En toutes lettres... 100 ans de littérature à la NRF

En toutes lettres... 100 ans de littérature à la NRF
Catalogue d'exposition
Ed. Gallimard

Après un « faux-départ » en novrembre 1908, le premier « vrai » numéro de La Nouvelle Revue française paraît en février 1909, sous la seule autorité d'André Gide et de ses amis. C'est le début d'une grande aventure collective vouée à la littérature de création et à son dévoilement critique, « sans prévention d'école ni de parti », sans esprit de sérieux ni relâchement. Histoire littéraire et histoire éditoriale se mêlent ici pour appréhender, à travers de nombreuses archives inédites, Cent ans de littérature à la nouvelle revue française un siècle extraordinairement riche en oeuvres majeures. La NRF, « rose des vents » de la littérature (Mauriac), fut certes la revue de Gide et de ses grands directeurs, mais aussi celle, entre autres, de Claudel et de Valéry, de Proust et de Martin du Gard, d'Alain-Fournier et de Jouhandeau, de Supervielle et de Ponge, de Saint-John Perse et de Michaux, de Malraux et de Sartre, d'Alain et de Blanchot... Et l'aventure se prolonge aujourd'hui, tant à La NRF qu'au sein des Éditions Gallimard qui en sont nées en 1911. Cent ans de NRF : une invitation à un voyage au plus près de la littérature en train de s'écrire.

La Nouvelle Revue Française n°1 - 15 novembre 1908

La Nouvelle Revue Française n°1 - 15 novembre 1908
Revue
Ed. Gallimard

Hommage à Claudette Oriol-Boyer

Les livres ont un visage

Les livres ont un visage
Garcin Jérôme
Ed. Mercure de France

Le premier écrivain que, derrière une porte vitrée, il a vu au travail, c'était son père, dont il a raconté la fin précoce et tragique dans La chute de cheval. Depuis, Jérôme Garcin n'en finit pas de s'introduire chez les auteurs qu'il aime et qui lui ouvrent leur maison comme on ouvre un livre, pour quelques confidences et beaucoup de souvenirs.

De Vézelay à Saumur, de Thiercelieux à Trouville, du Paris rive droite de François Nourissier au Paris rive gauche de Jean-Jacques Sempé, de la terrasse angevine de Julien Gracq à la lande bretonne de Jean-Marie Gustave Le Clézio, et du jardin londonien de Julian Barnes, où il attend de mystérieuses oies, à un rez-de-chaussée de Francfort-sur-le-Main, où il guette des écureuils en compagnie de Gabrielle Wittkop, Jérôme Garcin poursuit, quinze ans après Littérature vagabonde, son voyage littéraire par mots et par vaux. En avion, en voiture, à pied, et parfois même à cheval.

Le plagiat par anticipation

Le plagiat par anticipation
Bayard Pierre
Ed. Minuit

On ne cesse d'évoquer l'influence des écrivains et des artistes sur leurs successeurs, sans jamais envisager que l'inverse soit possible et que Sophocle ait plagié Freud, Voltaire Conan Doyle, ou Fra Angelico Jackson Pollock.

S'il est imaginable de s'inspirer de créateurs qui ne sont pas encore nés, il convient alors de réécrire l'histoire de la littérature et de l'art, afin de mettre en évidence les véritables filiations et de rendre à chacun son dû.

Histoire du livre

Histoire du livre
Blasselle Bruno
Ed. Gallimard

C'est avec l'invention du codex, cet ensemble de cahiers de parchemin plies et cousus succédant au rouleau de papyrus que commence l'histoire du livre, aux premiers siècles de notre ère. Dans la longue tradition médiévale de copie manuscrite, l'irruption de l'imprimerie, grâce à Gutenberg, ne constituera qu'une rupture technique, tant les premiers livres imprimés s'efforceront d'imiter la magnificence des manuscrits. Mais la diffusion du livre ne pourra plus être arrêtée.

Stimulé par le développement des universités, il part à la conquête de nouvelles classes sociales, participe au rayonnement de l'humanisme et de la Renaissance, aux batailles de la Réforme et des Lumières. En France, à la veille de la Révolution, 2 000 titres sont enregistrés au dépôt légal ; il y en aura 15 000 en 1889. La scolarisation et l'essor des bibliothèques, qui, au XIXe siècle, ont mis le livre à la portée de tous, ne suffisent pas à expliquer une telle croissance. Si l'usage du livre se généralise, c'est aussi parce que les conditions de sa fabrication connaissent les mêmes progrès que le monde industriel. Surtout, un nouveau métier est apparu : l'éditeur, qui chasse, dépiste, découvre le manuscrit, en contrôle la publication et la distribution, relayé par des commis voyageurs et des libraires, présents dans les plus petites villes.

Avec plus de 60 000 titres publiés en 2007 et 470 millions d'exemplaires vendus la même année, le livre poursuit son essor, bientôt accompagné par celui de nouveaux supports, tel le livre électronique, qui étendront la diffusion de l'écrit.

Borges en dialogues

Borges en dialogues
Borges Jorge Luis
Ed. 10/18

En 1984, Jorge Luis Borges a 85 ans. Mais ce n'est pas un écrivain comblé d'honneurs et vieillissant qui va se livrer au jeu des questions-réponses pour la radio argentine. C'est un homme au faîte de son intelligence, érudit et passionnant, qui, au cours de trente conversations stimulantes, va peu à peu dévoiler le vaste champ de ses réflexions et de son inspiration. De l'identité argentine à l'emprise du temps, de la mythologie aux westerns, de Dante à Kipling, Borges apporte sur sa vie et son oeuvre un éclairage inédit, démontrant une fois encore qu'il est un des auteurs et des penseurs essentiels du XXe siècle.

« Si, dans ces entretiens, Borges commente abondamment les littératures anglo-saxonne, argentine et française, ce sont les questions du temps, de l'identité, de la fiction qui suscitent les développements les plus passionnants. » René de Ceccaty, Le Monde

 

L'art du roman

L'art du roman
Woolf Virginia
Ed. Points/Signatures

«Le seul conseil en effet qu'une personne puisse donner à une autre à propos de la lecture c'est de ne demander aucun conseil, de suivre son propre instinct, d'user de sa propre raison, d'en arriver à ses propres conclusions.»

Loin d'imposer un quelconque jugement, Virginia Woolf partage sans détour sa connaissance profonde et son indéfectible amour de la littérature. Elle admire Proust et Austen, se demande si on peut comprendre Tolstoï sans parler russe et s'interroge sur l'avenir des écrivains femmes, pour mieux imaginer le roman de demain.

L'Art de la fiction

L'Art de la fiction
Lodge David
Ed. Rivages poche

L'art de la fiction est traité à travers de nombreux thèmes comme les interventions d'auteur, le suspense, le roman épistolaire, le monologue intérieur, le réalisme magique, le symbolisme, et chacun illustré par des extraits d'un roman classique ou moderne.

S'appuyant sur des écrivains aussi différents que Henry James et Martin Amis, Jane Austen et Fay Weldon, Henry Fielding et James Joyce, David Lodge rend accessibles à tous la richesse et la variété de la littérature anglaise et américaine.

Apportant à la critique littéraire la verve et l'humour de ses propres romans, David Lodge, qui fut professeur de littérature à l'université de Birmingham, de 1960 à 1987, fournit aux étudiants, aux écrivains aspirants et à quiconque souhaite comprendre le fonctionnement de la littérature, sa méthode et son interprétation.

Les affinités extrêmes

Les affinités extrêmes
White Kenneth
Ed. Albin Michel

Si Kenneth White sait traverser des territoires et habiter pleinement la terre, c'est aussi un aventurier de l'esprit qui évolue dans les espaces mentaux les plus exigeants, les plus rares - et les plus vivifiants.

Il évoque dans cet essai littéraire aussi passionné que poétique son rapport personnel à quelques écrivains de langue française dont Breton, Michaux, Céline, Cioran, Segalen..., qu'il estime être parmi les plus libres et les plus stimulants de cette fin de modernité : prosateurs hors des limites du roman, poètes qui dépassent la philosophie.

L'ensemble prend des allures de ce que White, styliste de talent et démocrate radical de toujours, appelle un « manifeste anti-médiocratie ». Loin de tout dogmatisme, étranger aux modes intellectuelles de ce siècle débutant, ces Affinités extrêmes sont avant tout un guide d'indépendance d'esprit.

Calligrammes dans tous ses états

Calligrammes dans tous ses états
Debon Claude
Ed. Calliopées

«Calligrammes» dans tous ses états donne à voir toutes les étapes de la naissance du second grand recueil poétique d'Apollinaire, publié en 1918, l'année de sa mort.

Environ quatre cents manuscrits et documents, dont la première maquette de Case d'armons, fabriquée sur le front en 1915, et l'édition originale, jamais encore reproduite, sont pour la première fois réunis ici. Accompagnés d'un appareil critique, destiné aux chercheurs, aux étudiants, aux enseignants, aux fervents d'Apollinaire, aux amoureux de la poésie, voire aux collectionneurs, ils constituent l'épopée d'un livre élaboré difficilement pendant la Grande Guerre. Solidaires de cette Histoire vécue par le poète-combattant, ils sont surtout un moment essentiel de l'histoire de l'art et de la poésie modernes.

L'inventeur, en 1917, du mot «calligramme» a créé dès 1914, dans ses «poèmes formels», une poésie «spectaculaire», qui s'offre simultanément à la lecture et à la contemplation. Apollinaire nous propose dans Calligrammes, trop longtemps resté dans l'ombre d'Alcools, toutes sortes de fécondes métamorphoses poétiques dont l'héritage est loin d'être épuisé.

Présentées et analysées par Claude Debon, les étapes de cette création mettent en lumière un exceptionnel champ d'expérimentations et de réussites poétiques.