La production platonicienne. Thèmes et variations

La production platonicienne. Thèmes et variations<br />
Rosen Stanley
Ed. PUF/Chaire Etienne Gilson

Cet ouvrage reproduit les six conférences données par Stanley Rosen dans le cadre de la Chaire Étienne Gilson de l'Institut catholique de Paris en novembre 2003. La pertinence de la question de l'être, au regard de l'oeuvre d'Étienne Gilson, n'a guère besoin d'être soulignée. Il n'est pas davantage nécessaire de s'attarder sur l'extraordinaire influence exercée par l'interprétation de Platon donnée par Martin Heidegger sur la pensée des XXe et à présent XXIe siècles, particulièrement en ce qui concerne la France. Bien qu'il soit plus juste d'envisager Gilson en tant que philosophe aristotélicien qu'en tant que platonicien, il demeure que l'interprétation faite par Heidegger de Platon en particulier et de la philosophie grecque en général, s'oppose au courant dont Gilson était un représentant si distingué.

Les conférences ont été consacrées aux trois principaux aspects de l'approche heideggerienne de Platon : l'assimilation à l'aristotélisme ; la métaphysique de la production et le traitement platonicien de la « parousie » ou, plus précisément, de la présence et de l'absence, de la lumière et des ténèbres, de la découverte et de l'occultation. L'ensemble de ces conférences tire son titre général de la question de savoir si la structure de l'intelligible doit être découverte ou produite.
Présentation de l'éditeur

Deleuze épars. Approches et portraits

Deleuze épars. Approches et portraits<br />
Collectif
Ed. Gallimard/Blanche

Il y a dix ans, Gilles Deleuze est mort. Quelques ami(e)s se reprennent à parler de lui, et du chantier qu'est devenue, dans le monde entier, son oeuvre, avec une sobriété (Jean Pierre Faye) qui tolère l'émotion du souvenir (Jeannette Colombel, Roger-Pol Droit, Pascale Criton) et s'engage dans les chemins d'une érudition teintée d'humour (Philippe Choulet, Richard Zrehen, Charles J. Stivale, André Bernold) ou d'humeur polémique (Arnaud Villani), voire dans ceux du rêve (Raymond Bellour). Un ethno-musicologue (Jérôme Cler) explique comment Mille Plateaux l'ont fait devenir ce qu'il est. Jean-Claude Dumoncel nous fait les honneurs du nouveau jardin, deleuzien, de Raymond Roussel. Jean-Luc Nancy ouvre enfin la méditation conjointe de Deleuze avec Derrida, et René Schérer explore ce que peut être un mysticisme athée. Simon Hantaï envoie un Pli en triple état, Hélène Bamberger et Marie-Laure de Decker des photos inédites. Richard Pinhas nous montre un manuscrit qui lui fut confié. Timothy S. Murphy scelle le tout de sa minutieuse bibliographie.

Deleuze épars ? Non. Deleuze est tout entier rassemblé dans les multiplicités d'une intempestive audace. C'est nous qui sommes épars autour de lui.
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Des hommes sur le fil. La construction de l'identité masculine dans les milieux précaires

Des hommes sur le fil. La construction de l'identité masculine dans les milieux précaires<br />
Jamoule Pascale
Ed. Imec

Comment quitter l'adolescence, devenir un homme et s'affirmer en tant que tel dans les cités et autres zones dénigrées, touchées de plein fouet par la désindustrialisation et son cortège d'insécurités sociales et mentales ? Cette enquête de terrain menée pendant trois ans dans des cités d'anciennes villes ouvrières s'intéresse aux figures masculines dans des milieux où la précarité s'étend. Elle montre comment les prises de risque et conduites «décalées» permettent aux jeunes gens de poser les bases de leur identité virile et de construire leur réputation sur un territoire. Mais aussi, plus avant dans leur vie d'hommes, de gagner leur vie dans les réseaux souterrains, de diversifier leurs relations et de répliquer à la honte de vivre dans des lieux stigmatisés.

Ces prises de risque s'apparentent à des conduites d'honneur et de distinction, et sont souvent le fruit d'une conjonction d'éléments : fragilisation du rapport au travail, question du logement social, évolution des relations familiales, culture des cités stigmatisées et tensions de genre exacerbées qu'elle produit...

À travers les multiples portraits de jeunes gens et d'hommes vivant dans des cités sociales ou dans la rue, Pascale Jamoulle montre combien la précarisation accentue les souffrances psychiques, familiales et sociales, et exacerbe les tensions familiales. Certains pères, disqualifiés par femme et enfants, perdent pied ; d'autres trouvent des appuis dans différents réseaux sociaux ; d'autres encore engagent des trajectoires de soins et tentent de reprendre leurs engagements affectifs, d'assumer leur fonction paternelle.

Cet ouvrage offre un éclairage sensible sur ces hommes touchés par la précarité, qui intéressera en particulier toutes les personnes amenées à intervenir auprès d'eux.
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Balades politiques. Entretiens avec Jean-Christophe Marti

Balades politiques. Entretiens avec Jean-Christophe Marti<br />
Véronique Nahoum-Grappe & Jean-Christople Marti
Ed. Omnibus

Dans Balades politiques, Véronique Nahoum-Grappe invite le lecteur à la pratique de la balade comme mode privilégié de « résistance au présent ». C'est en effet au cours de ces moments qui s'inscrivent « dans le rien de la vie », que sont déjouées le plus vigoureusement nos prétentions à lire le monde, que sont malmenées nos certitudes et nos convictions. Ce temps de « l'accueil », parfaitement adapté à nos capacités cognitives, a une dimension politique: il ouvre à la possibilité de la nouveauté, du surgissement de l'événement. La balade, c'est l'absence de cause finale, c'est la « suspension du monde », et donc un outil pour penser ce qui est en train d'arriver.
Au cours de ces promenades parisiennes, Véronique Nahoum-Grappe nous propose aussi de pénétrer au c?ur de son univers, éclaté et pourtant cohérent: elle évoque le travail de description comme seule posture « honnête » face au présent, elle revient sur son expérience de la guerre en ex-Yougoslavie, elle explique comment l'approche anthropologique des violences extrêmes est nécessaire à leur définition juridique, elle exprime une vision singulière du féminisme et du féminin et éclaire les liens concrets entre politique et sexualités...
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Dictionnaire des athées, agnostiques, sceptiques, et autres mécréants

Dictionnaire des athées, agnostiques, sceptiques, et autres mécréants
Minois George
Ed. Albin Michel

« Il y a plusieurs façons de ne croire en aucun dieu. On peut douter de tous, juger que la question de leur existence est indécidable, ou encore affirmer leur inexistence. Cela définit trois positions différentes : le scepticisme, l'agnosticisme, l'athéisme. Ce qui les rapproche ? De n'être pas religieuses. À la question 'Croyez-vous en Dieu ?', les partisans de l'un ou l'autre de ces trois courants peuvent en effet, en toute rigueur, apporter la même réponse : 'Non.' C'est ce qui justifie que Georges Minois ait pu les rassembler dans un même et remarquable dictionnaire : tous sont des mécréants, si l'on entend par là, conformément à l'usage, quelqu'un qui ne croit pas en Dieu.& L'athéisme n'est pas une doctrine. On serait bien en peine de trouver une seule thèse positive qui soit commune à tous ses partisans, ou même à la plupart d'entre eux. C'est qu'ils ne s'accordent que sur ce qu'ils refusent. Ils n'ont en commun qu'une seule thèse, purement négative, que leur nom résume (athéos : 'sans Dieu') et qui suffit à les définir : ils pensent que Dieu, ou les dieux, n'existent pas. Pourquoi ? Comment ? Avec quels arguments ? Contre quels adversaires ? C'est ce que ce monumental dictionnaire - d'autant plus impressionnant qu'il est l'oeuvre d'un seul auteur - permet d'explorer. C'est un travail considérable, qui vient à son heure. Il était urgent, face à ce qu'on appelle parfois le 'retour du religieux' et qui prend trop souvent la forme d'une montée des fanatismes, de faire entendre d'autres voix, qui sont de liberté, de lucidité, de révolte et d'incroyance. »&  André Comte-Sponville

Référence et autoréférence. Etude sur la mort de la philosophie dans la pensée contemporaine

Référence et autoréférence. Etude sur la mort de la philosophie dans la pensée contemporaine<br />
Thomas-Fogiel Isabelle
Ed. Laffont

La présente étude se propose d'analyser, de mettre en cause, puis en perspective, le thème reçu de la fin de la philosophie. Analyser le motif, en développant ses diverses variantes (post-analytique, phénoménologique, etc.). Le mettre en cause, à la lumière d'une conception de la signification philosophique qui aille au delà des paradoxes de l'énonciation qui y sont attachés. Le mettre en perspective, en retournant à la source historique de ces paradoxes dont la racine est commune : une « course à la référence » au détriment d'une théorie minimale de l'auto-référence. Au total, fournir un modèle qui mène vers la fin de la fin de la philosophie, c'est-à-dire vers la vie toujours recommencée.
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Le ferment et la grâce. Une ethnographie du sacré chez les Druzes d'Israël

Le ferment et la grâce. Une ethnographie du sacré chez les Druzes d'Israël
Armanet Eléonore
Ed. PUM

Fruit d'un long travail de terrain en Israël, cet ouvrage pionnier donne à comprendre le monde largement méconnu des Druzes. Faisant la part belle au sensible et à la sensorialité, Éléonore Armanet restitue le quotidien de la communauté où elle s'est immergée durant près de trois ans.

À travers les gestes, les attitudes et les paroles, elle met en évidence ce qui relève d'une poétique radicale : le lien du corps - et singulièrement du corps maternel - au sacré. Dans le monde druze, la vie éclôt comme une émanation des origines ; mise à l'abri comme peut l'être le ferment qui fera lever le pain, elle est promesse de grâce, de plénitude en devenir. Renouvelant la connaissance de la société druze, ce livre offre une contribution originale à la réflexion anthropologique encore balbutiante sur « la part féminine du religieux » (Vassas 2001) dans les monothéismes méditerranéens. Proposant des pistes novatrices pour l'approche comparative des trois religions abrahamiques, l'ouvrage s'adresse aux étudiants et aux chercheurs en anthropologie et en sciences des religions, mais aussi à tous les lecteurs curieux de découvrir une culture appréhendée dans son intimité.

Essais V. Descartes, Leibniz, Kant

Essais V. Descartes, Leibniz, Kant<br />
Bouveresse Jacques
Ed. Philippe Rey

LES GRANDS PHILOSOPHES de la tradition sont sus
ceptibles de parler immédiatement à des gens qui ignorent pratiquement tout de l'époque et du contexte. Que Descartes, Leibniz ou Kant puissent être traités spontanément comme des contemporains est une sorte de fait premier dont toute histoire de la philosophie doit tenir compte. Même si cela peut sembler la conséquence d'une forme de naïveté un peu ridicule aux yeux de l'historien averti, ce qu'il y a au début n'est sûrement pas l'incommensurabilité ou la distance infranchissable qui sont censées nous séparer de certains de nos ancêtres philosophiques.
Un certain anachronisme conscient et raisonné semble être un élément constitutif de la tentative que nous faisons pour instaurer une sorte de dialogue imaginaire avec nos grands prédécesseurs: nous les traitons comme les partenaires d'une conversation dans laquelle nous considérons que nous devrions pouvoir les persuader que nous avons clarifié certaines de leurs idées, remédié à certaines insuffisances de leurs théories, amélioré certaines de leurs méthodes et peut-être résolu mieux qu'eux certains de leurs problèmes.

Ce cinquième volume des Essais de Jacques Bouveresse est l'hommage d'un philosophe rationaliste d'aujourd'hui à trois grandes figures du rationalisme classique. S'appuyant sur Frege, Gödel et quelques autres modernes, il examine et discute leurs conceptions de la raison et de la vérité, de la logique et des mathématiques, du possible, de la contingence et de la liberté, ou encore des relations entre le corps et l'esprit.
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Arabesques. L'aventure de la langue arabe en Occident

Arabesques. L'aventure de la langue arabe en Occident<br />
Henriette Walter & Bassam Baraké
Ed. Marabout

L'arabe et le français...

Lointaines par leurs origines, ces deux langues se sont croisées et influencées depuis près d'un millénaire.

Connaissez-vous le nom par lequel les Arabes désignent nos chiffres « arabes » ?

Croyez-vous que les Mille et Une Nuits ont vraiment duré 1001 nuits ?

Vous doutiez-vous que les textes des savants grecs n'ont pu nous être transmis que grâce à des traductions arabes des manuscrits originaux ?

Saviez-vous qu'il y a des centaines de mots français en arabe, tout comme il y a des centaines de mots arabes en français ?

Vous trouverez des réponses à ces questions et bien d'autres informations érudites ou distrayantes, mêlées d'anecdotes littéraires et historiques, dans le livre d'Henriette Walter et de Bassam Baraké.

Entre exposés savants et jeux linguistiques, c'est un peu la longue histoire des rencontres de l'Orient et de l'Occident que cet ouvrage retrace en filigrane et par touches successives. Une façon unique de s'instruire en s'amusant.
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La souveraineté

La souveraineté
Bataille Georges
Ed. Nouvelles éditions Lignes

La Souveraineté est l'un des livres les plus importants de Georges Bataille, en même temps que l'un des moins connus. Il devait tenir lieu de tome II de l'ensemble regroupé par lui sous le titre de La Part maudite (le troisième et dernier tome étant L'Érotisme). Abandonné, bien que presque achevé, il n'a jamais fait l'objet d'une publication séparée.

La Souveraineté est aussi l'un de ses projets les plus ambitieux, dans lequel il oppose sa conception de la souveraineté - soit «l'emploi des ressources à des fins improductives» - aux conceptions passées (religieuses) et récentes (le communisme) de la souveraineté.

«Bien entendu la souveraineté [...] ne peut être donnée pour le but de l'histoire. Je représente même le contraire : que si l'histoire a quelque but, la souveraineté ne peut pas l'être.»

«Le monde souverain a sans doute une odeur de mort, mais c'est pour l'homme subordonné ; pour l'homme souverain, c'est le mode de la pratique qui sent mauvais ; s'il ne sent pas la mort, il sent l'angoisse, la foule y sue d'angoisse devant des ombres, la mort y subsiste à l'état rentré, mais elle l'emplit.»