Taches de soleil, ou d'ombre

Taches de soleil, ou d'ombre
Jaccottet Philippe
Ed. Le Bruit du temps

Ce recueil, composé de notes des années 1952-2005 qui n'avaient pas été retenues lors des choix précédemment opérés par Philippe Jaccottet, parachève la publication de ses cahiers et complète donc l'ensemble constitué par les trois volumes de La Semaison et celui des Observations et autres notes anciennes, tous parus aux éditions Gallimard.

« D'un côté j'ai le ciel, à ma gauche le ciel, la rue sur les lointains, l'ouvert, à ma droite il y a la maison d'arbres, la maison d'yeuses, avec ses fenêtres et ses habitants, les oiseaux pareils à des lampes. On marche ainsi entre le secret et l'aveu, la retraite d'ombre et le risque, et c'est cette double possession qui est belle »

Roderick Random

Roderick Random
Smollett Tobias
Ed. Belles lettres

Enfin à nouveau diponible !

Qui est Random ? Un jeune Écossais, de naissance avantageuse mais orphelin. Doté d'une solide éducation, intelligent à proportion, il partira pour Londres et apprendra la vie, en plein XVIIIe  siècle, sous la forge des voyages. Successivement gueux, aide-chirurgien sur un vaisseau, poignardeur, domestique, poète et soldat, Random sera finalement rattrapé par l'amour et la fortune dans un dénouement magnifiquement comploté par Smollett. Son style, comme ses personnages, ne s'embarrasse pas toujours de « précautions, d'éducation et de politesse ». Smollett est un moraliste brutal, « contre la misérable et vicieuse économie du monde ».

« Si le romancier est cet homme qui promène un miroir le long d'un chemin, Smollett est le romancier parfait » ! Jean Giono

La promo 49

La promo 49
Carpenter Don
Ed. Cambourakis

Ce septième roman de Don Carpenter, paru en 1985, est un portrait de groupe : on y suit les trajectoires d’une trentaine de camarades au cours d’une année charnière, celle où ils vont terminer le lycée, et basculer plus ou moins brutalement vers l’âge adulte.

Cet « album » est composé de vingt-quatre chapitres, des instantanés, dont le développement narratif flirte avec les canons de la nouvelle américaine : un certain minimalisme, une rigueur linguistique, une tension propre, des chutes laconiques, comme en suspens, qui soulignent souvent la tonalité nostalgique de ces brefs épisodes.

L’action se situe à Portland à la fin des années quarante, débute un soir de réveillon, s’attarde un peu au lycée, passe fugitivement à New-York, s’offre quelques excursions estivales à Seaside, la station balnéaire toute proche, et se clôt sur des retrouvailles, un an plus tard précisément, lors d’un double enterrement…

Don Carpenter avait dix-huit ans en 1949 ; à travers ce roman, il porte sur sa génération un regard empathique et lucide et restitue avec une remarquable économie de moyens la grâce précaire de la jeunesse.

« Pour eux, le temps du lycée et de la jeunesse était terminé. C’était une réalité. »

Parlez-moi d'Anne Frank

Parlez-moi d'Anne Frank
Englander Nathan
Ed. Plon

Deux couples se retrouvent pour un dîner. Les femmes, de vieilles amies d'enfance, ont pris des chemins très différents : l'une, juive hassidique, vit en Israël avec son mari et ses dix enfants ; l'autre a choisi la laïcité, elle n'a qu'un enfant, adolescent. Au fil de la conversation, les langues se délient et les masques tombent, dévoilant des visages inattendus. Alors le 'mari laïque' lance le jeu 'Anne Frank' inventé par sa femme. Le principe : 'S'il le fallait, serais-tu prêt à me cacher au péril de ta vie ?' Ce jeu dangereux redouble l'intensité lorsque la femme hassidique lit dans les yeux de son mari qu'il la dénoncerait...
Salué par une critique unanime et l'ensemble des écrivains américains de sa génération, Parlez-moi d'Anne Frank charrie autant de pépites d'émotion, d'humour, de tragédies et de poésie que le précédent, la maturité en plus.

 

Bloody Miami

Bloody Miami
Wolfe Tom
Ed. Laffont

Portée par une prose électrique, cette grande fresque en 3D de la vie à Miami est un miroir de l'Amérique des années 2010, comme le fut pour les années 1990 le New York du Bûcher des vanités.
Brillant, culotté, à l'humour corrosif : un Tom Wolfe très grand cru.
« Une invasion armée, c'est une chose, évidemment. Mais Miami est la seule ville d'Amérique – et même du monde, à ma connaissance – ou une population venue d'un pays étranger, dotée d'une langue et d'une culture étrangères, a immigré et établi sa domination en l'espace d'une génération à peine – par la voie des urnes. Je veux parler des Cubains de Miami. Dès que j'ai pris conscience de cette réalité, j'ai trépigné d'impatience : il fallait que j'y aille. C'est ainsi que j'ai passé deux ans et demi dans la mêlée, en plein coeur de l'immense foire d'empoigne qu'est Miami. Il faut le voir pour le croire ; ou bien (oserais-je le suggérer ?) le lire dans Bloody Miami. Dans ce livre – ou il n'est pas question d'hémoglobine, mais de lignées –, Nestor, un policier cubain de vingt-six ans, se retrouve exilé par son propre peuple de la ville d'Hialeah, la véritable « Little Havana » de Miami, pour avoir sauvé de la noyade un misérable émigrant clandestin de La Havane ; Magdalena, sa ravissante petite amie de vingt-quatre ans, leur tourne le dos, à Hialeah et à lui, pour des horizons plus glamour en devenant la maîtresse d'abord d'un psychiatre, star des plateaux télé et spécialiste de l'addiction à la pornographie, puis d'un « oligarque » russe dont le plus grand titre de gloire est d'avoir donné son nom au Musée des beaux-arts de Miami (en lui vendant des faux pour soixante-dix millions de dollars...) ; un professeur haïtien risque la ruine pour que ses enfants mulâtres soient pris pour des Blancs ; un chef de la police noir décide qu'il en a assez de servir d'alibi à la politique raciale du maire cubain ; le rédacteur en chef WASP de l'unique quotidien anglophone encore publié à Miami, certes diplômé de Yale mais qui ne comprend rien aux contradictions intrinsèques et complètement cinglées de cette ville, meurt de peur de perdre sa place – et ses privilèges ; tandis que son jeune reporter vedette, également sorti de Yale – mais qui, lui, a tout compris –, s'échine (avec succès et avec l'aide de Nestor, notre jeune policier cubain) à traquer le scoop qui lui permettra de se faire une place à la hauteur de son ambition... et je n'évoque là que neuf des personnages de Bloody Miami, qui couvre tout le spectre social de cette mégapole multiethnique. J'espère qu'ils vous plairont. C'est un roman, mais je ne peux m'empêcher de me poser cette question : et si nous étions en train d'y contempler l'aurore de l'avenir de l'Amérique ? » Tom Wolfe

Une fille bien

Une fille bien
Jones Holly Goddard
Ed. Albin Michel

Entre Midwest et Sud profond, l'Amérique de Holly Goddard Jones, originaire du Kentucky, est celle des petites villes faussement paisibles dont elle explore le quotidien secret dans ce recueil poignant. La trahison, l'adolescence, l'amour, la mort, les choix parfois cruels... Dans la lignée des grands nouvellistes, Holly Goddard Jones raconte avec une formidable empathie le risque inhérent à toute existence, cet instant imprévisible qui peut mener de la banalité à la tragédie.

« Un livre fort, qui reste longtemps en tête :Holly Goddard Jones possède un talent unique. George Pelecanos

« Un formidable début. Le style naturel de Holly Goddard Jones donne à ses nouvelles une force tranquille et douloureusement humaine. » Booklist

« Ce livre est d'une sagesse à vous briser le coeur » Edward P. Jones

L'affaire Eszter Solymosi

L'affaire Eszter Solymosi
Krudy Gyula
Ed. Albin Michel

Un matin d'avril 1882, à Tiszaeszlár, dans la campagne hongroise, Eszter, une petite bonne de quatorze ans, disparaît en revenant d'une course. Ce jour-là, une réunion se tient à la synagogue du village pour choisir un abatteur rituel parmi les candidats venus de toute la région. Très vite, la rumeur se répand : les juifs auraient enlevé et égorgé la jeune chrétienne pour ajouter son sang au pain azyme de la pâque...

Ainsi commence le roman, inédit en France, d'un des plus grands auteurs de la littérature hongroise, Gyula Krúdy (1878-1933), inspiré de « l'affaire de Tiszaeszlár » qui déclenchera, comme l'affaire Dreyfus en France, une flambée d'antisémitisme dans le pays et aboutira à un procès pour « crime rituel » qui verra comparaître treize accusés.

Se fondant sur les comptes rendus des journalistes et du principal avocat de la défense, Krúdy reconstitue le drame dans toute sa complexité, redonnant vie aux protagonistes avec une puissance d'évocation stupéfiante, brossant le tableau magistral d'une société hantée par la haine de l'étranger. Chef-d'oeuvre romanesque, réquisitoire contre l'intolérance et l'ignorance, L'affaire Eszter Solymosi - qui suscite encore aujourd'hui une vive polémique en Hongrie - témoigne du talent d'un immense écrivain.

La fin d'Alice

La fin d'Alice
Homes A. M.
Ed. Actes Sud

Elle a vingt ans à peine, habite chez ses parents, dans une banlieue cossue, mais elle ne semble pas heureuse, plutôt mélancolique, isolée, et surtout dévorée par un feu intérieur qu’elle dissimule à tous sauf à cet homme à qui elle a décidé d’écrire. Lui a cinquante-quatre ans, il purge depuis plus de deux décennies une peine de prison pour le viol et le meurtre sauvage d’une adolescente de douze ans. La relation épistolaire qu’ils nouent poussera la jeune fille, irrésistiblement attirée par un petit voisin de huit ans son cadet, à passer à l’acte. Tandis que la prédatrice se rapproche de sa proie, le prisonnier, tout en livrant le froid compte-rendu de son quotidien carcéral, dessine les contours de son propre parcours – d’une enfance avilie par une mère déviante à la naissance en lui de ce goût périlleux pour les toutes jeunes filles qui le conduira à la transgression suprême.
Superbement accompli, ce roman dérangeant – et dont certaines scènes pourront parfois heurter – invite à sceller un pacte de lecture inédit en acceptant de créditer de toute l’humanité qui est la sienne un personnage éminemment désigné à l’opprobre, et de se rendre ainsi capable d’en accompagner le cheminement, au sein de l’espace compassionnel créé par la fiction. Pour mieux comprendre, peut-être, un destin parmi d’autres, où, battant en brèche d’illusoires et vertueux désirs de “normalité” s’incarnent soudain, monstrueuses, les profondes ténèbres qui régissent les passions de nos âmes.

Les Fables de Zambri

Les Fables de Zambri
Bierce Ambrose
Ed. Dilettante

Si l'on connaît les Fables fantastiques, souvent rééditées, on ignore qu'elles tirent leur origine d'un autre recueil, Les Fables de Zambri. Publiée en 1874 en Angleterre sous le pseudonyme de Dod Grile, cette parodie d'Ésope, versant parfois dans un non-sens très british, n'avait jamais été traduite en français. Elle témoigne d'un virage dans la carrière d'Ambrose Bierce : pour la première fois, ce dernier délaissait la forme de la chronique satirique pour un registre plus spécifiquement littéraire, celui de la fable. Ce fut le début d'une longue histoire d'amour, car Ambrose Bierce en écrivit plus de huit cent cinquante tout au long de sa carrière !

Nouvelles du New Yorker

Nouvelles du New Yorker
Beattie Ann
Ed. Christian Bourgois

« [Chaque nouvelle de Beattie est] comme un nouveau communiqué du front : nous nous en emparons, impatients de savoir ce qui se passe là-bas, à la lisière du no man's land mouvant et aléatoire qu'on appelle les relations interpersonnelles. » Margaret Atwood


« Personne n'avait jamais écrit comme Ann Beattie. Raymond Carver et d'autres minimalistes étaient des précurseurs, mais son œuvre est unique. Selon John Updike, elle a 'trouvé le moyen d'écrire un tout nouveau type d'histoires'. » The Nation

« Ann Beattie est un trésor national, un auteur de nouvelles qui entrera dans la postérité et continuera à inspirer. » The New York Times

« L'un des maîtres de la nouvelle les plus décisifs et indispensables à notre époque. Beattie saisit et rend brillamment une époque, un lieu et la forme d'un engagement. Sa voix est originale et unique. » The Washington Post

« Ses nouvelles brillamment construites, avisées et obsédantes, sont d'une drôlerie acerbe et composent un magnifique recueil. » Booklist

En numérique chez Tropismes : Nouvelles du New Yorker

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