En 1908, Lazarus Averbuch, un juif ukrainien de dix-sept ans échappé des pogroms, immigre à Chicago. Dans des circonstances étranges, il est tué par le chef de la police.
Un siècle plus tard, hanté par la mort de ce garçon, Vladimir Brik - écrivain bosniaque exilé aux États-Unis - décide de se rendre en Europe pour écrire son histoire. Accompagné d'un ami photographe, il traverse l'Ukraine, différents pays de l'Est et rejoint la Bosnie. Tout au long de ce voyage, Brick ne cesse de poser des questions sur la guerre qui a déchiré son pays... Des histoires loufoques, invraisemblables et ténébreuses se superposent au roman rêvé de Lazarus. Brick comprend peu à peu que seule la fiction permet de voir ce qu'on ne peut imaginer, et de survivre à la constante disparition du monde.
Finaliste au National Book Award 2008, élu meilleur livre de l'année par le New York Magazine, ce roman, où le désespoir inspire un humour noir irrésistible, confirme le talent d'Aleksandar Hemon.
«Elle se planta au pied du lit de Kim, regarda les photos et les rubans sur le mur, le masque africain sculpté à la main et la croix en palmes tressées, le fanion du camp de vacances où elles étaient allées toutes les deux. Elle connaissait la chambre par coeur ; elle s'y faufilait en douce depuis qu'elle avait l'âge de marcher. Elle sentait la présence de Kim, son odeur. Chaque meuble, chaque objet, la peinture, la moquette, même les grains de poussière vibrionnant dans le soleil les reliaient l'une à l'autre.»
L'été de ses dix-huit ans, Kim disparaît mystérieusement. Sa voiture est retrouvée quelques jours plus tard, mais il n'y a aucune trace de la jeune fille. L'enquête s'enlise. L'affaire quitte la une des journaux. Les proches de Kim tentent de se reconstruire, d'affronter l'absence.
Dans ce nouveau roman, Stewart O'Nan raconte son Amérique, celle des faits divers, des quartiers résidentiels et des supermarchés. Avec subtilité, il se glisse dans l'intimité d'une famille en deuil. Il dit les instants d'accalmie, les peines enfouies, et la vie qui reprend le dessus, malgré tout.
Des montagnes du Colorado aux confins du Nord-Ouest, dans le sillage de Zebulon, ce western littéraire nous fait traverser les États-Unis jusqu'au Mexique, en pleine révolution, en remontant le long de la côte californienne, vers San Francisco et ses mines d'or.
En chemin, Zebulon multiplie rencontres et aventures épiques qui le mêlent à de tragiques triangles amoureux, le rendent témoin et acteur de bouleversements politiques et le font s'interroger sur des questions aussi fondamentales que la vie, l'amour et la mort.
« Zebulon est un livre dont on voit le film en le lisant, dont on effectue le casting en le relisant, et auquel on invente une suite en donnant. Une fable hypnotique, un poème d'amour mystique. » Patti Smith
« Une aventure sauvage écrite par un musicien qui sait comment maintenir son public envoûté autour du feu de camp. Un roman moderne et subversif sur les limites de l'amour et les malaises de la vie civilisée. » Judith Thurman
« Ensorcelant. Un western comme Céline aurait pu en écrire. » Times Literary Supplément of London
Udo Berger, vingt-cinq ans, est passionné par les jeux de guerre. En compagnie de sa fiancée, Ingeborg, il part quelques jours sur la Costa Brava, dans l'hôtel tenu par la belle Frau Else. Dans sa chambre, Ugo installe une grande table afin d'établir de nouvelles stratégies pour son jeu, «Le Troisième Reich». La nuit venue, le couple rencontre deux autres Allemands, Charly et Hanna. Lorsqu'ils descendent sur la plage, l'imprévisible Charly leur présente certains locaux : le Loup et l'Agneau, deux personnages mystérieux, ou encore le Brûlé, un homme défiguré dont personne ne sait rien, même si le bruit court qu'il serait étranger et aurait été torturé dans son pays...
Texte inédit écrit en 1989, Le Troisième Reich est un roman splendide des débuts de Roberto Bolaño. S'y trouvent certains thèmes chers à l'auteur - remaniés et amplifiés dans ses textes ultérieurs - comme les formes étranges que peut prendre le nazisme ou l'idée que la culture - les jeux ou la littérature - se confond avec la réalité.
Texte inachevé composé dans la souffrance et la perspective d'une mort prochaine, L'original de Laura présente l'ébauche d'un enchevêtrement de récits. L'auteur de Lolita reprend ici certains des éléments qui ont fait le succès de son plus célèbre roman. Flora n'est certes pas une nymphette, mais elle ressemble à s'y méprendre à une Lolita qui ne serait pas morte dans les neiges de l'Alaska. Capricieuse, frivole, elle épouse un homme beaucoup plus âgé qu'elle, un professeur de psychologie appliquée, mais collectionne ouvertement les amants ; l'un d'eux la prend pour modèle d'une de ses héroïnes, Laura, dans un roman où figure aussi en bonne place le mari vieillissant. Celui-ci, harcelé par la souffrance, s'ingénie, au moyen de certains exercices, à s'effacer, à se gommer mentalement.
L'auteur, dont les exigences esthétiques étaient très élevées, nous permet, malgré lui, de percevoir à distance, entre les lignes, entre les fiches, l'ultime souffle d'un romancier de génie.
Maravan, jeune réfugié tamoul, coupe les légumes et fait la vaisselle au Huwyler, un restaurant suisse « nouvelle cuisine » fréquenté par le monde de la presse et de la finance. Il est pourtant loin de n'être qu'une petite main : au Sri Lanka, il était un cuisinier prometteur, spécialiste des préparations ayurvédiques. Devenu en Suisse un fin connaisseur de la cuisine moléculaire, il se lance, chez lui, dans des expériences sophistiquées pour retrouver les fumets de sa jeunesse. Lorsque Andrea, son ancienne collègue qui rêve de se mettre à son compte, lui propose qu'ils s'associent pour réaliser des dîners aphrodisiaques à domicile, Maravan hésite un temps, craignant de corrompre sa passion. Mais la nécessité de porter secours à sa famille l'emporte vite, le précipitant dans un écheveau d'expérimentations culinaires, de tractations avec des Tigres tamouls suspects, le tout sur fond de crise financière mondiale.
« Suter maîtrise l'art du détail juste qui crée un sentiment de vérité, de familiarité. » Isabelle Rüf, Le Temps
MaxwellSim seems to have hit rock bottom. Recently returned from an unsuccessful visit to his estranged father in Australia, and newly separated from his wife and daughter, he realizes that while he may have seventy-four friends on Facebook, there is nobody in the world with whom he can actually share his problems.
Then a business proposition from an old friend, Trevor, comes his way - a strange exercise in corporate publicity that will require him to spend a week driving from London to a remote retail outlet in the Shetland Isles. But, as he drives north, the journey takes a more serious turn, leading him not just to one of the furthest points in the UK, but to the dark secrets within his own family. On the verge of losing his bearing altogether, Maxwell starts to identify more and more obsessively with the tortured figure of Donald Crowhurst - the lone yachtsman whose 1969 attempt at a round-the-world voyage ended in tragedy.
The Terrible Privacy of Maxwell Sim is a story for our times : Maxwell finds himself all at sea in the modern world, struggling to keep himself afloat when all the familiar landmarks have gone. It's a novel with a family mystery at its core, an astute and occasionally hilarious satire on our hi-tech world, but above all a story of survival.
Linnea Lindeman - une forte femme, poissonnière, chasseuse de phoques et accoucheuse un peu chamane - a une vision : Antti Kokkoluoto, héros aux nerfs d'acier mais au sang chaud, naîtra en 1918, au moment même où la Finlande tout juste indépendante plongera dans la guerre civile, et s'éteindra un beau jour de 1990.
Entre-temps, Antti mènera une vie épique, comme seul Paasilinna sait les concocter : plongé tout jeune dans les secrets du métier de commerçant et de maquignon, mais aussi de la contrebande d'alcool, on le verra tour à tour endosser l'habit d'entrepreneur, de père de famille, d'homme politique, et même de champion olympique de tir au pistolet ! La crise de 1929, les affrontements récurrents entre fascistes et communistes, la Seconde Guerre mondiale viendront ponctuer cette truculente saga portée par l'imagination de Paasilinna, qui réussit le pari d'initier le lecteur à l'histoire de la Finlande sans jamais rien perdre de son humour et de sa fantaisie.
Fernando Pessoa est connu pour ses écrits poétiques, autobiographiques et ses nombreux hétéronymes. Avec Quaresma déchiffreur, on découvre qu'il était aussi l'auteur d'intrigues policières composées tout au long de sa vie mais demeurées inédites jusqu'à ce jour. Dans les dix nouvelles de ce recueil, Abílio Fernandes Quaresma erre dans Lisbonne au gré de rêveries toujours rationnelles. Célibataire d'âge mûr, médecin n'exerçant pas, il vit dans une petite chambre avec vue sur les toits où il passe la plupart de son temps, à lire, à fumer et à boire. Ayant développé un sens aigu de la déduction, il est passé maître dans l'art de déchiffrer les charades de l'Almanach de souvenirs et, plus encore, les mystères et assassinats de la vie réelle, qu'il préfère.
« Spectateur de la vie, déchiffreur de charades, dépourvu de sentiments, telles sont les expressions qu'utilise Pessoa pour s'autodéfinir, et que nous allons retrouver appliquées à Abílio Quaresma, dans ses nouvelles policières. Le personnage gagne de ce fait une individualité semblable à celle d'une personnalité littéraire proche de son créateur. » Ana Maria Freitas