Suivant un postulat quasi unanime, l'historiographie musulmane serait une création originale de l'islam des premiers siècles. On recherche ses origines en remontant au passé arabe préislamique, à la vision du monde élaborée par Muhammad et à un certain nombre de préoccupations politiques, ethniques et religieuses. Des éléments étrangers sont certes également considérés mais de manière secondaire, et surtout en termes d'influence et d'emprunt. Cette vision est étroitement liée à une thèse qui a été formulée avec le plus de force par Henri Pirenne dans Mahomet et Charlemagne, selon laquelle l'avènement de l'islam avait constitué une rupture irrévocable dans la civilisation méditerranéenne. L'enquête menée par l'historien marocain Abdesselam Cheddadi dans ce travail sur les débuts de l'historiographie musulmane s'inscrit dans un nouveau contexte de recherche. Au lieu de poser d'emblée une singularité radicale et une totale altérité de l'écriture de l'histoire avec l'apparition de l'islam, l'auteur explore l'hypothèse opposée, celle d'une continuité avec la tradition de l'Antiquité tardive, en se demandant en quoi l'islam a modifié cette tradition ou innové par rapport à elle.
Présentation de l'éditeur
Le 4 août 1914, l'armée allemande envahit la Belgique, État neutre aux traditions peu martiales, qui se trouve propulsé au c?ur même de l'immense conflit qui va marquer tout le XXe siècle - y compris le sien, et notoirement...
La société belge en guerre forme le sujet de cet ouvrage qui constitue le premier essai de synthèse de l'histoire belge entre 1914 et 1918 depuis l'étude d'Henri Pirenne (La Belgique et la Guerre mondiale, 1928). Le «Moment 1914», c'est le refus de l'ultimatum de Berlin, l'invasion, l'exaltation de la Belgique héroïque, puis, à l'occasion des massacres des civils, de la Belgique martyre. Ensuite, la guerre s'installe dans la durée: cinquante mois d'occupation, de silence, d'amertume et de misères multiples. Temps de solidarité mais aussi de méfiance, de résistances mais aussi de défaillances, de célébration de la patrie mais également, pour certains, de refus de l'«idée-Belgique». Tout comme le front militaire, le front de l'intérieur va pourtant tenir.
Les années maigres de l'après-guerre révéleront toutefois, très vite, la mémoire de guerre comme source de divisions. La Grande Guerre fut cependant une expérience commune. Elle ne peut se penser que dans le contexte global de la société belge.
Un livre qui bouscule bien des clichés ou des positions partisanes. Un livre qui permet d'entrer réellement dans les strates les plus profondes de la société belge au XXe siècle.
Présentation de l'éditeur
Pendant des siècles, le duché de Brabant, situé au coeur des Pays-Bas, a occupé le premier rang des dix-sept provinces. Mais il y a plus. Avec ses chefs-villes Bruxelles, Louvain, Anvers et Bois-le-Duc, le Brabant formait également un foyer administratif, culturel et économique. Les événements et évolutions dans le Brabant eurent donc souvent des conséquences importantes pour toutes les provinces néerlandaises. La révolte contre l'Espagne, qui provoqua une scission entre le Nord et le Sud, entraîna également le démembrement du duché en une partie belge et néerlandaise.
Pour la première fois, l'histoire du duché de Brabant et des entités qui en sont nées est décrite en un survol scientifique cohérent. Cet ouvrage raconte comment les comtes de Louvain acquirent le titre de duc de Brabant et étendirent leur puissance et leur territoire dans les siècles qui suivirent. Comment le duc Jean Ier, chevalier de tournoi et poète courtois, conquit la gloire sur le champ de bataille de Woeringen. Mais il raconte également comment les citadins du Brabant furent les premiers sur le continent européen à acquérir certains droits constitutionnels. Ou comment Anvers put se transformer en un temps étonnamment court d'une petite agglomération scaldienne en une formidable métropole commerciale. Le rôle directeur du Brabant dans les péripéties politiques et religieuses du XVIe siècle est largement évoqué. Mais les siècles qui suivent ne sont pas oubliés, lorsque le Sud faisait partie de l'empire espagnol, puis autrichien, tandis que le Nord du Brabant devint terre de Généralité pour se retrouver au sein de la République des Pays-Bas. Finalement, la tendance des développements au Nord et au Sud est prolongée jusqu'à notre époque.
Le livre s'intéresse aux développements politiques, religieux, sociaux et économiques, ainsi qu'à la culture. Une sélection d'auteurs de renom des deux côtés de la frontière font revivre ainsi de manière fascinante deux mille ans d'histoire du Brabant.
Présentation de l'éditeur
Depuis 1202, le coeur de la France bat au Louvre. La «grosse tour» dressée par Philippe Auguste et Charles V pour faire face aux Anglo-Normands est le centre de la féodalité française. François Ier la démolit et remplace la forteresse médiévale par un élégant palais Renaissance. Catherine de Médicis y ajoute les Tuileries. Le drame de la Saint-Barthélemy est une tache sanglante au milieu des fêtes somptueuses et des bals costumés. À peine installé à Paris, Henri IV décide de réunir le Louvre aux Tuileries et construit la Grande Galerie où les artistes de l'époque exposent leurs oeuvres: il vient d'inventer les musées. Louis XIII lance les travaux de la Cour carrée, Louis XIV a le temps de voir s'élever la colonnade et de contempler les jardins de Le Nôtre aux Tuileries avant de transférer le centre du pouvoir à Versailles. Pendant près d'un siècle, le double palais devient un «squat» d'artistes et de nobles sans le sou. Il ressuscite à la Révolution qui proclame la République aux Tuileries et transforme le Louvre en musée de la Nation. Napoléon n'a de cesse de l'agrandir et de l'enrichir. Après Waterloo, les trophées de guerre repartent, mais la Vénus de Milo, les antiquités égyptiennes et les oeuvres d'artistes vivants comblent les vides. La place manque. Napoléon III rénove le Vieux Louvre, puis édifie de nouveaux bâtiments le long de la rue de Rivoli. Le «premier grand Louvre» est tout juste achevé lorsque les incendies de la Commune détruisent le palais des Tuileries. À la fin du XXe siècle, la pyramide de Peï et les galeries souterraines du Carrousel font du «second grand Louvre», voulu par François Mitterrand, l'un des plus grands musées du monde. OEuvre de huit siècles, il est aussi le miroir d'une France qui a enraciné en ce lieu sa force, son unité et son rayonnement culturel.
Présentation de l'éditeur
L'histoire humaine commence il y a environ trois millions d'années. Mais, depuis huit mille ans seulement, les hommes se servent de l'écriture pour communiquer, fixer des lois, établir des traités. Pourtant, la période antérieure à l'invention de l'écriture, la préhistoire, nous est de mieux en mieux connue grâce aux travaux des paléo-anthropologues, des archéozoologues, des paléobotanistes et les géochronologues. Autant de spécialistes qui, ainsi que les préhistoriens, explorent des sites, analysent les moindres vestiges laissés par les humains : outils, parures, sédiments, restes de faune et de flore. Le moindre pollen, la plus petite arête, examinés au microscope, livrent des renseignements sur les modes de vie de nos très lointains ancêtres. Mais ces travaux, souvent menés en laboratoire ou sur des sites éparpillés à travers le monde, ne sont guère accessibles à l'honnête homme, à l'amateur curieux de nos origines.
Pour remédier à cette situation, une équipe de chercheurs réputés a rédigé, sous la direction de Denis Vialou, une première partie, narrative, offrant un vaste panorama des principaux courants qui traversent la recherche préhistorique, des méthodes utilisées, des hypothèses et des certitudes auxquelles elles ont conduit, ainsi que quelques 5 600 articles couvrant l'ensemble de la préhistoire, de l'Aiguille à chas au Zèbre en passant par Erevan, la grotte des Fées, l'hippopotame, le mammouth, les dolmens de Soto ou la grotte Vaufrey.
Présentation de l'éditeur
Michael Parenti, ici traduit en français pour la première fois, nous offre un véritable manuel pour comprendre et combattre l'impérialisme américain en 10 leçons. -1. Comment se réalise le processus de domination politique et économique -2. Pourquoi la pauvreté et le sous-développement sont-ils le produit de l'impérialisme -3. Qui sont les vainqueurs et les perdants de la construction impérialiste -4. Que paie la population américaine elle-même pour les coûts cachés de l'impérialisme ? -5. Comment les dirigeants américains empêchent l'opinion publique de comprendre que leur politique sert à favoriser les nantis -6. Comment on fabrique des justifications pour faire accepter les interventions militaires à l'étranger -7. Quels sont les prétextes des interventions militaires -8. Comment les intérêts de l'Etat sapent la véritable démocratie -9. Comment la propagande de guerre et les discours ' humanitaires ' de l'empire aliènent autant la population mondiale que le peuple des Etats-Unis -10. Comment sont discriminés les intellectuels progressistes dans les universités américaines.
Présentation de l'éditeur
Michael Parenti est l'un des plus percutants penseurs progressistes américains. Docteur en sciences politiques à l'Université de Yale, il enseigne dans de nombreux collèges et universités. Il est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages, inédits en français.
Lire l'article de Patrick Gillard : La critique de l'impérialisme made in USA
Portraits de Bruxellois
Bruxelles, montre-moi qui fait vivre tes rues, et je te dirai qui tu es.
Dans les rues de la ville, au milieu des quidams, il y a des personnages. Des hommes et des femmes qui, par leur mode de vie atypique ou leur profession typique, finissent tous par se faire remarquer. C'est sûr, vous en «-connaissez-» l'un ou l'autre, vous les avez déjà vus, mais au fond qui sont-ils-?
Gueules d'amour vous invite à rencontrer dans l'intimité du noir et blanc 25 personnages polychromes. Juste pour en savoir un petit peu plus à leur sujet, écouter ce qu'ils ont à dire, mieux les cerner. Une découverte-confidence qui s'articule pour chaque personnage sur trois doubles pages pralinées d'anecdotes. Et au fil des mots et des photos, les Gueules d'amour révèlent toutes leurs saveurs.
Daniel Vanhove, psychopédagogue, bénévole à l'ABP (Association Belgo-Palestinienne) de Bruxelles, fait ici le compte-rendu de plusieurs missions qu'il a effectuées en tant qu'observateur civil en Palestine, entre novembre 2001 et avril 2004. Au fil de ses voyages dans la région, il a ressenti l'urgence de témoigner de l'insoutenable réalité de ce qu'il a vu et entendu, au coeur des hommes et des femmes qui tentent de survivre à l'enfer quotidien dans lequel l'occupant tente de les anéantir.
Le livre est accompagné d'un DVD, reportage de 60' intitulé Au bord de la mort nous cultivons l'espoir, avec des témoignages accablants sur la séquestration des Palestiniens depuis 50 ans dans les camps de réfugiés. Une démonstration de l'arrogance des Israéliens implantés dans les colonies en pleine expansion.
L'errance des passagers juifs du 'SS Saint-Louis'
Quelques mois après la tristement célèbre nuit de Cristal, Adolf Hitler, répondant aux protestations venant du monde entier, accorde aux Juifs le droit de quitter l'Allemagne. Un paquebot battant pavillon nazi, le 'SS Saint-Louis', quitte Hambourg le 13 mai 1939, avec à son bord 937 passagers. Tous sont Juifs allemands et sont munis de visas. Censés débarquer à La Havane, les exilés espèrent pouvoir émigrer aux Etats-Unis. A l'approche des eaux territoriales cubaines, le capitaine du Saint-Louis, Gustav Schröder, reçoit un câble du gouvernement cubain lui interdisant l'entrée dans les eaux du port. Refusant de faire demi-tour et de ramener sa 'cargaison' à Hambourg, Schröder prend contact avec les gouvernements du monde dit libre en leur demandant d'accueillir ses passagers. Toutes les nations refusent, Etats-Unis, Canada, pays d'Amérique latine... Commence alors l'effroyable errance du Saint-Louis, dont le romancier Gilbert Sinoué retrace l'épopée inconcevable.
Dans cet essai parlé (l'auteur nous entraîne dans ce qui ressemble aux méandres captivants d'une longue conversation, avec ses contradictions, ses moments de passion et ses hésitations), Geert van Istendael s'efforce de cerner ce phénomène complexe et irréductible qu'est la Belgique. La Belgique et son passé rocambolesque, sa défiance viscérale à l'égard de toute forme d'autorité, ses langues, ses joutes incompréhensibles, ses frontières intérieures, son sens ahurissant de l'architecture, son art de vivre, sa philosophie en forme de 'oui mais non' et son talent unique pour le compromis. Que l'on se rassure : il restera bien des paradoxes à la fin de cet essai lumineux et pénétrant, qui connaît un succès considérable en Flandre et aux Pays-Bas et qui a été entièrement revu pour la présente édition.
Présentation de l'éditeur