L'Ancêtre est un roman inspiré d'une histoire réelle. En 1515, trois navires quittent l'Espagne en direction du Rio de la Plata, vaste estuaire à la conjonction des fleuves Paranà et Uruguay. A peine débarqués à terre, le capitaine et les quelques hommes qui l'accompagnent sont massacrés par des Indiens. Seul un mousse en réchappe. Fait prisonnier, il n'est rendu à son monde que dix ans plus tard, à l'occasion du passage d'une autre expédition. De ce fait historique, Juan José Saer tire une fable d'une écriture éblouissante.
Donner une idée des écrits de Fredrik Sjöberg est à la fois facile et très difficile. Facile parce qu'il suffit d'évoquer la prose envoûtante et mélancolique de W. G. Sebald et de dire : voici la même famille d'esprits, en plus humoristique, plus ludique, mais tout aussi fascinant et profond. Difficile, parce que, comme chez Sebald, c'est une prose inénarrable : la décrire c'est comme décrire un morceau de musique, c'est-à-dire passer à côté de l'essentiel.
L'histoire ? Bien sûr, il y a une histoire : le narrateur, un entomologiste (comme l'auteur lui-même) commence à s'intéresser au destin d'un homme à facettes multiples : un scientifique, spécialiste des vers de terre, qui fut également historien d'art, viticulteur de renom, photographe, aquarelliste, mais aussi théosophe, ami de Strindberg et un des pionniers du mouvement écologique aux Etats-Unis. Gustaf Eisen (1847-1940) est le nom de cet étonnant personnage dont Fredrik Sjöberg raconte la vie - et ce faisant, il raconte la sienne propre : sa passion de collectionneur (d'insectes et de destins énigmatiques), son rapport à son travail, scientifique et littéraire, ses méditations sur la nature, sur la collecte et les collectionneurs, l'art et la science...
Point de spéculations abstraites, il ne s'agit pas de bâtir un système ; des histoires drôles, des anecdotes, des saynètes constituent la matière première de cette prose à la fois légère et profonde. Une pensée qui vagabonde sans jamais s'égarer ; des rêveries d'un « promeneur solitaire », mettant en scène une foule de personnages, aux destins souvent rocambolesques.
La liaison qu'entretint Elizabeth Smart avec le poète britannique George Barker dans les années 1940 fut immortalisée, sous ses aspects tant grandioses que douloureux, dans le magistral A la hauteur de Grand Central Station je me suis assise et j'ai pleuré. Publié plus de trente-deux ans plus tard et inédit en français jusqu'à ce jour, L'arrogance des vauriens est en quelque sorte la suite de ce récit.
Situé dans le Londres dévasté de l'immédiat après-guerre, ce texte témoigne des difficultés d'une jeune mère aux prises avec le rationnement et la pauvreté, en quête de réponses sur la finalité de l'amour, les compromis à faire et le sens de l'existence même. Le récit de Smart est bouleversant ; même lorsqu'elle se heurte à un désespoir envahissant, la narratrice conserve cette volonté indéfectible de vivre, d'écrire et de résister.
L'arrogance des vauriens est un véritable chef-d'oeuvre d'incantation poétique d'une existence redevenue ordinaire après avoir brillé de tous ses feux.
Chargé de cours dans une université de seconde zone, Jim Dixon accumule les déboires professionnels et sentimentaux. Il échoue à faire bonne impression au professeur Welch, le chef de la section d'Histoire, un mandarin dont la paresse n'a d'égal que le ridicule, et est pris au piège du chantage émotionnel qu'exerce sur lui Margaret, une collègue très coliante.
Face à l'adversité, Jim dispose néanmoins de quelques ressources : son talent pour les grimaces et son imagination fertile.
Lucky Jim est un roman pour tous ceux qui en sont venus un jour à détester leur travail tout en ne pouvant se permettre de le quitter, et tous ceux - parfois ce sont les mêmes - qui n'ont jamais suffisamment de monnaie sur eux pour se payer à la fois une bière et un paquet de cigarettes.
Patrocle, jeune prince maladroit, est exilé à la cour du roi Pelée. Il y rencontre Achille, son exact contraire, doué pour tout ce qu'il entreprend. Malgré leuts différénces, les deux jeunes hommes deviennent inséparables.
Quand débute la guerre de Troie, Achille part combattre. Tiraillé entre son amour pour son ami et la peur du danger, Patrocle décide de l'accompagner. La violence des hommes et des dieux transformera leur histoire en drame.
Aaro Korhonen décide d'ouvrir une brocante-bouquinerie-salon de thé à Helsinki, où il retrouve un ami, Oskari Matto. Lorsqu'un ange gardien, Ariel Auvinen, est chargé de veiller sur Aaro, celui-ci voit ses projets contrariés par son protecteur, l'ange tentant de l'empêcher de vendre de l'alcool dans son salon et prétendant choisir son épouse pour lui. Un démon tente alors d'évincer Ariel.
A Lisbonne, le dimanche de Pâques, au chevet de leur mère mourante, quatre frères et soeurs se remémorent l'histoire familiale : la fortune fièrement acquise par l'élevage de taureaux, dilapidée par le père au casino. L'occasion pour Francisco, Joao, Ana et Beatriz de sonder les zones sombres de leurs existences sous l'oeil de Mercilia, la servante, qui connaît les secrets et les rancoeurs.
De 1947 à 2013, cinq destins, cinq couples s'entrecroisent sans savoir ce qui les lie.
De Frances, pionnière de la publicité dans les années 1940 qui sacrifiera sa vie amoureuse à sa carrière, à Kate, jeune femme des années 2000 qui a arrêté de travailler pour s'occuper de sa fille tout en fuyant le mariage, J. Courtney Sullivan retrace les évolutions du couple depuis plus de soixante ans et brosse de magnifiques portraits de femmes.
Un roman juste, réaliste et touchant, par l'auteur de Les Débutantes et de Maine.
Au début des années 1980 à Manhattan, la fête bat son plein. Toute la ville veut entrer au Club, le temple du sico. C'est là que Charlotte et Alice, deux ravissantes jeunes diplômées qui essaient de percer dans le monde de l'édition, retrouvent Dez, Josh, Tom et Jimmy Steinway - le 'publicitaire dansant'. La culture de la nuit atteint, cette année-là, des sommets d'euphorie. Mais le chassé-croisé des intrigues, des rivalités amoureuses et des ambitions professionnelles, peu à peu va menacer l'harmonie de leur groupe ...
Vingt ans plus tard, Jimmy Steinway revisite avec nostalgie ces 'derniers jours du disco' : 'L'histoire relatée dans ce roman a déjà fait l'objet d'un film. Bien souvent les gens dont la vie devient le sujet d'un film ou d'un livre pinaillent sur la manière dont ils sont représentés, contestent la façon dont le scénariste ou l'auteur a transposé la réalité, etc., etc. Pas nous. Chacun d'entre nous, hormis Charlotte, a adoré le film - et ça n'étonnera personne : tous les bons critiques de la planète l'ont aimé aussi (à l'exeption de quelqus-uns). L'accueil qui lui a été réservé nous concernait d'ailleurs au premier chef : nous étions les personnages que ces plumitifs, dont ce fameux crétin du journal de San Diego, avaient trouvés si antipathiques. Quelle idéé ! Charlotte mise à part, nous n'avions rien d'antipathique, surtout à l'époque.'
Si une roquette peut nous tomber dessus à tout moment, à quoi bon faire la vaisselle ? Et les oiseaux du jeu Angry Birds, lancés à pleine vitesse sur de frêles maisons, ne ressemblent-ils pas à de furieux terroristes ?
Avec une ironie hors du commun, Etgar Keret relate sept années de sa vie à Tel-Aviv : la naissance de son fils, l’histoire de sa soeur ultra-orthodoxe et de ses onze enfants, les chauffeurs de taxi irascibles, ses parents rescapés de l’Holocauste, les tournées littéraires mouvementées… et l’attitude peu banale qu’il convient d’adopter lors d’une alerte à la bombe.
Etgar Keret offre dans ces chroniques intimes une étonnante radiographie de ses contemporains, où l’émotion et l’humour se conjuguent à tous les temps de l’insolence.