« Quel chien, et quelle vie... Splendide... Andrew O'Hagan a pris la voix d'un chien pour écrire une étude subtile, drôle et émouvante de l'Amérique à l'aube de l'une de ses plus grandes crises. Maf le chien, comme Lolita ou Gatsby le magnifique, est une thrénodie à l'innocence perdue. Maf est un observateur perspicace de la modernité et du siècle américain. Un véritable Tocqueville de notre temps. » John Banville
« Un ouvrage empli de fines plaisanteries, d'amusante sagesse, de profonde sensibilité vis-à-vis des personnages et des lieux. C'est avant tout un livre qui prête une grande attention au plaisir du lecteur ; et c'est ce plaisir, si pur et complet, qui rend ce livre tellement particulier. » Colm Toibin
« O'Hagan emprunte sciemment à Laurence Sterne son érudition digressive et jacasseuse, son ironie et son charme malin. [...] Un récit de voyage à travers le siècle américain profondément original, une lettre d'amour à la modernité, et une plongée hilarante, parfois tendre, dans le coeur d'un monstre de célébrité. Sensationnel. » Melanie McGrath, Evening Standard
Après Scènes de la vie d'un jeune garçon et Vers l'âge d'homme, voici le troisième volet de l'entreprise autobiographique de Coetzee : il a atteint la trentaine et, de retour au pays natal, partage avec son père vieillissant une maison délabrée dans la banlieue du Cap.
Autobiographie fictive puisque l'auteur confie la tâche d'un portrait posthume à un jeune universitaire anglais qui recueille les témoignages de quatre femmes et d'un collègue qui auraient compté pour l'écrivain en gestation dans les années 1970.
Ce quintette de voix laisse entrevoir un homme maladroit, mal à l'aise, brebis galeuse de la famille afrikaner qui peine à ouvrir son coeur. La femme adultère, la danseuse brésilienne, la cousine chérie, l'universitaire et la maîtresse française s'accordent à faire de lui un amant sans chaleur, un amoureux indésirable, un enseignant sans charisme.
Ces entretiens sont encadrés de notes et fragments extraits de carnets où l'écrivain s'interroge et se cherche.
Au hasard d'une urgence, Faraday, médecin de campagne, pénètre dans la propriété délabrée qui a jadis hanté ses rêves d'enfant : il y découvre une famille aux abois, loin des fastes de l'avant-guerre. Mrs Ayres, la mère, s'efforce de maintenir les apparences malgré la débâcle pour mieux cacher le chagrin qui la ronge depuis la mort de sa fille aînée. Roderick, le fils, a été grièvement blessé pendant la guerre et tente au prix de sa santé de sauver ce qui peut encore l'être. Caroline, enfin, est une jeune femme étonnante d'indépendance et de force intérieure. Touché par l'isolement qui frappe la famille et le domaine, Faraday passe de plus en plus de temps à Hundreds. Au fil de ses visites, des événements étranges se succèdent : le chien des Ayres, un animal d'ordinaire docile, provoque un grave accident, la chambre de Roderick prend feu en pleine nuit, et bientôt d'étranges graffitis parsèment les murs de la vieille demeure. Se pourrait-il qu'Hundreds Hall abrite quelque autre occupant ?
Dans ce roman à tiroirs, Sarah Waters revisite avec le talent qu'on lui connaît les codes des classiques anglais, d'Henry James à Edgar Allan Poe.
«L'homme répara le fusil et la balle glissa en douceur dans la chambre. Il l'essaya plusieurs fois, puis se leva et se tint au-dessus du berceau... L'homme épaula le fusil. Autour de lui, dans la pièce close, l'odeur du sang frais montait de toute part.»
Considérée comme l'une des grandes voix de la littérature américaine contemporaine, Louise Erdrich bâtit, livre après livre, une oeuvre polyphonique à nulle autre pareille. Dans ce roman riche et dense, elle remonte le fil de l'histoire collective et individuelle, explore le poids de la culpabilité et le prix de l'innocence.
Depuis toujours, la petite ville de Pluto, Dakota du Nord, vit sous «la malédiction des colombes» : les oiseaux dévorent ses maigres récoltes comme le passé dévore le présent. Nous sommes en 1966 et le souvenir de quatre innocents lynchés cinquante ans auparavant hante toujours les esprits. En écoutant les récits de son grand-père indien qui fut témoin du drame, Evelina, une adolescente pleine d'insouciance, prend soudainement conscience de la réalité et de l'injustice...
«Un chef-d'oeuvre éblouissant.» Philip Roth
Après l'extraordinaire succès de Sept mers et treize rivières, Monica Ali nous plonge dans le melting-pot des cuisines d'un grand restaurant londonien. Profonde, douce-amère, une oeuvre ambitieuse qui dépeint les désarrois d'une société attachée à ses traditions, confrontée à un monde nouveau qu'elle ne comprend pas.
Chef des cuisines de l'hôtel Imperial, un palace plus vraiment à la hauteur de sa splendeur d'antan, Gabriel Lightfoot doit composer chaque jour avec une équipe cosmopolite et chahuteuse, une petite amie chanteuse qui se pose des questions sur leur relation et un père malade qui lui laisse des messages aussi laconiques que culpabilisants sur son répondeur.
Une mort va faire voler en éclats son fragile équilibre : le corps d'un des plongeurs est retrouvé dans les sous-sols du restaurant. Une mort solitaire, anonyme, parmi ces travailleurs immigrés interchangeables. Soudain, Gabriel prend conscience que ses cuisines cachent bien des secrets : trafics en tous genres, prostitution, chantages, violence quotidienne...
Surgit Lena, une fille de l'Est, mystérieusement liée à la mort du plongeur. Irrésistiblement attiré par cette femme en perdition, Gabriel va prendre une décision qui remettra en question tout ce en quoi il avait cru jusqu'ici...
Une plongée dans l'univers ultra-violent de la mafia sibérienne de Transnistrie.
Le jeune Nicolaï naît dans une petite ville de Transnistrie où ont été déportés les derniers représentants des communautés sibériennes, opposants farouches au régime stalinien. Les Urkas, microsociété extrêmement violente et hiérarchisée, fonctionnent selon un code d'honneur très scrupuleux, auquel les enfants sont initiés dès leur plus jeune âge. Nicolaï se voit offrir son premier couteau à six ans, comme un rite de passage. À treize ans, il est déjà condamné pour meurtre. Entre-temps, comme tous les membres, il devra apprendre à mépriser la police, l'État et tout représentant de l'autorité extérieure, mais aussi prouver son allégeance à son groupe et aux valeurs de solidarité qu'il incarne.
Haletant, sombre, violent, ce récit de vie en forme de puzzle nous plonge dans un monde peuplé de personnages paumés et attachants, où seul le crime semble pouvoir maintenir en vie.
À Madrid aujourd'hui, une adolescente, un cadre au chômage, un vieux professeur de piano et un footballeur argentin vont tour à tour éprouver le désir de gagner et la douleur de perdre. Criminels, prostituées, petites gens et sans-papiers côtoient hommes d'affaires et célébrités dans ce grand roman choral sublimé par la prose charnelle et incisive de David Trueba. Nourri d'une foule de personnages, toutes générations et classes sociales confondues, Savoir perdre brosse un portrait décapant, lucide et désenchanté de notre époque, de ses rêves de victoire et de ses innombrables défaites.
« Un grand roman. On retrouve chez Sylvia la spontanéité désarmante, l'infinie tendresse que Truman Capote prêtait à l'héroïne de Breakfast at Tiffany's. David Trueba au sommet de sa maturité. » El País
« De la littérature à l'état pur. » El Cultural
Construit autour de dix mots clefs - 'Peuple', 'Leader', 'Lecture', 'Ecriture', 'Lu Xun', 'Disparités', 'Révolution', 'Gens de peu', 'Faux', 'Embrouille' -, qui pour certains appartiennent au lexique maoïste et pour d'autres au vocabulaire le plus récent, cet essai interroge un demi-siècle d'histoire : ce demi-siècle qui a vu la Chine passer brutalement de l'hystérie politique de la Révolution culturelle à la frénésie productiviste et consumériste de ces dernières années.
Tel un long commentaire de Yu Hua sur son best-seller Brothers, ce livre révèle les continuités entre le passé et le présent, et bat en brèche certains discours béats sur le miracle économique chinois en mettant au jour ses plaies, ses excès et ses dérives. Avec une clairvoyance dénuée de toute complaisance nationaliste, il en dénonce la face cachée, notamment l'absence de transparence politique.
C'est en virtuose que Yu Hua entremêle souvenirs personnels et analyse sociale, revisite son enfance, ses années de formation, et finalement souligne au fil de ces dix mots le parcours qui fut le sien : celui d'un écrivain cinquantenaire dont l'oeuvre s'est constamment nourrie des paradoxes et des drames de la Chine.
Ce témoignage lucide et courageux, qui n'élude pas les sujets sensibles tels que les événements de Tian'anmen en 1989, est inédit en Chine.
Connie et Matt Wilson sont parvenus à réaliser leur rêve : ils vivent avec leurs trois enfants dans une charmante maison londonienne. Alors qu'ils profitent d'un week-end pour passer un séjour romantique à Rome, tout bascule : Matt annonce à Connie qu'il ne rentrera pas avec elle. Elle retourne à Londres, retrouvant ses trois garçons, seule. Un autre amour est le récit intense du désespoir d'une femme dont l'heureux et paisible mariage se trouble. L'auteur explore les sentiments tumultueux de cette épouse qui s'emploiera à faire revenir celui qu'elle aime depuis l'enfance. Kate O'Riordan analyse l'ambiguïté et la fragilité des sentiments à travers l'évocation du passé duquel on ne peut réchapper. Elle fait intervenir des personnages poignants, singuliers ou drôles qui croisent le destin des protagonistes et révèle les failles de la vie qu'ils ont cru se construire.
Les cheveux rouges et les yeux verts, elle se trouve sur la rampe de tri à Auschwitz. Elle survit. Une fois, deux fois, juste parce qu'elle sait saisir l'occasion, juste parce qu'elle n'a pas le choix. Hanka se fait prostituée dans un bordel militaire.
D'une écriture limpide, sur le fil du rasoir, Arnost Lustig imagine le destin peu ordinaire d'une jeune fille qui, face à l'inattendu, choisit coûte que coûte la vie et l'espoir.