qui lui permet de mettre en mots la vie quotidienne de ses personnages avec une précision poétique. »
The New York Times

Chapardeuse

Chapardeuse
Makkai Rebecca
Ed. Gallimard

Lucy, célibataire pas encore trentenaire, est bibliothécaire dans une petite ville perdue du Middle West. Ian, dix ans, fils unique de chrétiens fondamentalistes homophobes, est son plus fidèle lecteur. Un beau matin, elle le découvre sur son lieu de travail réfugié parmi les livres. Contre toute attente, elle ne va pas le ramener tout de suite à ses parents. Ensemble, ils vont parcourir plusieurs Etats de cette Amérique post-11-Septembre. Pour ce gamin rêveur, c'est la découverte du vaste monde ; pour elle, l'occasion de s'interroger sur ses origines russes, le déracinement de ses ancêtres et leurs aspirations à plus de liberté.
Rebecca Makkai signe ici un premier roman humaniste et original en forme de road-book. Une balade épique et onirique qui décortique les traumatismes d'une nation faite d'immigrants, de fugueurs et de chapardeurs... d'identités.

Premier roman

Le rabbin congelé

Le rabbin congelé
Stern Steve
Ed. Autrement

« Planté devant le congélateur, Bernie actionna lentement la poignée chromée qui fermait le couvercle. Ce dernier s’ouvrit brusquement et, dans une volée de steaks et de filets ramollis, un vieillard trempé surgit, tel un diable à ressort archaïque, vêtu d’un chapeau en fourrure qui puait comme une bête écrasée sur la route. »Le rabbin avait l’habitude de méditer au bord d’un certain étang, plongé dans une profonde transe mystique. Un jour de 1889, les eaux en crue l’engloutirent et, l’hiver suivant, les villageois médusés le retrouvèrent pris dans la glace.Ainsi débutent les aventures épiques du rabbin congelé, transbahuté de sa Pologne natale aux États-Unis, jusqu’à son dégel…

Saga déjantée qui traverse le XXe siècle en trombe, roman de formation et comédie loufoque, Le rabbin congelé est le premier livre de Steve Stern à paraître en France. Né à Memphis, lauréat du Nation Jewish Book Award, Stern est considéré par la critique américaine comme l'héritier d'Isaac Bashevis Singer et le précurseur de Jonathan Safran Foer.

Tigre, tigre!

Tigre, tigre!
Fragoso Margaux
Ed. Flammarion

Par une belle journée d'été, Margaux Fragoso rencontre Peter Curran à la piscine de son quartier, et ils commencent à jouer. Elle a sept ans; il en a cinquante et un. Quand Peter l'invite chez lui avec sa mère, la petite fille découvre un paradis pour enfant composé d'animaux exotiques et de jeux. Peter endosse alors progressivement, insidieusement, le rôle d'ami, puis de père, et d'amant. Charmeur et manipulateur, Peter s'insinue dans tous les aspects de la vie de Margaux, et transforme l'enfant affectueuse et vive en une adolescente torturée. Lyrique, profond et d'une limpidité hypnotique, Tigre, tigre ! dépeint d'une manière saisissante les forces opposées de l'emprise et de la mémoire, de l'aveu et du déni, et questionne nos capacités de guérison. Un récit extraordinaire qui dévoile de l'intérieur la pensée d'une jeune fille au bord de la chute libre.

'Tigre, tigre! est un livre qui va faire parler de lui. Margaux Fragoso réalise l'impossible : d'une plume précise et audacieuse, elle rend son humanité au pédophile dont le crime n'en devient alors que plus effrayant. Sa façon de décrire leur relation est tout à la fois choquante, révélatrice et courageuse. Comme récit d'une victime, c'est passionnant ; en tant qu'ouvrage de littérature, c'est un triomphe.' Alice Sebold, auteur de La nostalgie de l'ange

La table des autres

La table des autres
Ondaatje Michael
Ed. L'Olivier

« Il avait onze ans quand, ce soir-là, aussi neuf au monde qu’il pouvait l’être, il monta à bord du seul et premier navire de sa vie. »

Le jeune Michael quitte Colombo pour retrouver sa mère, installée en Angleterre. Il voyage à bord de l’Oronsay, un gigantesque paquebot qui constitue un monde en soi : des cales sombres aux cabines élégantes, le jeune Michael va explorer toutes les classes sociales durant les 21 jours de ce périple, mais surtout faire l’expérience de l’amitié et du désir. Pour le garçon, ce voyage est un apprentissage en accéléré et, pour Ondaatje, une ode à la fiction : chaque passager recèle une histoire, chaque personnage appelle un roman et l’écrivain est l’homme qui déchiffre ces mystères. Dans la lignée du Fantôme d’Anil (Prix Médicis étranger en 2000) ou d’ Un air de famille, Michael Ondaatje réinvente son enfance et construit de livre en livre un autoportrait impressionniste.

La seconde vie de Preminger

La seconde vie de Preminger
Elkin Stanley
Ed. Cambourakis

En quoi consiste donc la folie de Marshall Preminger ? Que dire de sa maladie de coeur, de sa virginité, de ses listes de réponses toutes prêtes à des questions rêvées... ? Oui, en quoi réside l'épouvantable drôlerie de cet écolier de trente-sept ans, cet Oedipe moderne venu prendre la place du père dans son appartement de Chicago ? A peine arrivé, et déjà exclu de la petite communauté juive des Harris Towers : 938 résidents, moyenne d'âge soixante et un ans... L'humour explosif de Stanley Elkin règne sur cette satire ravageuse, récit d'un vertigineux plongeon existentiel.

Quand la lumière décline

Quand la lumière décline
Rüge Eugen
Ed. Escales

Odyssée familiale magistrale et voyage passionnant à travers l'histoire contemporaine, ce premier roman brillant, drôle et émouvant a créé l'événement outre-Rhin, où il a été couronné par le Deutscher Buchpreis, avant de conquérir la scène littéraire internationale. Splendeur et décadence d'une famille russo-allemande des années cinquante à nos jours.

Berlin, 2011. Incurable. Suite à ce diagnostic, Alexander part au Mexique, un rêve d'enfant nourri par les récits nostalgiques de sa grand-mère. Pourtant, en 1952, celle-ci a tout fait pour mettre fin à son exil et rentrer participer à la construction de l'Etat socialiste en Allemagne.
Le père d'Alexander aussi est revenu plein d'espoir de Sibérie, avec son épouse russe qui ne maîtrisera jamais la langue de Goethe et sa belle-mèfe qui ne se défera pas de ses bocaux de cornichons.
Alexander, lui, se sent vite à l'étroit en RDA. Jusqu'à la fête célébrant les 90 ans du patriarche communiste, alors que le Mur est sur le point de s'effondrer, où tous ces destins vont se croiser, s'affronter, se rencontrer ou se séparer...

De Mexico à Berlin en passant par Moscou, les voix de quatre générations s'entremêlent pour dire l'histoire du monde, d'une famille, d'une vie, quand la lumière des idéaux décline.

'Une lecture qui a fait tomber la pipe de Günther Grass. Remarquable !' Frankfurter Allgemeine Zeitung

 

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