Le cahier

Le cahier
Saramago José
Ed. Cherche midi

Ce cahier est l'aboutissement d'une aventure éditoriale commencée en mars 2008, lorsque José Saramago, le prix Nobel portugais de littérature, inaugure son blog, très vite suivi avec ferveur par des lecteurs qui y retrouvent l'intelligence et la lucidité de l'écrivain, mises au service de l'observation sans concession de notre monde actuel.

La politique internationale, Obama, Sarkózy, l'Europe, le conflit israélo-palestinien... les petites et grandes stratégies des puissants de ce monde sont décryptées par l'un des auteurs contemporains les plus engagés, et la force et l'expression de certains portraits ne laissent pas indifférent, poussant même le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, à interdire à un éditeur de son groupe de publier l'ouvrage en italien. Il ne s'agit pas ici d'une compilation de chroniques, mais d'un vrai « livre de vie », selon l'expression de l'épouse de José Saramago. Une occasion rare de partager une écriture superbe et dense, sans fioritures, ainsi qu'une intelligence du monde à la fois intime et universelle.

Oméga mineur

Oméga mineur
Verhaeghen Paul
Ed. Cherche midi

« Tout le XXe siècle en un seul roman. Un livre étonnant ! »
Richard Powers

Nous sommes en 1995, à Potsdam. Paul Andermans, un jeune psychologue flamand qui s'est fait agresser par des néonazis, rencontre à l'hôpital Jozef de Heer un survivant de l'Holocauste. Ce dernier va lui raconter sa vie : la montée du nazisme, la clandestinité, les camps, puis une étrange carrière de magicien sur fond de mur de Berlin.

Au même moment, le physicien Goldfarb, qui participa à l'élaboration de la première bombe atomique, se souvient lui aussi du long périple qui l'a conduit jusqu'à Berlin - Berlin où quelque chose d'incroyable se prépare... C'est le début d'une oeuvre exubérante, bouleversante et terriblement intelligente.

Roman épique plongé dans le bain acide du XXe siècle et de ses horreurs, Oméga mineur a reçu le prestigieux Independent Foreign Fiction Prize. C'est incontestablement l'une des révélations romanesques les plus fortes de ces dix dernières années.

« Un roman comme il n'en paraît que tous les dix ans. S'il fallait chercher une comparaison, on pourrait citer Outremonde de Don DeLillo ou L'Arc-en-ciel de la gravité de Thomas Pynchon. » Boyd Tonkin

Green River

Green River
Willockx Tim
Ed. Sonatine

«Étourdissant. Peut-être le plus grand roman jamais écrit sur la prison.» James Ellroy

Dans la lignée de la série OZ, le chef-d'oeuvre du thriller carcéral, par l'auteur de La Religion.

Green River, un pénitencier de sécurité maximale au Texas. Un univers sans pitié où le silence n'existe pas, l'obscurité non plus. Un véritable enfer, entre tensions raciales et violences quotidiennes, dans lequel vivent cinq cents âmes perdues. C'est ici que Ray Klein, ancien médecin, purge sa peine. Alors que sa libération approche, une émeute éclate dans la prison. Au milieu du chaos et de l'anarchie, Ray, qui est tombé amoureux de Juliette Devlin, psychiatre judiciaire, va tout mettre en oeuvre pour sauver la jeune femme séquestrée avec ses patients dans l'infirmerie.

Avec ce huis clos impitoyable peuplé de figures effrayantes, depuis John Campbell Hobbes, directeur de prison psychorigide, jusqu'à Henry Abbott, meurtrier schizophrène, Tim Willocks nous offre un portrait terrifiant de la vie carcérale. Il nous donne surtout un thriller prodigieux, au rythme haletant et au suspens oppressant.

«Willocks a un véritable don pour faire vivre ses personnages. Un roman extrêmement impressionnant !» William T. Vollmann

 

Jeune femme au luth

Jeune femme au luth
Weber Katharine
Ed. Sonneur

Née en 1955, Katharine Weber a commencé par écrire des nouvelles qui furent publiées dans diverses revues américaines, dont le New Yorker. Dans son deuxième roman, Jeune femme au luth, Patricia Dolan, historienne de l'art américaine, se retrouve seule dans un cottage irlandais face à la mer, gardienne d'un tableau de Vermeer volé à la collection royale britannique par un groupe de l'IRA. Ce livre a été traduit en douze langues et a reçu de nombreuses distinctions.

19 janvier, pluvieux. Elle est belle. Rien au monde, absolument rien, n'est plus intéressant à étudier qu'un visage. Son regard me fascine, m'aimante, me tient prisonnière. Il fait froid, sombre, humide. Pourquoi suis-je ici ? Pour quoi faire ? Dans ces journées si courtes de janvier, la campagne entière, avec ses moutons, ses cochons, ses vaches, semble plongée dans un désespoir hivernal. Le vent coupant, glacé, souffle jusque dans mes os. Je me demande par moments si j'arriverai un jour à me réchauffer. Je regarde mon visage dans le miroir et il me paraît lointain, flou, moins réel que le sien. Je rentre à l'instant de chez O'Mahoney, la boutique la plus proche, quatre miles aller-retour sous une pluie battante. J'y ai acheté de l'épicerie, un journal, et ce livre de comptes (le seul carnet qu'il avait en rayon) où je retranscris mot pour mot la conversation que je viens d'avoir avec M. O'Mahoney, la première de la journée : «Avec cette haie de fuchsias qui a envahi le carrefour, que le (...)

Paris Review. Les entretiens

Paris Review. Les entretiens
Collectif
Ed. Christian Bourgois

Enfin traduits, les interviews de la prestigieuse reue new-yorkaise The Paris Review

A l'heure où Philip Gourevitch passe le flambeau au jeune éditeur Lorin Stein, à la tête de cette grande institution littéraire américaine, les éditions Christian Bourgois publient une anthologie des grands entretiens de la revue...

J'ai toujours été fasciné par les interviews de la Paris Review. Pris dans leur ensemble, elles constituent probablement la meilleure enquête qui soit quant au comment de la littérature, une question bien plus intéressante que le pourquoi. Salman Rushdie

 

 

Le cahier d'Aram

Le cahier d'Aram
Anglada Maria Angels
Ed. Stock

'Grigor, mon cousin et moi, allions à pied ; de temps en temps, ma mère me faisait monter dans la charrette et marchait un peu. Grigor avait emmené un cheval et il me laissait souvent le monter, car la charrette était prévue pour un seul cheval et cela le fatiguait moins. Eh bien, une fois où je marchais, nous avons trouvé une femme à moitié allongée sur le bord du chemin. Elle m'a tendu un tout petit enfant et m'a dit en respirant fort et par à coups :

- Emmenez le petit, je n'en peux plus.

Je l'ai pris dans mes bras. Mais Grigor et Maryk, qui avaient tout vu, ont fait monter la femme dans la charrette et avant d'arriver à la ville elle était déjà morte dans les bras de ma mère. Je me demandais d'où elle venait et quelles choses terribles elle avait pu voir, et on peut dire que ma peau d'enfant s'est détachée d'un coup.'

Aram, un adolescent de quinze ans semblable à tant d'autres, n'aurait peut-être jamais écrit son histoire s'il ne s'était soudain trouvé plongé dans un exode massif afin de fuir une mort certaine. En 1915, le gouvernement turc décréta en effet l'extermination du peuple arménien et, comme Aram, des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants, subirent les persécutions les plus sauvages et cruelles du XXe siècle.

Avec Le cahier d'Aram, Maria Àngels Anglada sauve de l'oubli le génocide arménien en livrant un récit sobre et sensible. Sa plume saisit l'horreur et la tempête avec finesse, offrant ainsi aux victimes de l'Histoire la possibilité d'un hommage, pour l'éternité.

Le jour avant le bonheur

Le jour avant le bonheur
De Luca Erri
Ed. Gallimard/Du monde entier

Nous sommes à Naples, dans l'immédiat après-guerre. Un jeune orphelin, qui deviendra plus tard le narrateur de ce livre, vit sous la protection du concierge, don Gaetano. Ce dernier est un homme généreux et très attaché au bien-être du petit garçon, puis de l'adolescent. Il passe du temps avec lui, pour parler des années de guerre et de la libération de la ville par les Napolitains ou pour lui apprendre à jouer aux cartes. Il lui montre comment se rendre utile en effectuant de menus travaux et, d'une certaine façon, il l'initie à la sexualité en l'envoyant un soir chez une veuve habitant dans leur immeuble. Mais don Gaetano possède un autre don : il lit dans les pensées des gens, et il sait par conséquent que son jeune protégé reste hanté par l'image d'une jeune fille entraperçue un jour derrière une vitre, par hasard, lors d'une partie de football dans la cour de l'immeuble. Quand la jeune fille revient des années plus tard, le narrateur aura plus que jamais besoin de l'aide de don Gaetano...

Dans la veine de Montedidio, ce nouveau livre du romancier italien s'impose comme un très grand roman de formation et d'initiation.

Mes prix littéraires

Mes prix littéraires
Bernhard Thomas
Ed. Gallimard/Du monde entier

Sous prétexte de parler de tous les prix littéraires qu'il a reçus, Thomas Bernhard se livre, dans ces textes inédits, à ce qu'il fait le mieux : exercer sa détestation. Jurés, organisateurs, notables allemands ou autrichiens, personne n'est épargné par l'humour vengeur d'un auteur hypersensible à la médiocrité. Irrésistiblement méchant et drôle, il excelle aussi dans l'art de la miniature. Chaque récit est un joyau, et se lit comme une courte nouvelle. Derrière une apparente désinvolture, Bernhard interroge la nature de l'industrie littéraire et la vanité des distinctions honorifiques. Tout cela dans un style acéré et ironique à la fois - du grand art. Terminé en 1980, ce petit volume, resté pour des raisons obscures inédit du vivant de l'auteur, associe neuf récits de remises de prix et certains discours de réception correspondants, poétiques et violents. On comprendrait presque pourquoi un certain ministre autrichien, à l'audition d'un de ces textes assassins, s'est retenu de justesse de frapper Bernhard...

Une vraie lune de miel

Une vraie lune de miel
Canty Kevin
Ed. Albin Michel/Terres d'Amérique

Style vif et percutant, dialogues incisifs et grinçants, sens de l'observation hérité de Raymond Carver et Flannery O'Connor : Kevin Canty, l'auteur d'Étrangère en ce monde, est un grand « conteur » des petits drames intimes dans la plus pure tradition des nouvellistes américains.

Ici, ce sont des hommes - pères, maris, fils, amants - qui évoquent l'amour. Canty saisit tant la noirceur et l'amertume de la défaite des sentiments que la tendresse et l'humour qui parfois les illuminent. Inquiétantes, baroques ou ironiques, ses nouvelles sont une formidable exploration des relations humaines.

« Kevin Canty affiche une maîtrise époustouflante pour faire venir à la surface de ses mots toute l'Amérique profonde et la profondeur non moins vertigineuse de ses personnages. » Le Nouvel Observateur

« Sommes-nous heureux ? Nous aimons-nous seulement un peu ? Infidélité latente, naïveté, vaines attentes... Kevin Canty fait preuve d'une brutalité honnête et éclatante. » Bookforum

 

Les princes vagabonds

Les princes vagabonds
Chabon Michael
Ed. Laffont/Pavillons

Princes ou bandits, ils font la paire : Zelikman, médecin mélancolique à l'esprit dangereusement acéré, et Amram, géant noir à la langue aussi affûtée que la hache qui ne le quitte jamais. Vivant de subterfuges, ils tracent leur route à travers les monts du Caucase, vers l'an 950. Rien ne les a cependant préparés à se transformer en défenseurs d'un prince de l'Empire khazar, un jeune héritier inexpérimenté brûlant de reconquérir son trône. Un tel projet nécessite une ruse sans limites et une folle témérité. Zelikman et Amram ne manquent ni de l'une ni de l'autre. Mais sont-ils prêts à sacrifier leur insouciance pour devenir les généraux d'une révolution d'envergure ?

Fidèles à la grande tradition des romans et du cinéma d'aventures, Les Princes vagabonds offrent un irrésistible bouillonnement de rebondissements, de suspense et d'humour, dans le sillage de très pittoresques héros.

Newsletter