Mystique. La passion de l'un, de l'Antiquité à nos jours

Mystique. La passion de l'un, de l'Antiquité à nos jours
Alain Dierkens & Benoît Beyer de Ryke
Ed. Université de Bruxelles/Problèmes d'histoire des religions

La mystique, qui est recherche d'une union intime entre l'homme et Dieu, puise notamment ses racines dans le courant néoplatonicien de l'union à l'Un. Nous suivrons ici le fil du néoplatonisme, tel qu'il s'est manifesté dans l'Empire romain tardif à partir de Plotin jusqu'à Proclus, envisageant ensuite la manière dont il a irrigué l'ensemble de la mystique chrétienne, lui donnant ses structures de pensée et d'expérience. L'ouvrage, qui s'ouvre par des considérations générales sur l'expérience mystique, s'achève, après la volumineuse partie sur la mystique en Occident, par quelques perspectives comparatistes sur l'islam, l'Inde et la Chine.
Présentation de l'éditeur

Critique 704-408/Janvier-Février 2006. Dieu

Critique 704-408/Janvier-Février 2006. Dieu
Revue
Ed. Minuit

Les Lumières clignotent; la nuit n'en finit pas de tomber: elle est pleine de Dieu, de dieux, du dieu, de tous les dieux. Le village global est aujourd'hui un assez terrifiant panthéon.
Toujours la même et toujours différente, la réponse-Dieu surgit à chaque fois que se produit une mutation dans l'ordre des choses; lorsque le monde ancien s'écroule et que le nouveau n'est pas encore là; dans la béance d'un temps historique qui, cessant d'être homogène à lui-même, s'ouvre dans cet «à-présent» qui était aussi pour Walter Benjamin répétition de 1'«origine» et annonce de 1'«à-venir».
Le temps nous a semblé venu, non de penser le supposé retour des religions, dont politiques et idéologues se disputent médiatiquement les faveurs, mais de nous interroger sur Celui, ou ceux, ou cela ou ce rien, au nom duquel, desquels ou de quoi, certains parlent, agissent, organisent, réglementent, décident, critiquent, protestent, condamnent, aiment, aident, haïssent, tuent et soignent, parfois d'un seul geste: Dieu.

Ont participé à ce numéro,dirigé par Pedro CORDOBA et Alain DE LIBERA:

Olivier ABEL Étienne BALIBAR Philippe BORGEAUD Olivier BOULNOIS Rémi BRAGUE Barbara CASSIN Élie DURING Gilles HANUS Cécile HUE Jean-Luc MARION Quentin MEILLASSOUX Cyrille MICHON Barbara Stiegler Nicolas WEILL
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Qu'est-ce qui vous amène ?

Qu'est-ce qui vous amène ?
Racherich Martine
Ed. Gallimard/Connaissance de l'inconscient

« Qu'est-ce qui vous amène? », c'est la question que pose, explicitement ou non, le psychanalyste à celui ou celle qui vient le consulter. Ils pressentent l'un comme l'autre que la vraie réponse sera longue à venir.
Déjà, enfant, Martine Bacherich aimait se raconter des histoires. Devenue une psychanalyste d'enfants et d'adultes, ce goût d'entendre et de fabriquer des histoires ne l'a pas quittée. On pourrait dire d'une analyse qu'elle est une « invention du vrai ».
Martine Bacherich s'inscrit à contre-courant de la plupart des analystes d'aujourd'hui qui se vouent à la théorie et se bornent à évoquer quelques « vignettes cliniques ». Elle s'inscrit en revanche dans la continuité d'un Freud tout étonné et un peu inquiet que ces histoires de cas se lisent comme des romans et manquent du « cachet sérieux de la science ».

Autre singularité de ce livre: son style, un style d'une grande qualité littéraire, précis, subtil, d'où tout jargon est proscrit.
Deux sections. La première, de loin la plus importante, relate une série d 'histoires cliniques - cures d'enfants et d'adultes. Elle se conclut par un hommage savoureux à Françoise Dolto. La seconde section, brève, dévoile d'autres intérêts de l'auteur, pour la peinture notamment et, plus insolite, pour la lingerie féminine.
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Epreuves de la folie. Travail psychanalytique et processus psychotiques

Epreuves de la folie. Travail psychanalytique et processus psychotiques
Polack Jean-Claude
Ed. Erès/Des Travaux et des Jours

La psychothérapie analytique des états psychotiques est l'épreuve la plus risquée, mais aussi la plus intime et la plus riche d'une rencontre avec la folie.

Engagé depuis de nombreuses années dans un travail analytique auprès des patients psychotiques, Jean-Claude Polack examine ici concrètement les enjeux théoriques et pratiques d'une telle approche. Il prend à-bras-le-corps l'équivoque de cette rencontre, dont les termes eux-mêmes restent incertains: flou des frontières entre névroses et psychoses, inadéquation de la cure type pour les cas de grande folie, polymorphisme des modes d'expression non réductibles à la seule parole, intrication des délires singuliers et des folies de l'Histoire.

L'auteur dresse ainsi le bilan de l'approche analytique de la folie en mettant en évidence ses points de butée et d'innovation, ses acquis et les chantiers ouverts à de nouvelles investigations. Chacune de ses propositions est illustrée par des monographies cliniques qui montrent aussi en quoi les choix (théoriques, éthiques, esthétiques et politiques) du thérapeute infléchissent constamment le processus de soins.
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Oeuvres philosophiques, vol. 3. L'art comme expérience

Oeuvres philosophiques, vol. 3. L'art comme expérience
Dewey John
Ed. Université de Pau/Farrago

Issu d'une série de conférences que Dewey donna en 1931 à Harvard, L'art comme expérience propose une vision de l'art adaptée aux sociétés démocratiques et débarrassée des mythes qui en obscurcissent la signification et les potentialités. Ce livre, qui s'attaque aux présupposés majeurs auxquels nos conceptions restent encore largement subordonnées, est à la source de préoccupations et d'orientations dont l'art américain s'est amplement nourri depuis plus d'un demi-siècle. L'intérêt tardif qu'il a commencé à susciter dans le contexte français exigeait qu'une traduction en fût enfin proposée. Il répond à une double attente, celle des philosophes qui s'intéressent à l'art vivant et celles des artistes ou des critiques qui s'attachent à ressaisir leur pratique à la lumière des actions et des formes d'expérience qui en sont réellement constitutives. Jean-Pierre Cometti
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Le paradoxe de l'altérité, vol.1. L'illusion de l'altérité

Le paradoxe de l'altérité, vol.1. L'illusion de l'altérité
Abdelmalek Sayad
Ed. Raisons d'agir/Cours et travaux

Avec Abdelmalek Sayad,le sociologue se fait écrivain public. Il donne la parole à ceux qui en sont le plus cruellement dépossédés. Pierre Bourdieu, 1991.

Trente années d'enquêtes réalisées par le sociologue Abdelmalek Sayad (1933-1998) ont renouvelé l'étude
du phénomène migratoire: à l'immigration dans une société correspond toujours une émigration hors d'une autre société. L'une ne peut s'expliquer sans l'autre.

Ce premier volume de L'immigration ou les paradoxes de l'altérité montre que la présence d'étrangers dans un espace national est toujours pensée comme provisoire, alors même que la réalité dément cette représentation. La dimension économique de la condition de l'immigré détermine tous les autres aspects de son statut: le travail fait
« naître» l'immigré mais rend sa présence illégitime quand l'emploi vient à manquer. Lillusion du provisoire
se prolonge dans le logement, avec ces foyers qui assignent durablement leurs résidants à un habitat temporaire. Elle se perpétue enfin dans l'idée du retour, qui entretient l'espoir que l'exil n'a qu'un temps.
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La société contre elle-même

La société contre elle-même
Sue Roger
Ed. Fayard/Transversales

Étonnant paradoxe : dans l'actualité, même les bonnes nouvelles se transforment systématiquement en mauvaises. Ce qui accrédite l'idée de déclin et de décadence, semblant appeler d'urgence un traitement de choc.

Plusieurs grands dossiers, comme la mutation du travail, la recomposition du lien social ou encore la question démocratique, peuvent être revisités sous cet angle. Ainsi, la transformation de sociétés essentiellement fondées sur le travail en des sociétés plus libres et toujours plus riches devrait passer pour une bonne nouvelle. Nous avons réussi l'exploit d'en faire le grand mal du monde industrialisé, avec son cortège de chômage, de précarité et de misère. De même, un développement économique plus centré sur le capital humain, la formation, la santé, est porteur de nombreuses promesses. Or santé et formation n'apparaissent pas comme les ressorts d'une nouvelle croissance mais comme des charges budgétaires insupportables.

Comment a-t-on réussi à transformer des solutions en problèmes ? Roger Sue propose un nouveau regard sur les causes de ce paradoxe, qui mêle retard culturel, absence de recul et de perspective historique, conservatisme politique et défense des privilèges des élites, que le discours de la peur ou la politique du pire semblent trop bien servir. Contre l'intérêt de la société elle-même.
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En devenant Foucault. Sociogenèse d'un grand philosophe

En devenant Foucault. Sociogenèse d'un grand philosophe
Luis Moreno Pestana Jos
Ed. Croquant/Champ social

Les biographies de philosophes ne sont le plus souvent que de simples chronologies qui informent de la venue au monde d'un génie, de ses avatars humains et de l'irruption de ses fulgurations intellectuelles. Pierre Bourdieu relevait ainsi que les philosophes des livres de philosophie sont des individus qui ne lisent pas le journal le matin et que, s'ils le font, cela ne souille en rien l'exercice souverain de leur pensée. Ce n'est que lorsqu'il s'agit de s'en prendre à un philosophe que l'on invoque les processus socio-historiques dans lesquels sa pensée s'est formée. Pour un philosophe, être historicisé est, en général, un symptôme de son dépassement : il s'agit de montrer que sa pensée est devenue caduque avec l'époque qui l'a vue naître.

À l'encontre de cette auguste tradition, l'auteur de ce livre explique, en sociologue, comment Foucault est devenu Foucault. Si un grand penseur est moins un génie qui appelle des dithyrambes impétueux, qu'un individu capable de concilier des mondes théoriques différents dans une perspective qui lui est propre, de travailler son expérience sociale sans relâche jusqu'à trouver un biais qui soit le sien, ce livre aide à comprendre comment Foucault a réussi à devenir Foucault. Quand le travail scientifique décrit, avec les données disponibles - existentielles, sociales et intellectuelles - la manière dont le génie se construit socialement, il ne s'agit évidemment pas de dénigrer un grand philosophe. Tout au contraire, il s'agit de montrer ce qu'il lui en coûta et, bien sûr aussi, ce qui lui facilita la tâche.
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Le passage de témoin. Une philosophie du témoignage

Le passage de témoin. Une philosophie du témoignage
Pierron Jean-Philippe
Ed. Cerf/La nuit surveillée

Ecce homo, voici l'homme, voici le témoin, le médiateur privilégié et pourtant si fragile de la vérité. Car de quelle vérité le témoin est-il médiateur? Il pourrait bien s'agir d'une vérité flatteuse pour l'émotion mais sans doute bien moins pour la raison.

La tentation esthétique conduit souvent à enjoliver la réalité et à tomber dans l'apologie ou l'hagiographie. Sans compter le faux témoignage ou le contre-témoignage. Fragile est donc le témoin et d'autant plus fragile est sa vérité - toujours noué charnellement à son propos sans pour autant se confondre avec ce dont il témoigne. Le témoin n'a d'ailleurs rien de nouveau à dire; tout est dans sa façon de le dire. C'est ainsi qu'une histoire singulière est touchante et devient susceptible d'en engager d'autres. Aussi, en plus d'une esthétique, il faut rappeler une éthique du témoignage qui apparaît alors comme le préalable à toute éthique de la discussion pour notre temps.
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Les philosophes et la question de Dieu

Les philosophes et la question de Dieu
Luc Langlois & Yves Charles Zarka (dir.)
Ed. PUF/Fondements de la politique

La thèse de la mort de Dieu a obsédé, et obsède encore, la philosophie contemporaine depuis Nietzsche au moins, au point qu'il semble que nous devions comprendre notre temps comme celui d'un deuil paradoxal, parce que sans fin, à la mesure de son objet infini. Toutes les considérations sur le désenchantement du monde, la fin de la représentation symbolique, la perte du sens, l'évanouissement de toute perspective eschatologique, voire la fin de la religion, indéfiniment reprises et répétées, en sont la conséquence. Il ne faut cependant pas prendre cette thèse à la légère. Il faut en mesurer tout le poids pour en évaluer la portée : la destitution de Dieu, l'annulation de la transcendance ou de l'ex-cendance, pour reprendre une expression d'Emmanuel Levinas, au-delà des êtres, au-delà même de l'être. La thèse veut dire la chose suivante : Dieu est mort, parce qu'il n'aura jamais vécu qu'une vie de représentation, dans la croyance, la foi ou le concept, en tout cas dans l'esprit de l'homme. Il n'aura vécu que la vie que l'homme lui aura prêtée. L'homme et Dieu se faisant ainsi face, il n'est pas étonnant que la thèse de la mort de l'homme ait suivi de près celle d'un Dieu qui n'est plus désormais conçu comme son créateur, mais simplement comme sa créature. La pensée contemporaine peut à certains égards se ramener à cette inversion des rôles et à cette double mort. Mais par là même notre temps ne peut esquiver une question majeure, celle qu'il convient absolument de poser : comment surmonter le nihilisme ? Comment surmonter un nihilisme - qui prend parfois la figure de nouveaux dieux - dont la forme extrême a conduit le XXe siècle à la catastrophe, à la barbarie inouïe ?

Cette interrogation constitue l'horizon à partir duquel la question philosophique de Dieu se trouve ici reposée à nouveaux frais. Que reste-t-il de ce que les philosophes ont dit de Dieu ? Que reste-t-il d'un savoir de Dieu, d'un savoir de celui qui dépasse tout savoir ? N'y a-t-il là qu'une prétention exorbitante, une illusion qui a traversé la plus grande part de l'histoire de la philosophie ? A l'inverse, les manières dont les philosophes ont pensé Dieu ne sont-elles pas susceptibles de frayer de nouveaux chemins à la pensée vers l'altérité, la transcendance ? Ne peut-on y trouver un rempart contre des formes de sacralisation nouvelles du séculier qui capturent la subjectivité ou manipulent politiquement les volontés ?

L'ambition de ce volume est de restituer l'interrogation philosophique sur Dieu dans sa diversité, sa force et ses métamorphoses, hier et aujourd'hui.
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