Thèses sur le concept de grève

Thèses sur le concept de grève
Institut de démobilisation
Ed. Nouvelles éditions Lignes

«Les présentes thèses se rejoignent sur un refus : celui de la pensée, tellement commune, mais morte, qui fait de la grève un moyen. Elles - chacune à leur manière, et des lieux divers d'où elles surgissent - contredisent ce dogme. Elles disent que la grève est la fin ; elles en chantent l'éloge. Car seul le désir vit d'être sans but.»

Ce livre fait de la grève, successivement, thèse après thèse, un sacrifice fait au soleil, acte de perte et d'orage (Bataille), un balbutiement et un saut par-dessus le savoir (Kleist), l'empêchement d'un devenir-message pour l'empereur (Kafka), une action (Arendt), le nom réel et conspué de la démocratie (Rancière), l'abolition d'une séparation (Marx), le rétablissement d'une possible foule (Foucault), un orgueil revenu (Montaigne), le mythe (Sorel), les têtes de MM. Foulon et Bertier (Chateaubriand), un scandale (Kristin Ross), le point culminant de l'existence des sociétés modernes, soulevées soudain à une sorte d'incandescence transformante (Caillois), l'invention de l'impossible (Bergson), le commencement (Péguy), une écharde ouverte dans la chair de l'Histoire (Benjamin)...

Le philosophe et le grand nombre. Politiques du texte en fuite

Le philosophe et le grand nombre. Politiques du texte en fuite<br />
Douailler Stéphane
Ed. Points policier/Seuil

Selon l'une de ses modalités d'existence, la philosophie vit entourée d'amis. Ils se tiennent à ses côtés, semble-t-il, dès l'origine. Dès par exemple les descriptions platoniciennes.
La philosophie vit aujourd'hui entourée également d'amis. Parmi les phrases qu'ils lui disent, il y a celles-ci : 'beaucoup s'intéressent à ce qui intéresse la philosophie'; 'les objets de la philosophie devraient appartenir à tous'; 'c'est à tout le monde qu'il revient de philosopher'.
Ce sont des phrases plutôt embarrassantes. On ne sait plus guère notamment ce que 'philosophie' veut y dire, ni qui sont ceux qui revendiqueraient ainsi d'avoir un rapport à la philosophie de l'extérieur du cercle des philosophes, en se donnant le visage du grand nombre, ou de tous. Ces phrases instituent en quelque sorte un rapport obscur de la philosophie à un public. Aussi requièrent-elles proprement d'être lues.
Présentation de l'éditeur

Les employés, aperçus de l'Allemagne nouvelle (1929)

Les employés, aperçus de l'Allemagne nouvelle (1929)
Kracauer Siegfried
Ed. Belles lettres

Il s'agit ici de ce que Walter Benjamin appelait, dans un compte rendu qu'il fit à l'époque de l'ouvrage, une «contribution à la sociologie des employés», d'un style et d'une méthode bien différents cependant. L'auteur circonscrit d'abord son objet d'étude par les données statistiques et les premières études de spécialistes ; puis il mène en dix semaines une enquête de terrain à Berlin : il étudie minutieusement les conditions d'habitat, de transport et de travail (des usines aux bureaux de placement) des employés, dont il dit la prolétarisation progressive. Il mène des entretiens avec les employés et les employeurs ; il participe à leurs loisirs (le cinéma surtout, le sport aussi) et s'immisce dans leur intimité en dépouillant la correspondance privée de quelques-uns d'entre eux. L'étude volontairement totalisante des employés réunit et rejoint les thèmes qui ont toujours intéressé l'auteur, et auxquels il avait déjà réfléchi. Terminé à la fin de 1929, le manuscrit est publié en une série de dix articles dans le journal auquel Kracauer collabore, le Frankfurter Zeitung. Le livre paraît dans les mois suivants. En mai 1933, il vient rejoindre le bûcher de livres dénoncés comme subversifs par les nazis.

Ecrire ou combattre. Des intellectuels prennent les armes (1942-1944)

Ecrire ou combattre. Des intellectuels prennent les armes (1942-1944)<br />
Federini Fabienne
Ed. Folio/Gallimard

L'engagement des «intellectuels» est sans doute l'un des objets les plus étudiés en histoire et en sociologie, au point d'apparaître parfois comme un thème éculé. Et pourtant, rares sont les recherches qui abordent l'engagement des intellectuels en temps de guerre et, plus rares encore, celles qui s'intéressent à ceux qui se sont engagés dans la résistance armée.

Pourquoi deux philosophes, normaliens, contemporains de Jean-Paul Sartre, de Maurice Merleau-Ponty et d'Emmanuel Mounier, choisirent-ils de résister par les armes jusqu'à le payer de leur vie? En s'efforçant de répondre à cette question, Fabienne Federini analyse un type d'engagement fort différent de la «résistance de plume» à laquelle on s'intéresse généralement. En effet, Jean Cavaillès (1903-1944) et Jean Gosset (1912-1944) ne sont pas des «intellectuels» qui ont exposé uniquement par écrit ce à quoi ils croient, laissant à d'autres le soin de prendre des risques. Ce sont des philosophes qui, en devenant des «terroristes», se sont exposés physiquement pour faire triompher leurs convictions.

Si la nature de l'engagement résistant de Jean Cavaillès et de Jean Gosset interroge la représentation dominante que l'on a de l'engagement des «intellectuels» tel qu'il se comprend depuis l'affaire Dreyfus, sa spécificité ne le rend pas pour autant rétif à toute démarche sociologique. Parce que le combat résistant n'est pas uniquement une affaire de choix individuels, mais de logiques sociales, cette étude montre combien ces deux intellectuels sont socialement exemplaires de toute une génération de normaliens et de ceux que les historiens appellent les «pionniers de la résistance».
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L'argent sans foi ni loi

L'argent sans foi ni loi
Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot
Ed. Textuel

Les plus riches accumulent aujourd'hui des millions d'euros tandis que des millions d'Européens vivent en dessous du seuil de pauvreté. Comment se fait-il que l'argent, conçu pour faciliter les échanges de biens, et qui était donc créateur de lien social, soit devenu le symbole universel de la réussite personnelle ? Voire la valeur suprême de l'existence, au-delà de préceptes des religions et du respect des droits fondamentaux garantis par les législations. Comment en est-on arrivé là ? Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, auteurs à succès et spécialistes des grandes fortunes, montrent que l'argent a été dévoyé de sa fonction initiale pour devenir une arme au service des nantis. La virtualisation de la monnaie, la dérégulation des marchés, les arrangements entre financiers et politiques, l'exil fiscal et le dumping social sont autant de stratégies dans l'impressionnante panoplie des oligarques qui leur permet de conserver et de consolider leurs privilèges exorbitants. Émaillant leurs analyses d'exemples et de propositions concrètes, les deux sociologues suggèrent de revenir de toute urgence à un encadrement plus strict de l'argent, afin qu'il redevienne ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être : un bien public.

Une tout autre histoire. Questions à Jean-François Lyotard

Une tout autre histoire. Questions à Jean-François Lyotard<br />
de Fontenay Elisabeth
Ed. L\\'or des fous

J'avais envisagé d'intituler ce livre: «Les questions juives de Jean-François Lyotard», car c'est bien le sujet ici traité: Levinas, Auschwitz, le Sinaï, Saint Paul... Autant de façons qu'eut Lyotard, à travers ces noms propres, de décliner un fidèle tourment quant à une tout autre histoire, celle «dont l'Europe ne veut rien savoir», et de tenter d'en maintenir au plus juste la pensée en se plaçant à distance aussi bien de la philosophie de l'histoire que de l'histoire historienne. Mais une telle orientation doit être questionnée, surtout quand celle qui interroge se demande: de quel droit?
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Penser entre les langues

Penser entre les langues
Wismann Heinz
Ed. A. Michel

« Tous les hommes vastes et profonds de ce siècle aspirèrent au fond, dans le secret travail de leur âme, à préparer cette synthèse nouvelle et voulurent incarner, par anticipation, l'Européen de l'avenir », écrit Nietzsche en 1885. C'est à cette tâche qu'Heinz Wismann s'est consacré en interrogeant les traditions intellectuelles qui, dans leurs différences et leurs contradictions, constituent la culture philosophique et scientifique contemporaine.

Au centre de ses activités de passeur entre l'Allemagne et la France : l'analyse des mécanismes par lesquels une tradition se sédimente et tout à la fois innove. La conception des rapports entre les langues en est le terrain d'exercice privilégié, car ce qui se joue entre elles modifie leur structure syntaxique. En déployant son enquête à l'intérieur d'un triangle allemand-français-grec, il met en lumière différentes hypothèses de sens, chaque fois portées par une autre manière de parler. Ainsi découvrons-nous comment certains auteurs majeurs ont dit dans leur langue autre chose que ce qu'elle dit communément : ils inventent une langue dans leur langue.

D'Homère à Benjamin, de Platon à Kant, de la philologie à la musique, de la langue au texte, c'est ce tissage de la pensée qu'Heinz Wismann évoque avec un savoir et un talent exceptionnels.

Paul Ricoeur et Michel de Certeau. L'Histoire, entre le dire et le faire

Paul Ricoeur et Michel de Certeau. L'Histoire, entre le dire et le faire<br />
Dosse François
Ed. ego comme x

L'intérêt majeur du présent ouvrage tient au fait que ce qui n'était qu'une hypothèse est aujourd'hui attesté : la rencontre, certes tardive, entre Ricoeur et Certeau a bien eu lieu par-delà la mort.

Paradoxalement la rencontre qui aurait dû avoir lieu entre Ricoeur et Certeau sur le terrain de la réflexion sur l'histoire ne s'est pas vraiment produite. L'hypothèse que je développerai ici est celle d'une proximité tout à fait exceptionnelle quant à leur conception respective de ce qu'est l'écriture de l'histoire. F.D.

Présentation de l'éditeur
Présentation de l'éditeur

A chaque jour ses prodiges : être parent en pleine conscience

A chaque jour ses prodiges : être parent en pleine conscience
Kabat-Zinn Myla et Jon
Ed. Arènes

« Nous aimerions vous parler du métier de parent, vous expliquer non pas ce que vous devez faire, mais comment vous pouvez être. »
Myla et Jon Kabat-Zinn

Dans le métier de parent, la pleine conscience est la clé.

¤ Elle nous apprend à être présents aux moments que nous partageons avec nos enfants, de la naissance à l'adolescence et au-delà.

¤ Elle permet à notre amour de s'épanouir et de s'exprimer dans toutes les petites choses de la vie : notre manière de dire bonjour, de jouer avec un tout-petit ou d'écouter un adolescent en détresse.

¤ Elle entretient notre ouverture d'esprit et nous permet de voir nos enfants tels qu'ils sont et non tels que nous voudrions qu'ils soient.

À l'époque des jeux vidéo et des réseaux sociaux qui volent notre énergie et notre attention, être parent en pleine conscience, c'est une autre façon d'accompagner son enfant sur le chemin de la vie.

 

Passions animales. Les mille folies amoureuses de nos amies les bêtes

Passions animales. Les mille folies amoureuses de nos amies les bêtes<br />
Lewino Frédéric
Ed. L\\'Association

Comme nous les humains, les bêtes ne pensent qu'à ça. Avec la légère différence que, pour elles, la copulation ne rime pas souvent avec amour et orgasme. Leur grande affaire, c'est la transmission de leurs gènes.

A tout prix ! Par tous les moyens possibles ! Sans tabou, ni interdit ! L'art amoureux de l'animal dépasse les rêves les plus follement érotiques de l'homme. Depuis des années, les éthologues médusés, gênés, recensent des comportements à faire rougir Casanova : triolisme, polygamie, exhibitionnisme, prostitution, homosexualité, pédophilie, cannibalisme sexuel...

Dans cet ouvrage, une centaine d'espèces ont généreusement accepté de livrer leur vie privée à notre incurable voyeurisme. Voici le microscopique amoureux s'incrustant dans l'utérus de sa belle, cet ado doué de raison pratiquant le gang bang, cette sainte nitouche trompant son vieux mari à tire-d'aile, cette fine mouche battant sa compagne, ce jaloux utilisant son zizi pour aspirer le sperme déposé par son rival, ou encore ce minuscule spadassin exterminant ses rivaux. Mais voilà aussi ces hippies pratiquant l'amour libre, ce costaud fidèle pour la vie, ce père célibataire élevant seul ses enfants, ou encore ce galant empressé bâtissant durant des mois un temple d'amour pour un seul baiser.

Une formidable leçon de vie donnée par le monde animal. A longuement méditer ou... à imiter.
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