« Cadre exotique, intrigue quasi policière, et surtout un narrateur à la voix singulière, empreinte de tristesse et d'humour... Un grand livre. » Stephen King
Qu'est-ce qui a pu pousser Martiya Van der Leun, brillante anthropologue américaine, à assassiner David Walker, un missionnaire, avant de se suicider dans la prison thaïlandaise où elle purgeait sa peine ?
Fasciné par ce fait divers, Mischa, un jeune journaliste récemment installé en Thaïlande, entreprend une véritable enquête sur le passé de la meurtrière et de sa victime. Elle va le mener jusque dans les montagnes du nord, chez les Dyalo, la tribu dont Martiya avait adopté les croyances. Parmi eux, il trouvera peut-être les réponses à ses interrogations sur la foi et la science, le bien et le mal, le primitif et le civilisé.
Un premier roman exceptionnel. Au-delà de l'intérêt que l'on peut porter aux peuples premiers, à l'anthropologie et à ses grands noms - de Malinowski à Lévi-Strauss -, on ne peut être que captivé par la puissance narrative de Mischa Berlinski, son intrigue complexe et passionnante, et ses héros hors du commun.
Entre 1952 et 1954, Jack Kerouac sillonne les États-Unis, de New York à San Francisco, et s'échappe au Mexique, au Maroc, ou encore à Londres et Paris. Ses notes, prises sur le vif, s'accumulent dans des carnets.
La vie quotidienne en Caroline du Nord, le travail du serre-freins dans les dépôts de chemins de fer, les bruits dans les bois, les gens dans la rue, les filles, le vin, l'herbe... Orage approchant, brume grise, herbes folles, hôtels, bars, camions, lumières...
Autant d'images et d'impressions qui composent le motif de ce Livre des esquisses.
«Avec l'arrivée de Neal a commencé cette partie de ma vie qu'on pourrait appeler ma vie sur la route. Neal, c'est le type idéal, pour la route, parce que lui, il y est né, sur la route...»
Neal Cassady, chauffard génial, prophète gigolo à la bisexualité triomphale, pique-assiette inspiré et vagabond mystique, est assurément la plus grande rencontre de Jack Kerouac, avec Allen Ginsberg et William Burroughs, autres compagnons d'équipées qui apparaissent ici sous leurs vrais noms.
La virée, dans sa bande originale : un long ruban de papier, analogue à celui de la route, sur lequel l'auteur a crépité son texte sans s'arrêter, page unique, paragraphe unique.
Aujourd'hui, voici qu'on peut lire ces chants de l'innocence et de l'expérience à la fois, dans leurs accents libertaires et leur lyrisme vibrant ; aujourd'hui on peut entendre dans ses pulsations d'origine le verbe de Kerouac, avec ses syncopes et ses envolées, long comme une phrase de sax ténor dans le noir.
Telle est la route, fête mobile, traversées incessantes de la nuit américaine, célébration de l'éphémère.
«Quand tout le monde sera mort, a écrit Ginsberg, le roman sera publié dans toute sa folie.»
Dont acte.
Tous ceux qui connaissent le territoire littéraire de la masculinité - Hemingway, Faulkner, Roth, Cheever... - reconnaîtront immédiatement le paysage des nouvelles de Wells Tower : parties de chasse, bagarres, beuveries, adultères...
Comme son titre apocalyptique le suggère, ce livre combine un esprit ravageur et une prose électrique. Les familles s'y déchirent et les couples tentent péniblement de recoller les morceaux. Inventeurs ratés, rêveurs alcooliques, pères malheureux, fils rebelles : un regard insolite sur l'Amérique et l'humanité, entre humour et poésie, tendresse et violence.
« Wells Tower me fait dire que tout ce qu'on juge bizarre n'est finalement jamais aussi étrange que cette vie américaine, celle que nous menons aujourd'hui. Cet 'au-delà' dont les surréalistes ont tant parlé, c'est l'Amérique elle-même. » Edmund White, The New York Times
« Un premier livre remarquable, où la maîtrise exceptionnelle de l'écriture et l'empathie créent une juste tension entre l'humour empreint d'ironie et la rage primale qui bouillonne à la surface des personnages. » Publishers Weekly
Parce qu'il a vu son frère mourir devant lui, assassiné par une milice fasciste, Khristo Stoïanev possède une qualité essentielle aux yeux du NKVD : le désir de vengeance. Recruté par cette organisation secrète, au service de la jeune Union soviétique (nous sommes en 1934), Khristo devient l'espion parfait.
As du renseignement, artiste de la filature, expert en explosifs, polyglotte, il excelle dans tous les domaines. La guerre d'Espagne lui donne l'occasion de montrer l'étendue de ses talents.
Avec Faye, Renata, Sacha et Andrés, ses compagnons, il mène une lutte sans merci contre le franquisme. Mais la terreur stalinienne aura raison de leur idéal. Fuyant les purges ordonnées par le Parti, il se réfugie en France, sans savoir qu'il va ainsi à la rencontre d'un nouvel ennemi en uniforme vert-de-gris.
Des bords du Danube au maquis d'Épinal, puis en Tchécoslovaquie, l'épopée de la première génération d'agents communistes est la matière de ce roman extraordinaire, où l'on retrouve l'écho des récits de Jan Valtin, Gustav Regler ou Victor Serge.
Mari épanoui, père aimé, Brian mène une vie rangée dans une banlieue huppée de Londres.
Mais ce que personne ne peut deviner, c'est qu'il passe ses journées à fantasmer sur toutes les femmes, partout où il les croise : au travail, dans le métro, dans la rue.
Sous ses airs de notaire bon chic bon genre, Brian est un véritable obsédé, une bombe à retardement prête à exploser...
Lorsque sa femme part en séminaire, à la veille de son quarante-sixième anniversaire, il reçoit un coup de téléphone anonyme lui annonçant qu'elle le trompe avec un collègue. De son côté, la jeune baby-sitter de sa fille lui fait les yeux doux. Son univers mental se lézarde. Gare à la surchauffe. La fameuse crise du milieu de vie prend les allures fatales d'une déflagration...
Trente ans après leur apparition dans la littérature, les sorcières d'Updike ne sont plus ce qu'elles étaient.
L'auteur, qui n'a rien perdu de sa fascination pour les portraits féminins, ressuscite ici Alexandra, Jane et Sukie, désormais veuves de leurs seconds maris et privées de leur jeunesse de femmes émancipées et de leurs pouvoirs, aussi bien de sorcières que de séduction. Le lecteur se divertira au récit des voyages organisés qui les emmènent au Canada, en Égypte et en Chine, avant de les retrouver le temps d'un été à Eastwick, la ville de leurs méfaits d'antan, où elles tentent de racheter leurs péchés passés tout en étant confrontées à la sorcellerie vengeresse d'une ancienne connaissance.
L'ouvrage se lit comme un testament de l'auteur et un témoignage sur une époque révolue. En dépit de cette tonalité crépusculaire, Updike, toujours caustique mais jamais sec ni de coeur ni d'écriture, fait à nouveau preuve ici de la finesse de l'observateur sans complaisance qu'il a toujours été.
En 1998, quatre amis trentenaires suivent la Coupe du Monde de football à la télévision. Regarder ces matches ensemble, Youval, Amihaï, Ofir et Churchill l'ont toujours fait, depuis leur adolescence à Haïfa. Du coup, pendant la finale, l'idée surgit d'en faire un jeu, en utilisant ce rendez-vous rituel comme un point de mire, et de noter sur des bouts de papier les désirs et les ambitions qu'ils aimeraient avoir satisfaits quatre ans plus tard, lors de la Coupe du Monde suivante...
Rien ne se passera comme prévu. Churchill, le plus ambitieux des quatre, se trouve au centre d'un scandale qui met en péril sa carrière de juriste, tandis qu'Ofir, le jeune loup de la publicité, se transforme en chantre de la médecine alternative après un séjour en Inde. Amihaï est engagé presque malgré lui dans un combat humanitaire après la mort brutale de sa femme, alors que Youval, solitaire et indécis, se fera le chroniqueur de ces années où les choix de vie sont décisifs.
En 1936, tandis que la Seconde Guerre mondiale menace, l'écrivain tchèque Karel Capek (1890-1938) entreprend un voyage dans le Nord de l'Europe. Forêts à perte de vue, fjords échancrés, vaches noir et blanc, fermes rouges, myriade d'îles ponctuent sa traversée du Danemark, de la Suède et de la Norvège. Au fil de ce récit, inédit en français, derrière une naïveté feinte et un lyrisme tempéré, où affleurent une tendre ironie et un humour mordant, se profile le portrait troublant, éblouissant de nature et de lumière, d'un continent en sursis. Car, en route vers le cap Nord, Capek pressent la fin d'une époque et dessine une Europe qui, bientôt, sombrera dans le chaos.
Ce voyage dans le Nord a commencé voilà bien longtemps, dans les premiers jours de ma jeunesse ; où sont-ils, ces temps où nous quittions Göteborg à bord du Vega, Vardö à bord du Fram ? «Une mer calme et vaste s'étalait devant nous», ma foi, ce furent de belles journées. Mais la vie est imprévisible et pleine d'aventures, et si aucun Tchèque n'est devenu explorateur polaire, cela ne tient qu'à un caprice du destin. Il y avait bien pourtant une terre inconnue, prise dans des glaces éternelles, qui attendait d'être découverte par 89°30' de latitude Nord
Tante Mame est une femme imprévisible, émancipée, et fantasque dont la vie est régie par un principe intangible : la liberté. Lorsqu'elle recueille son neveu Patrick, jeune orphelin, ce n'est pas pour l'entretenir dans les convenances ni les conventions, mais pour l'initier à une existence exubérante, pleine de passions cocasses et d'humour, lui donnant ainsi une leçon pour la vie : ne jamais céder au découragement.
Hilarant de la première à la dernière page, Tante Mame est un étincelant témoignage de l'humour anglo-saxon, nourri de dérision, d'ironie, de fougue, et le lecteur gardera pour seule nostalgie de n'avoir pas eu, lui aussi, une Tante Mame dans sa vie.
Roman culte, Tante Mame, dont le personnage a d'ailleurs été inspiré par la propre tante de l'auteur, l'excentrique Marion Tanner, se situe dans la plus grande tradition de la comédie américaine.