Anatomie de l'errance

Anatomie de l'errance
Chatwin Bruce
Ed. Livre de poche/Biblio

L'image d'un Bruce Chatwin arrivé tard et pour ainsi dire naïvement dans la littérature - image qu'il a en partie accréditée - n'est pas tout à fait exacte. Dès la fin des années 1960, dans des périodiques aussi variés que le Sunday Times Magazine, Vogue ou la New York Review of Books, Chatwin s'essayait à l'écriture selon les modalités les plus diverses: reportages, critique littéraire, récits semi-fictifs, méditations personnelles...

Ce recueil publié en 1996, sept ans après sa mort, propose une sélection de ces textes «fortuits». On y retrouve tous les grands thèmes de l'écrivain: les racines et le déracinement, l'exotisme et l'exil, la possession et la renonciation, la métaphysique du nomadisme. En ce sens, ils forment une voie d'accès à l'oeuvre, le prélude ou le complément indispensable à la lecture du Chant des pistes ou d'Utz.
Présentation de l'éditeur

Bonnard

Bonnard
Clair Jean
Ed. Hazan

Né en 1867, disparu en 1947, Bonnard avait à peine trois ans de moins que Toulouse-Lautrec et deux ans de plus que Henri Matisse. Contemporain de l'impressionnisme, mais aussi du fauvisme et du cubisme, il parait, aujourd'hui encore, difficile à situer dans la brève histoire de la modernité en art : demeura-t-il attaché au XIXe siècle ou bien fut-il l'un des acteurs du renouvellement esthétique du XXe siècle ? Fut-il proche de Monet et de Renoir, ou le fut-il au contraire de Munch, ou de Giacometti ? C'est cette seconde lignée, paradoxale, que défend l'essai. Déjà, en 1984,
l'exposition du Centre Pompidou, Bonnard, les dernières années, organisée par Jean Clair, révélait au public que, dans les années trente, Bonnard avait atteint un sommet de son art qui, loin des images convenues de peinture du bonheur intimiste, de la vie bourgeoise et des menus plaisirs du jour, était une peinture
mêlant l'angoisse de certains autoportraits à la sensualité sans égale ailleurs des nus, et à un sentiment tragique de la vie qui éclatait dans une maîtrise chromatique stupéfiante. Une peinture savante et déchirée, somptueuse et
panique à la fois, classait son auteur parmi les plus grands peintres de la première moitié du XXe siècle. En 1932, il parlait de la peinture comme d'une passion périmée, peu de temps avant que Giacometti, qui l'admirait, ne vint à dire : ' La peinture, la peinture, c'est fini '. En une époque où la peinture semble avoir disparu en effet, il importe de revenir sur la leçon éblouissante de ce grand génie solitaire. J. C.

Présentation de l'éditeur

Bonnard. L'oeuvre d'art, un arrêt du temps

Bonnard. L'oeuvre d'art, un arrêt du temps
Collectif
Ed. Paris-Musées/Ludion

Catalogue d'exposition

Dans cette exposition organisée à l'occasion de la réouverture du Musée d'art moderne de la ville de Paris, 'l'oeuvre contemplative et intimiste de Pierre Bonnard est aujourd'hui présentée à travers un ensemble unique de quelque quatre-vingt-dix peintures - dont certaines encore jamais vues à Paris -, complété de dessins et de photographies, magistralement réuni par Suzanne Pagé. A rebours de son époque ivre de progrès et de vitesse, Bonnard a bouleversé notre regard sur les sujets les plus conventionnels - les nus, les natures mortes, les paysages, les autoportraits - , en opérant un retour à la toile comme espace où il exprime un rapport si nouveau et si unique à la lumière et à la couleur. Le monde se fait dès lors différent; la vision du quotidien et des choses les plus simples, des formes et des cultures suscite une somme exceptionnelle de beauté et d'émotion.
Pendant plus de cinquante ans et jusqu'aux rivages de l'abstraction, Pierre Bonnard a fait oeuvre de durée et de modernité en épousant la tradition pour mieux en transformer l'héritage. Sa démarche est exemplaire, le sens de son regard est une merveilleuse source d'inspiration.' Bernard Arnault, extrait de l'avant-propos

Au-delà de Blade Runner. Los Angeles et l'imagination du désastre

Au-delà de Blade Runner. Los Angeles et l'imagination du désastre
Davis Mike
Ed. Allia

Au lieu de suivre l'opinion commune et de ne voir dans le futur qu'une amplification grotesque et wellsienne de la technologie et de l'architecture, ne serait-il pas plus fertile de pousser jusqu'à leur terme logique les tendances au désastre aujourd'hui à l'oeuvre ? Mike Davis
Présentation de l'éditeur

Cet essai sociologique, urbanistique et politique montre, à travers l'exemple de Los Angeles, ce que sera le visage futur de la ville, moins spectaculaire et plus effrayant que la vision futuriste offerte par Blade Runner. Los Angeles porte déjà en elle le modèle vers lequel vont tendre toutes les mégapoles : destruction de la mixité sociale par cloisonnement strict des couches de populations.

L'artiste. Séminaire interarts de Paris, 2003-2004

L'artiste. Séminaire interarts de Paris, 2003-2004<br />
Collectif
Ed. Verticales

Plus communicant et interconnecté avec autrui qu'il le fut jamais - comme nous tous ! - l'artiste du XXIe siècle est peut-être aussi esseulé, sinon plus, que ses anciens prédécesseurs. Un remède à cette solitude, forme contemporaine de déréliction artistique dans le monde rationalisé du tout fonctionnel ? Peut-être une philosophie de l'expérience esthétique, pour autant, comme le disait John Dewey, que cette expérience est toujours plus qu'esthétique ; une philosophie attentive à ces bricoleurs que sont la plupart des artistes, créateurs d'objets improbables, sortes d'excroissances du monde pratique, parfois incongrus, dans l'entre-deux, à la limite du fonctionnel et de l'inutile.

C'est ainsi qu'on peut voir l'artiste, en équilibre sur la frontière qui sépare l'univers de la fonctionnalité d'où il est issu mais dont il se détourne, et l'utopie dont il se méfie mais qu'il désire secrètement. C'est en ce sens que son geste reste, quoi qu'on fasse et quoi qu'on dise, éminemment politique.
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Bonsaïs

Bonsaïs
Fiona Hopes & Deirdre Rooney (photo)
Ed. Marabout

Pour plus de 130 arbres et arbustes sélectionnés avec soin :
* une fiche récapitulant l'essentiel pour obtenir le meilleur de vos bonsaïs : le style, les dimensions et signes particuliers, l'entretien, la taille et le ligaturage, etc.
* de superbes photographies.
Sans oublier tout ce que vous devez savoir pour être initié à l'art du bonsaï, comprendre les différents styles, bien vous outiller, acquérir les techniques essentielles et prendre soin de vos plantes.
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Orchidées

Orchidées
Andrew Mikolajski & Deirdre Rooney (photo)
Ed. Marabout

Pour plus de 80 orchidées sélectionnées avec soin :
* une fiche pour tout savoir d'un seul coup d'oeil : la taille de la plante, le nombre de fleurs, le rythme et la période de floraison, le mode de végétation, la culture, la multiplication, etc.
* de superbes photographies, accompagnées des informations essentielles sur l'histoire, la généalogie et les caractéristiques de la plante.
Sans oublier les informations essentielles pour comprendre et connaître les plantes exceptionnelles que sont les orchidées, les cultiver et en prendre soin.
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A la couleur

A la couleur
Voss Jan
Ed. Mercure de France/Traits et portraits

Devant mon tableau terminé, je me demande si je suis face à un obstacle qui me cache la vue sur le monde, ou au contraire si je suis devant une fenêtre qui m'en donne une vue différente, inattendue. Ou encore, si je suis devant un miroir qui me renvoie ma propre personne.

... À la couleur, comme une offrande. Traversé d'éclats de mémoire, de fragments découpés dans la vie de l'atelier, d'images apparues en rêve ou de moments de création, de doute, d'envol, d'ironie, cet autoportrait ressemble à l'intimité même des tableaux de Jan Voss, car il nous fait entrer dans une succession d'aquarelles et de dessins qu'il fait naître peu à peu sous nos yeux, avec toute une bande de petits personnages et d'animaux farfelus qui viennent se faufiler entre les mots. Jan Voss est un des peintres contemporains les plus talentueux. Il est né à Hambourg en 1938 et s'est installé à Paris depuis 1960. Peintre, aquarelliste, graveur et sculpteur, il tente ici une expérience d'écriture insolite et merveilleusement libre, écrite directement en français, où textes et images viennent converser malicieusement. Tour à tour naïf et lucide, rêveur et cocasse, fragile et téméraire, modeste et provocateur, un peintre est là, qui invente, s'amuse, revient sur sa propre histoire, regarde vivre ses amis, passe de la toile à la vie réelle, et surtout transforme le monde en une espèce d'enchantement et de décalage permanents, avec cette touche de nonchalance qui est tout son charme.
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Please kill me. L'histoire non censurée du punk racontée par ses acteurs

Please kill me. L'histoire non censurée du punk racontée par ses acteurs
Legs McNeil & Gillian McCain
Ed. Allia/Musique

Please Kill Me est le fuit (vénéneux) de centaines d'heures d'entretiens avec ceux qui ont animé l'un des mouvements culturels et musicaux les plus détonants de la fin du vingtième siècle : le punk-rock américain. Réalisé sous forme de montage nerveux, extrêmement vivant et souvent impitoyablement drôle ou tragique, ce livre dans lequel les voix se répondent rarement pour s'accorder nous offre une plongée incroyable dans la vie quotidienne pleine de bruit et de fureur, de drogues, de catastrophes, de sexe et de poésie (parfois) du Velvet Underground, des Stooges d'Iggy Pop, du MC5, des New York Dolls et des Heartbreakers de Johnny Thunders, de Patti Smith, de Television, des Ramones, de Blondie et de dizaines d'autres. Avec leur gouaille et leur verve redoutables ou leur humour pince-sans-rire, les acteurs ressuscitent pour nous les anecdotes les plus délirantes des différentes époques de leur vie, font revivre ces personnages attachants et/ou détestables (avec des scènes d'anthologie à tous les chapitres), à tel point qu'on a l'impression de partager avec eux ce quotidien insensé de galères en tout genre, qu'on étouffe de rire à l'évocation des frasques d'Iggy Pop déchaîné ou d'un impayable Dee Dee Ramone ; ou qu'on ravale ses larmes à celle de la fin calamiteuse d'un Johnny Thunders ou d'un Jerry Nola. L'enchaînement irrévérencieux des points de vue provoque des effets comiques souvent irrésistibles, puisqu'ici, comme l'indique le sous-titre, aucune censure n'a cours : les amitiés indéfectibles côtoient les antipathies persistantes et les amours explosives (Connie et Dee Dee, Sid et Nancy). Personne ne semble pourtant avoir la moindre honte à dévoiler ce qui fut bien souvent un mode de vie extrême, disons extrêmement rock'n'roll, moins centré sur l'image que le punk anglais et dédié avant tout à une certaine forme d'innocence paradoxale, refusant aussi bien les idéaux peace and love éculés des années 60 que la culture de l'argent roi qui se profilait avec l'arrivée des années 80. Mais cette innocence verse un lourd tribut à ses excès (overdoses, coups de couteau, prostitution) et manipule le dérision comme une arme de destruction massive. Please Kill Me se lit comme un roman à plusieurs voix, rapide à couper le souffle comme une chanson des Ramones.
Présentation de l'éditeur

Réfractions. Pensées sur l'art et la photographie

Réfractions. Pensées sur l'art et la photographie
Gibson Ralph
Ed. Steidl/Mep

A l'instant où j'expose la pellicule, j'imagine les rayons de lumière qui pénètrent l'émulsion, réchauffent les halogénures d'argent et créent une image encore invisible. R.G.

Réfractions est une compilation des Notes sur l'esthétique de la photographie de Ralph Gibson, en soi une contribution significative à la compréhension de la pratique photographique. L'ouvrage intéressera autant les étudiants que les praticiens aguerris, les professeurs ou les collectionneurs, révélant les conceptions d'un des maîtres de la photographie contemporaine.