« Ma mère est morte deux fois », ainsi commence l’histoire d’Esma, une jeune femme kurde de Londres, tentant de comprendre le meurtre que son frère, Iskender, a commis à l’encontre de sa mère. Elle raconte ainsi l’histoire de sa famille, revenant notamment sur trois générations de femmes qui ont choisi l’exil pour vivre de miracles et croire aux mirages, qui ont choisi la liberté et l’amour quand d’autres restent ancrés dans les traditions et portent au pinacle l’honneur d’une famille.
«Faire la paix avec les Tchétchènes, ils ne seraient pas contre non plus. Une très longue paix… Les Tchétchènes sont des gens comme les autres. Les soldats pourraient aller à la pêche. Il paraît qu’il y a beaucoup de poisson dans les rivières de montagne, du bon poisson, pas bien gros, il est vrai.
Malgré tout, l’opinion générale penche du côté de la guerre.»
Alexandre Jiline est commandant de l’armée russe en Tchétchénie, chargé de l’approvisionnement des troupes en essence. Un poste stratégique, qui lui permet de se livrer à un trafic de barils avec l’ennemi tchétchène. Mais Jiline a aussi bon cœur, et les villageois l’apprécient pour cela. En signe de respect, ils transforment alors son prénom en Assan : dans le folklore tchétchène, Assan est une idole de la période préislamique du Caucase qui incarne la vengeance. Mais son histoire personnelle prend un tournant décisif quand il décide de prendre sous son aile deux jeunes soldats devenus inaptes au service en les planquant dans un de ses dépôts de carburants...
Assan évoque avec brio la sale guerre de la Russie en Tchétchénie, mais ce cadre contemporain, très précis, contient aussi un roman universel qui dépeint avec force les contradictions de tout être humain dans des situations extrêmes.
Un roman aux dimensions épiques, un roman d'apprentissage plein d'un humour british, aussi désopilant que désespéré, sur l'incroyable violence du monde adulte, mais aussi sur la camaraderie, le premier amour et les rêves d'avenir. Finaliste des plus grands prix européens, une oeuvre hors normes, une véritable révélation.
Roman d'apprentissage, comédie picaresque tour à tour hilarante et mélancolique, Skippy dans les étoiles nous livre une vision tendre et acide de l'adolescence. Finaliste de tous les plus grands prix européens, du Costa au Booker, la révélation d'un grand des lettres irlandaises.
Comment survivre à Seabrook College, institution dublinoise poussiéreuse, quand on est chétif, maladivement timide et nul en sport ? Quand on a pour meilleur ami l'autre loser du bahut, un petit génie des maths obèse ? Quand on se consume d'amour pour la plus jolie fille de la ville ? Quand la terreur du collège, dealer occasionnel et psychopathe officiel, a juré de vous faire la peau ? Quand les adultes sont tous, au mieux des lâches, au pire des salauds ? En un mot comme en cent, comment survivre à l'adolescence ?
Ces questions, Skippy se les pose inlassablement.
Mais aujourd'hui, c'est différent.
Aujourd'hui, Skippy leur réserve à tous une surprise de taille.
Une surprise dont Seabrook aura bien du mal à se remettre...
«Skippy dans les étoiles n'est rien moins que le livre le plus réjouissant, le plus drôle et le plus émouvant de l'année. »
The Guardian
Un petit garçon né avec les lèvres scellées vit aujourd’hui avec un léger duvet sur la bouche, une hypersensibilité à tout déplacement d’air. Après la disparition de sa mère, il passe de longs moments sur la terrasse d’un grand magasin, là où serait morte l’éléphante Indira. On dit que ce bel animal, mascotte d’un lancement promotionnel, devint un jour trop gros pour quitter les lieux.
Un matin, cet enfant solitaire découvre le corps d’un homme noyé dans le bleu d’une piscine. Et c’est en cherchant à savoir qui était ce malheureux que le gamin rencontre un gardien d’usine, un être obèse installé dans un autobus immobile et magique. Dès lors se dessinent entre eux une confiance quasi filiale, une relation toute familiale, un désir de legs, une envie d’héritage.
L’homme, passionné par les échecs, va faire du gamin son héritier de coeur, il va lui enseigner la stratégie du jeu, tout un art auquel le jeune garçon ajoute une spécificité : il joue tel un aveugle, sans voir son adversaire, sans voir les pions…
Retrouvant dans ce livre le motif du vieillard et de l’enfant, celui du lien issu d’une passion partagée, Yôko Ogawa poursuit l’exploration du sensible pour interroger, tel un écho silencieux, l’attachement à ceux qu’on aime, éternel.
Théories complémentaires : dynamite
En vue de faire place nette pour la construction du centre administratif de la ville, une équipe arriva de Chicago et, après avoir examiné la structure du Delvic, plaça des charges d'explosifs dans des endroits stratégiques avant de les relier les unes aux autres. Il y avait quelque chose de prometteur dans leurs casques orange vif et dans la manière désinvolte avec laquelle ils manipulaient ce matériel dangereux. Ils passèrent un temps fou à localiser et à charger la légendaire poutre maîtresse, cette pièce d'acier fondamentale servant de clé de voûte à la structure tout entière. Ils s'installèrent dans la rue avec leurs trépieds topographiques, calculant les angles et les risques, estimant la vitesse de l'effondrement et la dimension potentielle du nuage de poussière qui s'élèverait de cette masse tel un gigantesque animal à fourrure. La lourde façade tarabiscotée de l'hôtel - qui avait à une époque conféré à la ville un air optimiste de grandeur et d'espoir, avec ses moulures rococo en plâtre, ses médaillons en terre cuite à la Louis Sullivan, ses gargouilles grimaçantes en forme de grenouille, accroupies dans les angles au sommet et visibles uniquement au crépuscule quand le soleil irradiait les cieux - resta debout même après l'explosion, alors que le squelette intérieur se tassait sur lui-même au ralenti, à la manière dont pourrait fondre à la chaleur une pièce montée (le tout s'opérant en l'espace de quelques secondes d'un ébahissement empoussiéré) ; mais, à y regarder de près - si l'on en croit ceux qui étaient présents -, on vit la façade se soulever, se fendiller sous la pression d'infimes fractures, tandis qu'elle luttait contre sa fin imminente. D'autres spectateurs jurèrent qu'ils n'avaient absolument rien vu.'
Extrait, p. 125-126
Les personnages de David Means sont des êtres déchus, animés de désirs de revanche comme de rêves d’absolution. Prostituées, anciens du Vietnam traumatisés, fous de Dieu… Ils peuplent des lieux habités d’une telle présence qu’ils semblent en être l’émanation et ne constituer qu’un élément du décor parmi d’autres.
Les sources d’inspiration de l’écrivain reflètent la variété des paysages de ce pays-continent et ses mythes écornés. L’Amérique postindustrielle comme le Midwest décati. Une étendue au large de Cleveland dont dépend l’approvisionnement en eau de la ville. Un parc donnant sur l’Hudson, où deux amants réalisent que leur liaison touche à sa fin. Les chutes du Niagara, destination finale du corps d’une jeune fille qui semble prise dans les remous de sa propre tragédie. L’oreille devenue folle d’un habitant de Manhattan qui subit les assauts d’un voisin très bruyant. La chambre d’un hôpital de banlieue dans laquelle un jeune père attend avec anxiété un diagnostic qui menace le cours de son existence. Ou encore un campement poussiéreux du Nebraska où un groupe d’activistes stupides fomentent une révolution.
« J’espérais avoir à mon tour une telle occasion, aller au combat, devenir un héros, en revenir pour recevoir mérite et promotion. Si je mourrais au champ d’honneur, mon père et ma mère auraient alors le statut de “parents de martyr”, cela changerait la situation politique de la famille et, du coup, ils ne m’auraient pas mis au monde ni élevé pour rien. » Mo Yan
Dans Le Grand Chambard, une autobiographie romancée, à moins que ce ne soit un court roman autobiographique, Mo Yan, mêlant bribes et anecdotes, retrace son parcours et celui de tous les Chinois, au cœur des mutations brutales de la Chine depuis Mao.
Avec ce court récit, Mo Yan livre un autoportrait malicieux avec humour et truculence en rendant hommage aux habitants de Gaomi.
Mo Yan, né dans le Shandong en 1955, a reçu le prix Nobel de littérature en 2012. Une douzaine de ses romans et nouvelles sont traduits en français et publiés au Seuil dont Beaux seins, belles fesses (2004), Le Supplice du santal (2006), Quarante et un coups de canon (2008), La Dure Loi du karma (2009), Grenouilles (2011) et Le Veau suivi de Le Coureur de fond (2012).
England's Lane, dans le Nord de Londres, est une rue pleine d'effervescence, où se côtoient de nombreuses boutiques. L'occasion de s'immiscer dans le quotidien des commerçants de la petite artère en 1959. On y rencontre entre autres Milly, mariée à Jim Stammer qui tient la quincaillerie. Ils ont un fils adoptif, Paul, d'une dizaine d'années. Il y a aussi Stan, le marchand de tabac et de friandises dont la femme reste cloîtrée à la maison, père d'une gamine de l'âge de Paul. Ou encore Jonathan Barton, le boucher de l'England's Lane qui reçoit un jour la visite d'un inconnu le menaçant de révéler sa véritable identité... Infidélités, mensonges, meurtres et trahisons se cachent derrière les façades proprettes de chacun des commerçants, bien moins lisses qu'on pourrait le croire... Une comédie de moeurs comme seul Joseph Connolly en a le secret, savoureuse et piquante à souhait.
Lolita postmoderne, Katya Spivak oscille entre la naïveté de ses seize ans et le cynisme d’une gamine élevée à la dure. Et, quand le vieux et très distingué Mr Kidder l’aborde courtoisement alors qu’elle a le nez collé contre une vitrine de dessous affriolants, elle réagit avec la méfiance polie qui convient. Pourtant, peu à peu, au fil des jours et de leurs rencontres, la jeune fille en mal d’affection se laisse vaguement séduire par le charme et la générosité désintéressée que déploie à son égard le vieil homme. Mais, derrière sa richesse, ses manières impeccables, ses talents artistiques, sa grande maison vide, ses tableaux bizarres, sa gouvernante et son chauffeur discrets, qui est le mystérieux Mr Kidder ? Et que veut-il vraiment de Katya ?
After crossing oceans, a man and a boy arrive in a new land. Here they are each assigned a name and an age, and held in a camp in the desert while they learn Spanish, the language of their new country. As Simón and David they make their way to the relocation centre in the city of Novilla, where officialdom treats them politely but not necessarily helpfully.
Simón finds a job in a grain wharf. The work is unfamiliar and backbreaking, but he soon warms to his stevedore comrades, who during breaks conduct philosophical dialogues on the dignity of labour, and generally take him to their hearts.
Now he must set about his task of locating the boy’s mother. Though like everyone else who arrives in this new country he seems to be washed clean of all traces of memory, he is convinced he will know her when he sees her. And indeed, while walking with the boy in the countryside Simón catches sight of a woman he is certain is the mother, and persuades her to assume the role.
David's new mother comes to realise that he is an exceptional child, a bright, dreamy boy with highly unusual ideas about the world. But the school authorities detect a rebellious streak in him and insist he be sent to a special school far away. His mother refuses to yield him up, and it is Simón who must drive the car as the trio flees across the mountains.
THE CHILDHOOD OF JESUS is a profound, beautiful and continually surprising novel from a very great writer.
Comme tant d'autres Lorrains, les ancêtres de Jacob Obertin ont émigré dans le Banat à la fin du XVIIIe siècle, en quête d'une vie meilleure. Mais à quel prix ? Jacob a tiré la mauvaise carte : après avoir perdu son amoureuse et sa mère de coeur, il est confronté à la trahison de son père. Pourtant, la vie met aussi sur son chemin des gens qui l'aident à surmonter les vicissitudes de l'Histoire - guerre, dictature et déportation - et à tenter toujours un nouveau départ. Situé entre la fin des années vingt et le début des années cinquante du siècle dernier, Le Turbulent Destin de Jacob Obertin est une fantastique épopée familiale qui nous entraîne sur les traces des germanophones de Roumanie depuis la guerre de Trente Ans. Ce récit épique poignant, tendre, riche en truculences et en péripéties, peuplé de personnages hauts en couleur, constitue un concentré époustouflant de l'histoire de l'Europe.