Mon nom est rouge

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Pamuk Orhan
Ed. Gallimard

Hiver 1591, Istanbul est sous la neige. Mais un cadavre, le crâne fracassé, nous parle depuis le puits où il a été jeté.

Il connaît son assassin, de même que les raisons du meurtre dont il a été victime : un complot contre l'Empire ottoman, sa culture, ses traditions et sa peinture. Car les miniaturistes de l'atelier du Sultan, dont il faisait partie, sont chargés d'illustrer un livre à la manière italienne?
Roman polyphonique, Mon nom est rouge tient en haleine jusqu'à la dernière page par son extraordinaire construction : une subtile réflexion sur la confrontation entre l'Occident et l'Orient sous-tend la trame policière (un suspense fascinant), elle-même doublée d'une intrigue amoureuse.
On ne pourrait être plus dépaysé, et pourtant, tout est si proche. Exigeant et profondément original, Orhan Pamuk invite à la lenteur mais il surprend avec puissance.

D'après Sofia

D'après Sofia
Lonn Oystein
Ed. Gallimard/Du monde entier

Le confort et la réussite matérielle ne manquent pas dans la vie de Simen, Bird et Leon, ces trois amis d'enfance parvenus à la quarantaine. Mais Simen est surmené - il est rédacteur en chef d'un quotidien - et souffre d'un ulcère à l'estomac. Bird, qui travaille pour lui en tant que journaliste sportif, risque lui aussi sa santé par des entraînements de course à pied de plus en plus excessifs, et Leon, pourtant au début d'une carrière prometteuse de pianiste de jazz, a disparu dans le désert nord-africain, sans doute avec des idées suicidaires.

Sofia est le lien qui unit ces trois hommes : elle est la femme de Simen, la soeur de Bird, et la confidente de Leon. Lorsqu'elle part retrouver un ancien amant au Pays basque espagnol, Simen appelle Bird à l'aide. Celui-ci s'envole alors pour Bilbao, bien qu'il vienne tout juste de sortir de l'hôpital, et malgré son inquiétude pour Leon.

Le roman se déploie ensuite entre Oslo, le Pays basque et le Maghreb, où les quatre protagonistes confrontent leur mal de vivre dans de longues conversations, notamment téléphoniques. D'après Sofia offre au lecteur un univers romanesque singulier où l'auteur traque derrière les paroles, les attitudes, les mimiques et les silences de ses personnages les mensonges et l'hypocrisie de notre temps.
Présentation de l'éditeur

L'homme que ma mère a aimé

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Widmer Urs
Ed. Gallimard

« Aujourd'hui est mort l'homme que ma mère a aimé. Vieux comme les pierres, solide comme un roc jusque dans la mort.

Il s'est effondré tandis que, penché sur un pupitre, il tournait une page de la partition de la Symphonie en sol mineur de Mozart. Lorsqu'on l'a trouvé, il tenait dans sa main morte un bout de la partition déchirée : ces appels de cor du début du mouvement lent. Il avait dit un jour a ma mère que la Symphonie en sol mineur était le plus beau morceau de musique qu'on eût jamais composé. ?Il lisait depuis toujours des partitions comme d'autres lisent des livres. »
Urs Widmer fait ici le récit d'une vie, celle d'une femme qui n'a cessé d'être amoureuse d'un homme qui ne l'aimait pas. Lui, parti de rien, devient ?un peu grâce à elle -l'home le plus riche de Suisse ; à l'inverse, elle qui faisait partie de la jeunesse dorée se retrouve orpheline et sans le sou, se marie et mène une vie sans histoire.
C'est son propre fils qui raconte cet amour malheureux, véritablement incurable ; il parvient à y mettre un humour mélancolique et parfois même une drôlerie paradoxale qui rend le récit encore plus poignant

Une couronne de roses

Une couronne de roses
Taylor Elizabeth
Ed. Rivages

Pour Camilla, les vacances à la campagne aux côtés de ses amies Frances et Liz n'ont plus le même parfum. Le temps des bavardages qui faisait le charme de ces étés passés ensemble est révolu.
Frances occupe désormais ses journées à peindre, enfermée dans son atelier, tandis que Liz, devenue mère, se laisse accaparer par son enfant.
Le sentiment d'exclusion que ressent Camilla lui rappelle sa vie trop étriquée, enfermée dans l'école de filles où elle travaille comme secrétaire. Pour tenter de calmer son angoisse et combler le vide, elle entame une invraisemblable liaison avec un certain Richard Elton, rencontré dans le train.
Mais le jeune homme va s'avérer aussi menteur et dangereux qu'il est charmant et sûr de lui...
Publié en 1949, ce très beau roman sur l'amitié féminine, sans doute le plus sombre des livres écrits par Elizabeth Taylor, relate l'histoire sans complaisance d'une jeune femme prête à tout pour échapper au sentiment de solitude.

Elizabeth Taylor (1912-1975) est née à Reading dans le Berkshire. Elle a écrit douze romans et cinq recueils de nouvelles.
Présentation de l'éditeur

Comment se dire adieu

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Colwin Laurie
Ed. Autrement

Le sourire à cinq dollars

Le sourire à cinq dollars
Tharoor Shashi
Ed. Seuil

Un petit orphelin indien prend pour la première fois l'avion pour aller visiter d'improbables «parents» adoptifs américains; un vieux maître d'école meurt privé - involontairement - par son fils des moyens financiers de se soigner... Entre ces deux nouvelles délicieusement mélancoliques, Shashi Tharoor déploie, dans une quinzaine de textes tour à tour loufoques et poignants, un talent qui ne surprendra pas ses habituels lecteurs. Encore qu'ils seront étonnés d'apprendre que Tharoor a écrit certaines de ces nouvelles alors qu'il n'avait pas seize ans. Et si l'on y sent l'influence inéluctable des auteurs préférés de l'adolescent (de P.G. Wodehouse à Woody Allen, en passant par Maupassant) on n'en demeure pas moins émerveillé par la finesse, le talent et la maturité avec lesquels le jeune Tharoor traite de sujets aussi graves que la mort, les fausses apparences, les laissés-pour-compte de la société et les désillusions de la vie.
Présentation de l'éditeur

La maison des feuilles

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Z.Danielewski Mark
Ed. Denoël

Imaginez un livre écrit par, disons, Vladimir Nabokov dans ses périodes les plus espiègles

et revu par Stephen King dans ses humeurs les plus cérébrales, mis en page par les graphistes les plus déjantés et publié par les éditeurs les plus audacieux. Le résultat pourrait bien être quelque chose comme La maison des feuilles.
Le premier roman de Mark Z. Danielewski (il a mis douze ans à l'écrire) n'a, à vrai dire, pas grand chose en commun avec tout objet littéraire identifié.
Au départ : la découverte d'un pseudo-académique manuscrit, le Navidson Record, écrit par un aveugle nommé Zampano, à propos d'un film documentaire inexistant ? qui lui-même parle d'un journaliste qui découvre une maison aux pouvoirs surnaturels (ses dimensions intérieures par exemple sont plus grandes que ses dimensions extérieures). À cet échafaudage de narrateurs-en poupée russe, Danielewski ajoute poèmes, nomenclatures scientifiques, collages, Polaroïds, appendices de fausses correspondances et « notes diverses », et un impressionnant index. On tourne et retourne le livre pour suivre les phrases placées n'importe comment ( ? ) sur les pages ? en haut, en bas, à l'envers, en diagonale -, les parenthèses sans contenus, les passages barrés, encadrés, bleutés, etc? Mais quoi ???
Si l'on en croit Johnny Errand, le jeune homme qui découvre le travail de Zampano, une fois que vous aurez lu le Navidson Record, « vous ne serez plus la personne que vous aviez cru être auparavant. Vous percevrez de lentes et subtiles modifications tout autour de vous, en particulier, d'importants changements en vous. Pire, vous vous apercevrez que les choses ont toujours changé, dans une espèce de miroitement, de vaste miroitement, mais sombre comme une pièce. Et vous ne comprendrez pas pourquoi ni comment. Vous aurez oublié ce qui vous a mis la puce à l'oreille. »
Ici, rien n'est fait pour rassurer le lecteur?

Papa

Papa
Huidobro Vicente
Ed. Phébus

On a un peu oublié Vicente Huidobro, connu chez nous surtout pour son oeuvre poétique (il est sans doute le plus grand poète du Chili... après Pablo Neruda). Et ce, malgré les efforts récents de quelques éditeurs : les éditions Indigo-Côté Femmes ont repris en 2002-2003 quelques-uns de ses recueils et manifestes poétiques (Manifestes, Cagliostro, Tremblement de ciel, Tour Eiffel, Horizon carré) ; Altaigle et Monument à la mer ont paru chez Unes en 1996 ; et son Gilles de Rais a été remis au jour en 1998 par José Corti.

Encore inédite en français, l'oeuvre romanesque de Huidobro en surprendra plus d'un par sa tranquille liberté de ton et d'esprit. Papa, ou le Journal d'Alicia Mir (1934), bref récit d'apprentissage qui rompt avec les canons du genre, tient la chronique lucide de la faillite d'un couple qui se déchire sous le regard en alerte d'une jeune fille de dix-huit ans - laquelle découvre à cette occasion la personnalité complexe et fascinante de son père. Aucune moralité, aucune leçon, mais ce constat douloureux, sous un masque de fine ironie : que la vie n'est peut-être que l'art de composer avec ce qui nous manque.
Présentation de l'éditeur

Dispersés par le vent

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Flanagan Richard
Ed. Flammarion

Tasmanie, 1954 : une femme quitte dans la nuit le campement de Butlers Gorge, abandonnant son mari et sa fille de trois ans.

Elle les aime, mais elle ne reviendra jamais. Trente-cinq ans plus tard Sonja, sa fille, retourne sur les lieux faire la paix avec son passé. Il lui faut retrouver son père qui l'a élevée seul, durement partagé entre culpabilité et amertume, mais aussi remonter le passé de ce couple déraciné, qui a dû fuir dans le désespoir les barbaries d'Europe centrale.
Richard Flanagan nous convie ici à une douloureuse et splendide histoire d'amour filial. À la fois conte sur les origines, quête identitaire d'un peuple d'immigrants victimes de l'Histoire, roman de guerre et de rédemption, c'est aussi un livre d'une poésie très particulière, obsédante et tenace, comme son beau titre : « The Sound of One Hand Clapping »

Le Ruffian moldave

Le Ruffian moldave
Cozarinsky Edgardo
Ed. Actes Sud

La chronique de l'immigration juive en Argentine et les histoires qui s'y rattachent constituent la toile de fond du Ruffian moldave, une chronique sur laquelle Edgardo Cozarinsky promène un oeil sombre, plein d'humour et de curiosité. (...) Le modèle littéraire de Cozarinsky n'est ni le roman documentaire, ni le larmoyant mémoire familial, mais la tradition dramatique yiddish des mythes ancestraux et des comédies musicales qui, transférés des pampas russes aux steppes argentines, ont acquis sur les scènes du nouveau pays les costumes de la couleur locale et les rythmes des tangos et des milongas. (...)
Ce ne sont pas les voies directes ni les récits définitifs dont le dénouement est visible dés le début qui intéressent Cozarinsky, ce sont les carrefours, ces espaces doubles ou triples où des histoires différentes se rencontrent et, en même temps, semblent se séparer. ALBERTO MANGUEL (extrait de la postface)