Lionel Asbo vient d’une banlieue où les garçons prennent le chemin de la prison plus souvent que celui de l’école, et où le pitbull est le meilleur ami de l’homme. Après avoir longtemps œuvré dans le recouvrement de dettes par tous les moyens, il gagne un jour la modique somme de cent quarante millions de livres sterling à la loterie, ce qui lui permet de fréquenter enfin les héros de l’Angleterre contemporaine, les stars de la téléréalité comme celles du monde du football, et lui vaudra l’admiration éperdue de son neveu Desmond, jeune homme sentimental et brillant. Si ce dernier réussit à s’extraire de son milieu, il ne perdra jamais de vue les frasques de son oncle, chroniquées par le menu dans les tabloïds anglais, tout en redoutant qu’il ne découvre la faute impardonnable qu’il a commise au temps de son adolescence.
Martin Amis nous offre un portrait au vitriol de l’Angleterre d’aujourd’hui. Ce roman ravageur et terriblement drôle démontre une nouvelle fois la virtuosité verbale de son auteur. Son talent de satiriste et sa capacité à dépeindre l’Angleterre avec tous ses travers sont éclatants.
Dans la lignée de Bernard Malamud, Philip Roth ou Saul Bellow, Stuart Nadler s'impose avec ce premier recueil de nouvelles comme un écrivain à part entière.
Entre New York et Boston, sept personnages aux prises avec la culpabilité et le désir, la famille et la liberté, le conflit entre tradition et modernité. D'une écriture élégante et non dénuée d'ironie, Stuart Nadler nous parle de parents qui se séparent pour le plaisir de souffrir, de frères qui s'éloignent pour mieux se retrouver ou encore d'amants heureux qui courent à leur propre perte. Des conflits de l'existence, en somme, évoqués avec une finesse psychologique et une maîtrise narrative exceptionnelles.
« Stuart Nadler possède une sagesse surprenante chez quelqu'un d'aussi jeune. Mais il est surtout un remarquable et talentueux écrivain de l'amour : ses occasions ratées, ses exigences folles ou cruelles, sa tyrannie des regrets. » The Washington Post
« La trahison et le pardon sont au coeur de cet impressionnant recueil de nouvelles. Stuart Nadler crée avec beaucoup de talent des personnages que les échecs et les défauts rendent formidablement humains, d'une façon touchante et presque comique. » The New Yorker
« Parcouru par une tension entre tradition et modernité dans la culture juive contemporaine, le livre de Stuart Nadler est riche et accessible à la fois. Voilà un univers où prévaut une conception émotionnelle du monde, où la douleur et la confusion sont présentes, mais où la rédemption est encore et toujours à portée de main. »
The Daily Beast
« Une mélancolie désabusée et un humour caustique traversent ces formidables nouvelles. » The Guardian
Splendeurs et misères de l’orgueil masculin. Soit un modeste garagiste mexicain qui a plaqué femme et gosses pour suivre à Barcelone une bombe dominicaine, chanteuse de salsa, aussi irrésistible qu’assommante. Soit un séduisant quadragénaire catalan, dont les femmes sont folles, mais qui est encore puceau à 47 ans parce qu’il se croit impuissant et qui en désespoir de cause a recours au Viagra. Soit enfin, ou presque, un acteur porno argentin en fin de carrière qui perd tous ses moyens sur un tournage après être tombé raide amoureux d’une jeune et jolie étudiante qui le croit chercheur en génétique... Quand ces trois-là se croisent, avec quelques autres qui font, ou pas, dans la dentelle, le cocktail est explosif.
Coup de sang est une tragicomédie sexuelle débridée, crue, farcesque, panique, un vaudeville délirant qui risque de choquer les belles âmes, dans lequel Enrique Serna déploie toute sa verve caustique et son humour féroce, entre passions et pulsions, entre triomphes et fiascos. Peinture au vitriol de la sexualité contemporaine, portrait grinçant du macho, mais aussi de l’hystérique moderne, ce Coup de sang d’un des plus talentueux et singuliers écrivains d’Amérique latine est un roman crépitant de folies diverses et variées, dont la lecture réserve, jusqu’au bout, bien des plaisirs et des surprises.
Après une séparation tumultueuse, Frank Collard quitte Canberra et rejoint les paysages sauvages de la côte nord-est australienne et la cabane rudimentaire où son grand-père et son père se sont jadis refugiés après avoir survécu à la guerre.
Frank aimerait devenir un autre. Pourquoi cette violence, ce mutisme en lui ? Pourquoi a-t-il coupé les ponts avec son père ? Et ce silence obstiné sur tout ce qui touche au passé ?
Frank s’installe, découvre ses voisins et tente de se raccrocher aux plus élémentaires choses de la vie pour parvenir à la quiétude tant désirée. Mais des événements inattendus mettront sa nouvelle existence à l’épreuve.
Dans ce roman sur trois générations d’hommes, Evie Wyld parvient à raconter avec la même intensité, la même passion, chaque morceau d’un puzzle polyphonique, complexe et bouleversant. Interrogeant les ressorts secrets de la violence, elle nous livre un roman d’une rare puissance et pose les jalons d’une oeuvre des plus prometteuses.
Gerald Locklin (universitaire ex-alcoolique, l'un des rares amis de Bukowski) est inconnu en France et pourtant c'est l'une des figures littéraires les plus importantes de la côte ouest américaine. Ce livre très autobiographique est un concentré de satire sociale.
'Jenny représente pourtant son fantasme sexuel absolu. Telle qu'elle est maintenant, à vingt-cinq ans - mariée, avec un ou deux kilos aux mauvais endroits -, elle reste aussi excitante qu'à dix-sept : un vilain petit canard qui se transforme en cygne, dégingandée, plutôt mal dans sa peau, petits seins, complexée par ses cheveux foncés et bouclés, terrifiée par les hommes.'
András Lévi, juif d’origine hongroise, a quitté ses parents et ses frères afin de poursuivre ses études d’architecture à Paris. Il se prend rapidement au jeu de la vie parisienne : il se lie d’amitié avec Rosen, Polaner et Ben Yakov puis tombe amoureux de Klára, une femme de neuf ans son aînée. Mais l’euphorie ne dure qu’un temps, car nous sommes en 1937 et l’Europe s’apprête à basculer dans la terreur. Rosen projette d’émigrer en Palestine, Ben Yakov souhaite rejoindre ses parents à Rouen et Polaner intègre la légion étrangère. András doit retourner à Budapest, accompagné de Klára. Tous deux pensent avoir échappé à l’antisémitisme. Mais ce n’est que le début d’un périple marqué par la violence, la souffrance et la peur.
Dans ce texte magistral, Julie Orringer recrée l’Europe des années 40, les destins individuels dévastés par l’irruption de la guerre. Des rues de Paris aux camps de travail ukrainiens, Le Pont invisible reconstitue à travers l’histoire d’une poignée d’exilés le désastre intime et politique du totalitarisme.
Ces chers Italiens est un livre d'amour, l'un des plus brillants qu'ait jamais écrit Malaparte. La moitié du livre se compose d'essais parus de son vivant dans le Corriere della Sera. La seconde partie traite aussi bien des Italiens à travers l'histoire, l'art, les moeurs, que des Piémontais, des Milanais, Vénitiens, Génois, etc. C'est un tour complet d'Italie qui nous est offert, entraînant le lecteur avec ce brio, cette audace, ces envolées qui ont fait la renommée de Malaparte. C'est là un livre imprévu, direct, vif et hardi, qui doit toucher non seulement les innombrables lecteurs de Malaparte mais aussi ceux qui s'intéressent à l'Italie.
Malaparte projetait d'écrire deux livres sur ses compatriotes. Il a eu le temps d'achever le premier : Ces maudits Toscans (Maledetti Toscani). La mort est venue le surprendre avant qu'il puisse mettre la dernière main à Ces chers Italiens (Benedetti Italiani).
Après cinq ans d'absence, Taoufik revient à Tunis pour y passer ses vacances chez son frère cadet. Il est d'emblée frappé par le comportement de sa belle-soeur, Yousra, qui à présent porte le voile et refuse de l'embrasser mais ne cache pas son engouement pour tous les produits venant d'Europe, y compris les sous-vêtements les plus affriolants. Son frère lui-même se rend régulièrement à la mosquée et y entraîne son fils chaque vendredi, lui inculquant la haine des « infidèles ». Ce qui ne l'empêche pas de fréquenter une prostituée ni de dénoncer à la police sa belle voisine, Naïma, qui a elle aussi pris le voile, après son divorce, pour mieux dissimuler une liaison amoureuse. Quant à Leïla, la soeur de Yousra, pourtant bien intégrée avec son mari dans le secteur « moderne » de la société, elle n'hésite pas à coucher avec Taoufik dans l'espoir d'aller vivre avec lui en France, loin de la souriante Tunisie où, comme tant de jeunes gens, elle se sent étouffer...
Dans ce roman prémonitoire publié avant la révolution de décembre 2010 et nominé pour l'International Prize for Arabic Fiction, Habib Selmi dénonce la duplicité et l'hypocrisie générées en Tunisie tant par le despotisme faussement moderniste de Ben Ali que par l'omniprésence de la religion dans la vie quotidienne.
Asif, Lila et Yasmine sont frère et sœurs. Lila a fui la maison, contraignant Asif à s’occuper de Yasmine, qui n’a pas idée du ressentiment qu’elle cause. Qui voit la musique en couleurs et se rappelle si bien de tant de choses que parfois sa tête lui fait mal. Qui n’est pas heureuse, et sait qu’elle est spéciale. Un jour, une équipe de télévision vient réaliser un reportage sur le syndrome d’Asperger et la vie de Yasmine. Un roman à trois voix doux-amer et touchant.
Proses II
Ces « Proses » de Fernando Pessoa qui rassemblent tous les textes publiés de son vivant, ont paru à La Différence en 1988. Epuisé depuis une dizaine d'années, cet ouvrage revoit le jour, en deux volumes, augmenté de nouveaux textes que les chercheurs ont découverts entre-temps. Un des intérêts de cette édition est de mesurer l'ampleur et la diversité des publications que Pessoa fit de son vivant. La légende de la malle remplie d'inédits posthumes a occulté d'aspect de l'écrivain publiant dans le différentes revues de son temps et participant, au premier plan, au débat intellectuel.