L'Italie, un Etat sans nation ? Géopolitique d'une identité nationale incertaine

L'Italie, un Etat sans nation ? Géopolitique d'une identité nationale incertaine
Graziano Manlio
Ed. Erès

Pour comprendre comment Silvio Berlusconi a pu accéder au pouvoir, il ne faut pas étudier la vie et les oeuvres du Cavaliere, il faut étudier l'Italie. Une nation comme celle qui vit sur le territoire de la Péninsule peut se permettre plusieurs autobiographies : le fascisme en fut une ; l'Italie de don Camillo et Peppone - où le sentiment d'appartenance aux deux différentes «subcultures», comme on les a appelées, prévalait sur le sentiment d'appartenance nationale - en fut une autre ; le «berlusconisme» en est encore une autre. Pour comprendre ce qui les différencie, il faut d'abord comprendre ce qui les unit. Cet ouvrage a l'ambition de contribuer à cette compréhension.

L'auteur entreprend de suivre, à partir de la constitution du Royaume d'Italie en 1861, l'histoire des problèmes que les nombreuses classes dirigeantes du pays ont dû affronter : fragmentation du pays, héritages du passé, mafias et potentats locaux, influence de l'Église, subordination constante aux intérêts des grandes puissances. La difficulté à trouver une synthèse susceptible de cerner un intérêt national explique l'échec de toute tentative de donner aux Italiens une identité nationale.

Ce récit sur l'Italie contemporaine ne se limite pas à une description des phénomènes, mais livre des clés de lecture des principales constantes et des quelques changements majeurs qui ont caractérisé l'Italie depuis sa naissance en 1861 jusqu'à la fin de la période «berlusconienne» et à la très courte victoire électorale du centre-gauche en avril 2006. Un rapide regard rétrospectif permet de retracer les racines de nombreuses spécificités de la vie italienne dans l'histoire antérieure de la Péninsule.

Repères cartographiques. Appendice chronologique 1494-2006. 28 biographies des acteurs incontournables de l'histoire italienne. Bibliographie et index des noms.
Présentation de l'éditeur

Un bateau pour l'enfer

Un bateau pour l'enfer
Sinou Gilbert
Ed. Calmann-Lévy

L'errance des passagers juifs du 'SS Saint-Louis'

Quelques mois après la tristement célèbre nuit de Cristal, Adolf Hitler, répondant aux protestations venant du monde entier, accorde aux Juifs le droit de quitter l'Allemagne. Un paquebot battant pavillon nazi, le 'SS Saint-Louis', quitte Hambourg le 13 mai 1939, avec à son bord 937 passagers. Tous sont Juifs allemands et sont munis de visas. Censés débarquer à La Havane, les exilés espèrent pouvoir émigrer aux Etats-Unis. A l'approche des eaux territoriales cubaines, le capitaine du Saint-Louis, Gustav Schröder, reçoit un câble du gouvernement cubain lui interdisant l'entrée dans les eaux du port. Refusant de faire demi-tour et de ramener sa 'cargaison' à Hambourg, Schröder prend contact avec les gouvernements du monde dit libre en leur demandant d'accueillir ses passagers. Toutes les nations refusent, Etats-Unis, Canada, pays d'Amérique latine... Commence alors l'effroyable errance du Saint-Louis, dont le romancier Gilbert Sinoué retrace l'épopée inconcevable.

L'Italie fasciste et la persécution des Juifs

L'Italie fasciste et la persécution des Juifs
Matard-Bonucci Marie-Anne
Ed. Perrin

En 1938, après plus de quinze années de pouvoir, le régime fasciste décida de persécuter les juifs. Sous l'effet de lois antisémites d'une sévérité comparable à celles de l'Etat français sous Vichy, les juifs italiens devinrent soudainement des citoyens de seconde zone et des parias.

Ce livre fait la lumière sur une dimension longtemps ignorée du fascisme italien. Comment expliquer que l'antisémitisme s'impose brutalement comme priorité politique en Italie en 1938 ? Pourquoi les élites politiques, administratives et intellectuelles du régime se convertissent-elles pratiquement du jour au lendemain à la nouvelle doctrine de haine ? Quelle logique conduisit à la déportation de plusieurs milliers de juifs sous la république de Salò ?
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Le labyrinthe belge

Le labyrinthe belge
van Istendael Geert
Ed. Castor Astral/Escales du Nord

Dans cet essai parlé (l'auteur nous entraîne dans ce qui ressemble aux méandres captivants d'une longue conversation, avec ses contradictions, ses moments de passion et ses hésitations), Geert van Istendael s'efforce de cerner ce phénomène complexe et irréductible qu'est la Belgique. La Belgique et son passé rocambolesque, sa défiance viscérale à l'égard de toute forme d'autorité, ses langues, ses joutes incompréhensibles, ses frontières intérieures, son sens ahurissant de l'architecture, son art de vivre, sa philosophie en forme de 'oui mais non' et son talent unique pour le compromis. Que l'on se rassure : il restera bien des paradoxes à la fin de cet essai lumineux et pénétrant, qui connaît un succès considérable en Flandre et aux Pays-Bas et qui a été entièrement revu pour la présente édition.
Présentation de l'éditeur

Renaissances italiennes

Renaissances italiennes
Crouzet-Pavan Elisabeth
Ed. Albin Michel/Histoire

Au mythe de la «Renaissance» et aux débats qui s'y attachent, à la figuration célébrée d'un présent fécondé par une restitution des sagesses de l'Antiquité, à l'imaginaire humaniste d'un recommencement, Élisabeth Crouzet-Pavan préfère substituer l'horizon des Renaissances italiennes. Le pluriel s'impose à ses yeux, parce qu'il existe une autre Renaissance, moins démonstrative que celle des savants et des artistes, mais tout aussi vivante, par laquelle continuent à vivre et à revivre des passés plus ou moins proches. Les représentations, les mémoires et les actions s'enchâssent et jouent alors les unes avec les autres parce que les temps communiquent sans cesse. C'est un âge du paradoxe qui surgit sous nos yeux : de grandes espérances coexistent avec l'appréhension de l'imminence du Jugement dernier, des rêves enthousiastes d'harmonie voisinent avec l'angoisse du péché, la quête de la beauté est confrontée à la conscience du mal...

Renaissances italiennes, de Milan à Naples, de Florence à Venise, de Rome à Ferrare, invite ainsi le lecteur à déplacer son regard. Et dans cette somme magistrale, Élisabeth Crouzet-Pavan nous guide dans la complexité d'un univers humain qui éprouvait autant un immense amour de la vie qu'une tenace peur de la mort, autant une extraordinaire exaltation créatrice qu'une profonde sensation de finitude...

Alexandre le Grand, vol. 2 : L'homme sans dieux

Alexandre le Grand, vol. 2 : L'homme sans dieux
Charles Doherty Paul
Ed. 10/18

Après avoir écrasé l'armée de Darius au Granique, Alexandre le Grand s'enfonce dans l'Empire perse et entre en vainqueur dans la ville grecque d'Éphèse, ensanglantée par les règlements de comptes depuis la fuite de la garnison. Quelques jours après son arrivée, alors que le calme vient d'être rétabli, huit personnes sont sauvagement massacrées dans le temple d'Héraclès. Cet événement tragique pourrait mettre en danger l'autorité souveraine d'Alexandre dans la cité, et il charge le devin Aristandre et Télamon, son homme de confiance, de mener l'enquête. Leurs soupçons se portent bientôt sur un mystérieux personnage nommé le Centaure...
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Polar

La vie sexuelle à Rome

La vie sexuelle à Rome
Puccini-Delbey Géraldine
Ed. Tallandier

Les distinctions en fonction des préférences sexuelles que connaissent les sociétés modernes n'avaient pas cours à Rome : hétéro- et homosexualité s'effaçaient devant le statut social et la classe d'âge. Le véritable clivage s'opère entre ceux qui possèdent le pouvoir - les citoyens - et tous les autres - matrones respectables, coquettes libérées, prostituées ou esclaves des deux sexes -, qui leur sont soumis.

À travers une galerie de portraits hauts en couleurs, notamment ceux des empereurs libidineux, Tibère, Caligula ou Néron, l'auteur analyse des comportements moraux et sexuels qui surprennent, troublent et dépaysent le lecteur contemporain. Cette histoire de l'intime est aussi une histoire des relations de pouvoir qui organisent l'ensemble de la société et de la culture romaines, un monde caché dévoilé ici avec force et minutie.

Les entretiens de Nuremberg

Les entretiens de Nuremberg
Goldensohn Leon
Ed. Flammarion

Nuremberg, janvier 1946. Alors que le monde entier a les yeux rivés sur cette ville symbole du IIIe Reich, où les procès des grands criminels de guerre nazis viennent de commencer, un psychiatre américain de trente-quatre ans, Leon Goldensohn, entreprend de consigner les entretiens qu'il mène, jour après jour, avec Hermann Göring, Hans Frank, Karl Dönitz, Alfred Rosenberg, Rudolf Höss et une vingtaine d'autres, accusés ou témoins aux procès. Antécédents familiaux, vie sexuelle, carrière dans le parti, relations avec Hitler et les dignitaires du régime, participation à l'extermination des Juifs : Goldensohn note méthodiquement ses questions et les réponses qui lui sont faites.

Il y a l'aristocratique Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères du Reich, qui dit sa fascination pour Hitler dans une cellule jonchée de détritus ; il y a Göring, qui accable les autres accusés de son mépris - des «lampistes» -, joue au mécène et au chef de guerre, détaillant son «code chevaleresque» ; il y a Julius Streicher, l'un des seuls dont l'intelligence soit jugée inférieure à la moyenne par les médecins, et ses délires antisémites, teintés de pornographie ; il y a Höss, commandant d'Auschwitz entre 1941 et 1943, qui décrit froidement le mécanisme d'extermination, précisions à l'appui - il livre ainsi sans détour le chiffre de 2,5 millions de Juifs ayant péri dans ce seul camp...
Jamais publié jusque-là, ce document constitue un témoignage extraordinaire sur la psychologie des nazis, et une pièce unique à verser aux archives du IIIe Reich.
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Belgique où vas-tu ?

Belgique où vas-tu ?
Pierre-Yves Monette & Christian Laporte
Ed. Mardaga

Où va la Belgique ? Pourtant terre de cocagne, la Belgique devient aujourd'hui l'objet de toutes les incertitudes. Sur le plan politique et institutionnel, la Belgique vacille sous les remises en cause de la monarchie, les incessantes querelles qui opposent Francophones et Flamands et les affaires qui révèlent une éthique politique préoccupante. Fruit d'une gouvernance publique faite de gestion à court terme, d'effets d'annonce, de précipitation, d'opacité, de cumuls et de politisation à outrance, un dangereux fossé ne cesse de s'élargir entre le citoyen et le politique.

De toute évidence, la Belgique se trouve à un carrefour de son histoire. Et l'heure des choix approche. Va-t-on laisser le pays s'enliser dans les querelles communautaires et dans une particratie omnipotente jusqu'à son éventuel éclatement ? En prise directe depuis vingt ans avec le monde politique, administratif et institutionnel, Pierre-Yves Monette connaît le modèle belge de l'intérieur. Dans des entretiens avec Christian Laporte, il s'inquiète des dérives lourdes actuelles et tire la sonnette d'alarme. Et il propose des pistes pour relancer le vivre ensemble belge sur de nouvelles bases, pour renouer avec la bonne gouvernance et pour rendre la démocratie au Parlement et aux citoyens.
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Rapport sur Auschwitz

Rapport sur Auschwitz
Levi Primo
Ed. Kimé

1946. Juste libéré d'Auschwitz, Primo Levi rédige avec Leonardo Debenedetti, à la demande de l'Armée rouge, un rapport sur l'organisation du camp de concentration pour Juifs de Monowitz. C'est son premier texte sur les camps.

1982. Primo Levi effectue, pour la seconde fois, un voyage à Auschwitz.

Primo Levi, chimiste de profession, fait l'expérience du fascisme, des lois raciales, de la résistance et de la déportation à Auschwitz. Il a écrit une oeuvre importante, de portée littéraire, dont une partie est un témoignage direct de l'expérience concentrationnaire.

Leonardo Debenedetti, médecin, a été déporté dans le même convoi que Primo Levi. À la libération, il se retrouve au camp de Katowice et, ensemble, ils rentrent à Turin.
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