Une tout autre histoire. Questions à Jean-François Lyotard

Une tout autre histoire. Questions à Jean-François Lyotard<br />
de Fontenay Elisabeth
Ed. L\\'or des fous

J'avais envisagé d'intituler ce livre: «Les questions juives de Jean-François Lyotard», car c'est bien le sujet ici traité: Levinas, Auschwitz, le Sinaï, Saint Paul... Autant de façons qu'eut Lyotard, à travers ces noms propres, de décliner un fidèle tourment quant à une tout autre histoire, celle «dont l'Europe ne veut rien savoir», et de tenter d'en maintenir au plus juste la pensée en se plaçant à distance aussi bien de la philosophie de l'histoire que de l'histoire historienne. Mais une telle orientation doit être questionnée, surtout quand celle qui interroge se demande: de quel droit?
Présentation de l'éditeur

Penser entre les langues

Penser entre les langues
Wismann Heinz
Ed. A. Michel

« Tous les hommes vastes et profonds de ce siècle aspirèrent au fond, dans le secret travail de leur âme, à préparer cette synthèse nouvelle et voulurent incarner, par anticipation, l'Européen de l'avenir », écrit Nietzsche en 1885. C'est à cette tâche qu'Heinz Wismann s'est consacré en interrogeant les traditions intellectuelles qui, dans leurs différences et leurs contradictions, constituent la culture philosophique et scientifique contemporaine.

Au centre de ses activités de passeur entre l'Allemagne et la France : l'analyse des mécanismes par lesquels une tradition se sédimente et tout à la fois innove. La conception des rapports entre les langues en est le terrain d'exercice privilégié, car ce qui se joue entre elles modifie leur structure syntaxique. En déployant son enquête à l'intérieur d'un triangle allemand-français-grec, il met en lumière différentes hypothèses de sens, chaque fois portées par une autre manière de parler. Ainsi découvrons-nous comment certains auteurs majeurs ont dit dans leur langue autre chose que ce qu'elle dit communément : ils inventent une langue dans leur langue.

D'Homère à Benjamin, de Platon à Kant, de la philologie à la musique, de la langue au texte, c'est ce tissage de la pensée qu'Heinz Wismann évoque avec un savoir et un talent exceptionnels.

Paul Ricoeur et Michel de Certeau. L'Histoire, entre le dire et le faire

Paul Ricoeur et Michel de Certeau. L'Histoire, entre le dire et le faire<br />
Dosse François
Ed. ego comme x

L'intérêt majeur du présent ouvrage tient au fait que ce qui n'était qu'une hypothèse est aujourd'hui attesté : la rencontre, certes tardive, entre Ricoeur et Certeau a bien eu lieu par-delà la mort.

Paradoxalement la rencontre qui aurait dû avoir lieu entre Ricoeur et Certeau sur le terrain de la réflexion sur l'histoire ne s'est pas vraiment produite. L'hypothèse que je développerai ici est celle d'une proximité tout à fait exceptionnelle quant à leur conception respective de ce qu'est l'écriture de l'histoire. F.D.

Présentation de l'éditeur
Présentation de l'éditeur

A chaque jour ses prodiges : être parent en pleine conscience

A chaque jour ses prodiges : être parent en pleine conscience
Kabat-Zinn Myla et Jon
Ed. Arènes

« Nous aimerions vous parler du métier de parent, vous expliquer non pas ce que vous devez faire, mais comment vous pouvez être. »
Myla et Jon Kabat-Zinn

Dans le métier de parent, la pleine conscience est la clé.

¤ Elle nous apprend à être présents aux moments que nous partageons avec nos enfants, de la naissance à l'adolescence et au-delà.

¤ Elle permet à notre amour de s'épanouir et de s'exprimer dans toutes les petites choses de la vie : notre manière de dire bonjour, de jouer avec un tout-petit ou d'écouter un adolescent en détresse.

¤ Elle entretient notre ouverture d'esprit et nous permet de voir nos enfants tels qu'ils sont et non tels que nous voudrions qu'ils soient.

À l'époque des jeux vidéo et des réseaux sociaux qui volent notre énergie et notre attention, être parent en pleine conscience, c'est une autre façon d'accompagner son enfant sur le chemin de la vie.

 

Passions animales. Les mille folies amoureuses de nos amies les bêtes

Passions animales. Les mille folies amoureuses de nos amies les bêtes<br />
Lewino Frédéric
Ed. L\\'Association

Comme nous les humains, les bêtes ne pensent qu'à ça. Avec la légère différence que, pour elles, la copulation ne rime pas souvent avec amour et orgasme. Leur grande affaire, c'est la transmission de leurs gènes.

A tout prix ! Par tous les moyens possibles ! Sans tabou, ni interdit ! L'art amoureux de l'animal dépasse les rêves les plus follement érotiques de l'homme. Depuis des années, les éthologues médusés, gênés, recensent des comportements à faire rougir Casanova : triolisme, polygamie, exhibitionnisme, prostitution, homosexualité, pédophilie, cannibalisme sexuel...

Dans cet ouvrage, une centaine d'espèces ont généreusement accepté de livrer leur vie privée à notre incurable voyeurisme. Voici le microscopique amoureux s'incrustant dans l'utérus de sa belle, cet ado doué de raison pratiquant le gang bang, cette sainte nitouche trompant son vieux mari à tire-d'aile, cette fine mouche battant sa compagne, ce jaloux utilisant son zizi pour aspirer le sperme déposé par son rival, ou encore ce minuscule spadassin exterminant ses rivaux. Mais voilà aussi ces hippies pratiquant l'amour libre, ce costaud fidèle pour la vie, ce père célibataire élevant seul ses enfants, ou encore ce galant empressé bâtissant durant des mois un temple d'amour pour un seul baiser.

Une formidable leçon de vie donnée par le monde animal. A longuement méditer ou... à imiter.
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A la gauche du Christ : les chrétiens de gauche en France de 1945 à nos jours

A la gauche du Christ : les chrétiens de gauche en France de 1945 à nos jours
Sous la direction de Denis Pelletier et Jean-Louis Schlegel
Ed. Seuil

«Cathos de gauche» : l'expression s'est imposée dans la seconde moitié du XXe siècle pour désigner un monde de militants et de «clercs», d'organes de presse et de mouvements, laïques ou religieux, dont la contribution politique, sociale, culturelle et intellectuelle à l'histoire de la France de l'après-guerre apparaît souvent oubliée.

Cet ouvrage retrace pour la première fois l'aventure des «chrétiens de gauche», comme on devrait appeler plus justement les catholiques et les protestants de cette mouvance. Contre une Église catholique jusque-là massivement portée à droite et une Église protestante embourgeoisée, ils voulaient, au nom de leur foi, s'engager dans la Cité et peser sur la politique tout en changeant le visage de leurs Églises. Décolonisation, syndicalisme, autogestion, féminisme, tiers-mondisme... : ils ont été de toutes les luttes, et souvent même à l'avant-garde de la contestation. Beaucoup engagèrent un dialogue exigeant avec la tradition marxiste. Après le concile Vatican II et Mai 68, certains furent même tentés par la révolution dans la société et dans leurs Églises. Leur contribution à la rénovation de la gauche socialiste puis à l'élection de François Mitterrand en 1981 fut ensuite décisive.

Mais la réforme de l'Église catholique n'est-elle pas devenue restauration sous Jean-Paul II puis Benoît XVI ? Et la victoire de la gauche en 1981 n'a-t-elle pas sonné l'heure du déclin politique de la gauche chrétienne ? Que reste-t-il aujourd'hui de ses combats et des idéaux qu'elle entendait porter ? Au-delà d'une parenthèse utopique, c'est l'évolution du rapport entre le politique et le religieux, à l'épreuve de la sécularisation de la société française, que cette histoire éclaire.

 

Cours de philosophie morale. Notes recueillies à l'Université libre de Bruxelles, 1962-1963

Cours de philosophie morale. Notes recueillies à l'Université libre de Bruxelles, 1962-1963<br />
Jankélévitch Vladimir
Ed. Denoël & d\\'ailleurs

Le Cours de philosophie morale de Vladimir Jankélévitch fut à l'origine professé à l'Université libre de Bruxelles en 1962. Mais il est fort différent des cours prononcés à la Sorbonne et publiés sous forme enregistrée, dont l'écrit ne saurait rendre les célèbres crescendos et le mode musical. Il s'agit ici de tout autre chose : Jankélévitch se montre d'abord très didactique et n'hésite pas à faire des références précises et nombreuses à l'histoire de la philosophie. Pour autant, il n'abandonne pas ses thèmes de prédilection. La singularité et l'intérêt de ce cours, où se rejoignent le professeur et le philosophe de la morale, résident précisément dans le croisement de ces deux «lignes» de pensée. Car, comme le rappelle Vladimir Jankélévitch, «la morale [...] tend à envahir l'existence entière [...]. Il n'est rien d'humain qui ne soit moral».
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Il était une fois le dernier homme

Il était une fois le dernier homme
Dufour Dany-Robert
Ed. Denoël

À mi-chemin entre le conte philosophique et l'essai. Dany-Robert Dufour poursuit en philosophe son travail de critique du monde contemporain. Et pour mieux s'interroger sur ce qui menace aujourd'hui gravement son avenir, il propose de revisiter toute l'histoire de l'être humain.

Évoquant l'axolotl, ce poisson mexicain qui nous ressemble, comme le jaguar de la brousse brésilienne ou le loup des contes enfantins, discutant avec Platon. Albert Einstein ou Michael Jackson, se prenant à l'occasion pour Sherlock Holmes, le narrateur écrit dix lettres à sa « belle amie ». Autant de moments clefs d'un voyage à travers le temps accompli par cette étrange espèce animale qu'on appelle les hommes.

Cette espèce se caractérise non pas par sa supériorité sur le reste de la création mais par sa forme inachevée, sa faiblesse « naturelle ». Un « manque de nature », donc, que seule peut compenser la culture - discours, récits, sciences et techniques - qui permet à l'être humain d'agir sur le monde pour mieux l'habiter. En tout cas qui le permettait jusqu'ici. Car le rêve des puissants de créer une « surhumanité » à leur service compromet aujourd'hui la survie de l'espèce.

Que faire, si nous refusons ce risque d'en finir avec le genre humain, si nous voulons que puisse se poursuivre son aventure si belle et si désespérée ? Il n'est pas trop tard pour résister.

Politique et histoire, de Machiavel à Marx. Cours à l'Ecole normale supérieure, 1955-1972

Politique et histoire, de Machiavel à Marx. Cours à l'Ecole normale supérieure, 1955-1972<br />
Althusser Louis
Ed. Flammarion

Louis Althusser concevait l'enseignement de la philosophie comme une expérience de pensée qui cherche à ressaisir le geste de quelques «hommes qui ont tenté le plus grand effort de lucidité qui soit». On trouvera ici une magistrale illustration de cette tentative pour «voir à quel prix et par quelles voies certains hommes ont réussi à dégager un peu de vérité sur les ressorts de la conduite humaine et de la société», notamment à travers un cours sur la philosophie de l'histoire - une «propédeutique nécessaire à l'intelligence de la pensée de Marx» -, un autre sur les théories du contrat aux XVIIe et XVIIIe siècles, enfin une approche très personnelle de Machiavel. Ainsi, dans la mesure où «l'histoire se confond moins avec le rappel de son passé qu'avec l'intelligence de son dépassement», Althusser s'efforce d'éclairer «les problèmes innombrables qui se posent aujourd'hui en politique, histoire, psychologie, philosophie, par le secours d'un passé mis dans un peu de lumière».
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Renverser l'insoutenable

Renverser l'insoutenable
Citton Yves
Ed. Seuil

Dictature des marchés, politiques d'austérité, inégalités sociales, catastrophes environnementales, crises démocratiques : de toutes parts nous arrivent les signes de la fin d'un monde caractérisé par des pressions insoutenables.

Yves Citton ébauche un nouveau vocabulaire politique pour renverser cet insoutenable à la fois environnemental, éthique, social, médiatique et psychique. À la croisée de multiples (in)disciplines, cet essai drôle et enlevé prend le contre-pied du misérabilisme ambiant en révélant que le renversement de l'insoutenable est déjà inscrit dans les dynamiques collectives de nos gestes les plus communs. Il esquisse une politique des gestes qui prend sa source entre ces deux questions : Comment faisons-nous pression sans le vouloir ? Comment faire pression en le voulant ?

Attentif au rôle de l'image et à la circulation des discours, Yves Citton livre ici les moyens de repenser notre place et notre action dans des processus sociaux dont la complexité nous dépasse. Il montre que l'on peut tirer parti des dispositifs médiatiques plutôt que de les subir et que, une fois fait le deuil du Grand Soir, l'urgence est de proposer des alternatives à la politique du pire.